Radio-Chateaubriant, Le Podcast

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Les Podcasts. Correspondances des grands écrivains. Biologie, le monde du vivant. 

All Episodes

Chapitre 1 : Où l’on se demande ce qu’elle devient Que devient-elle ? Qui ? La psychanalyse. Survit-elle aux querelles et aux scissions, aux critiques de Karl Popper et aux livres noirs ? Qu’advient-elle face au scientisme et aux exigences de rendement ? Son « âge d’or » est-il derrière ou devant elle ? D’ailleurs, que devient-elle ? Qui ? La fille dont on […] L’article Chapitre 1 : Où l’on se demande ce qu’elle devient est apparu en premier sur Radio Chateaubriant.

Nov 24

28 min 13 sec

La Médaille d’Anne de Bretagne. Gildas Salaün raconte comment le couple royal, Louis XII et Anne de Bretagne, apparaît sur un plan d’égalité, en décrivant leurs portraits présents sur l’avers et le revers de la médaille. « En 1 499, le couple royal, donc Louis XII et Anne de Bretagne, effectue un voyage officiel à […] L’article La Médaille d’Anne de Bretagne est apparu en premier sur Radio Chateaubriant.

Aug 16

6 min 12 sec

Le Chiffre d’Anne de Bretagne, le nouvel épisode d’Histoires de monnaie. Gildas Salaün, numismate passionné et passionnant, nous raconte le chiffre d’Anne, c’est à dire sa signature graphique, le fameux A couronné. « En 1 513, Anne de Bretagne et Louis XII font frapper de nouvelles monnaies d’or, des écus d’or, à Nantes et à […] L’article Le Chiffre d’Anne de Bretagne est apparu en premier sur Radio Chateaubriant.

Aug 14

5 min 4 sec

La reine des abeilles et les fous bourdons, une fable dans laquelle Guy Grandjean nous raconte l’histoire des abeilles et des bourdons, et l’évolution de notre génome. Attention, ce qui suit est une fable : vous n’avez jamais vu de corbac avec un clacos à travers le bec. La reine des abeilles et les fous […] L’article La reine des abeilles et les fous bourdons est apparu en premier sur Radio Chateaubriant.

Aug 13

7 min 22 sec

La Cadière d’Anne de Bretagne. Le nouvel épisode sur l’histoire de la monnaie au temps des Ducs de Bretagne, savamment conté par Gildas Salaün. « L’histoire monétaire des Ducs de Bretagne se finit sur ce qui est souvent considéré comme étant son chant du cygne, avec la Cadière d’or d’Anne de Bretagne. La Cadière d’or d’Anne […] L’article La Cadière d’Anne de Bretagne est apparu en premier sur Radio Chateaubriant.

Aug 9

6 min 53 sec

La Cordelière d’Anne de Bretagne. Gildas Salaün revient sur les symboles emblématiques de la Duchesse de Bretagne. « La cordelière, c’est un symbole emblématique, pour reprendre le terme précis, qui apparaît en Bretagne à la fin du 15e siècle, et qui est généralement associé à Anne de Bretagne, qui avait fait construire le fameux navire […] L’article La Cordelière d’Anne de Bretagne est apparu en premier sur Radio Chateaubriant.

Aug 3

4 min 5 sec

Les lions de Jean de Montfort. Un podcast de Gildas Salaün, spécialiste des monnaies. « La guerre de Succession de Bretagne a ensanglanté le duché pendant presque 25 ans, entre 1341 et 1364-1365 pour être exact. Il y avait deux opposants pour prendre la succession de Jean III, dernier représentant de la famille de Dreux. […] L’article Les lions de Jean de Montfort est apparu en premier sur Radio Chateaubriant.

Jul 30

5 min 29 sec

Le Duc à la Croisade. Gildas Salaün nous entraine aujourd’hui à l’époque de Jean 1er, Duc de Bretagne. « Avant que nous n’arrivions en 1 316, donc pendant à peu près un siècle, donc ce sont les armoiries de Dreux qui en réalité, symbolisent le duc de Bretagne. Donc le Duc de Bretagne va l’arborer […] L’article Le Duc à la Croisade est apparu en premier sur Radio Chateaubriant.

Jul 24

5 min 55 sec

Quand l’Hermine devint bretonne, c’est ce que nous raconte Gildas Salaün dans l’épisode du podcast consacré aux monnaies en Bretagne. L’apparition des symboles héraldiques sur les monnaies en Bretagne, se fait comme à peu près dans toutes les grandes autres principautés de l’époque, au tout début du 13e siècle. Quand je pense aux autres grandes […] L’article Quand l’Hermine devint bretonne est apparu en premier sur Radio Chateaubriant.

Jul 20

4 min 17 sec

La monnaie au temps d’Anne de Bretagne. Gildas Salaün nous invite à mieux comprendre la signification de la monnaie au temps des Ducs de Bretagne. Au travers d’une première série de podcasts, il nous explique le pouvoir de l’argent comme média. Mais aussi, on y apprend que les pièces étaient des objets de propagande des […] L’article La monnaie au temps d’Anne de Bretagne est apparu en premier sur Radio Chateaubriant.

Jul 19

4 min 36 sec

J’ai la tête comme une passoire, l’interview d’Anne-Marie Gaignard, l’auteure d’Hugo et les rois être et avoir. Elle évoque son enfance, son ratage de l’apprentissage de la lecture et son parcours de vie qui l’a conduite à concevoir une méthode pour venir en aide à celles et ceux en difficulté avec la pratique du français. […] L’article J’ai la tête comme une passoire est apparu en premier sur Radio Chateaubriant.

May 10

43 min 6 sec

Les fruits et les couleurs on n’y touche pas, le nouvel épisode du podcast les Astuces d’Anne-Marie Gaignard. On ne sait pas, on a su, mais on ne sait plus. Anne-Marie  est là pour vous aider à vous y retrouver. Chaque semaine, une astuce pour prendre votre revanche sur l’orthographe vous est proposée. Dans votre […] L’article Les fruits et les couleurs on n’y touche pas est apparu en premier sur Radio Chateaubriant.

May 5

2 min 24 sec

Du cadavre au bistouri, du bistouri au doigt. Un podcast de l’émission Rouges-Jardins dans lequel Guy Grandjean nous raconte l’histoire de deux scientifiques hongrois, Ignace Semmelweis et Katalin Karikó. De la découverte de la notion d’infection à l’élaboration des vaccins, ils ont en commun la recherche des moyens de lutte contre les bactéries et les […] L’article Du cadavre au bistouri, du bistouri au doigt est apparu en premier sur Radio-Chateaubriant.

Apr 29

5 min 53 sec

Cultures locales, oui mais lesquelles ? Celle en lutte ? Celle du bout du monde ? Ou celle des producteurs locaux pour favoriser la consommation en circuit court ? Et oui, la culture, les cultures…on ne peut pas s’en passer. Faut juste qu’elles soient de qualité. Bonjour à vous cher.e.s auditrices et auditeurs, je me demande comment vous allez… […] L’article Cultures locales est apparu en premier sur Radio-Chateaubriant.

Apr 12

4 min 7 sec

Aimé Césaire à Léopold Sédar Senghor, deux amis, deux frères. Comme arme, ils employèrent le courant littéraire qu’ils nommèrent simplement la Négitude. Un courant littéraire, certes, et politique, bien sûr. Cela se passait à l’entre-deux-guerres. Le but en était simple : défendre les valeurs culturelles des peuples noirs. Aujourd’hui, Barbara G Derivière, dans Correspondances, nous […] L’article Aimé Césaire à Léopold Sédar Senghor est apparu en premier sur Radio-Chateaubriant.

Apr 11

8 min 24 sec

Mémoires de Louise Michel, un texte où la révolutionnaire française raconte ses souvenirs et nous parle d’elle. Louise Michel reste l’une des grandes figures du mouvement ouvrier. Militante infatigable, elle participa activement à la Commune de Paris et se fit le porte-drapeau de l’anarchisme.   MÉMOIRES DE LOUISE MICHEL PREMIÈRE PARTIE I Souvent on m’a […] L’article Mémoires de Louise Michel est apparu en premier sur Radio-Chateaubriant.

Apr 9

17 min 18 sec

Farniente et confinement : et si on ne faisait rien pendant ce confinement du 3ème type ? Mais rien ! Rien du tout…juste histoire de se reposer un peu, de lâcher prise sur l’hystérie du moment, et de se relaxer. Bonjour à vous cher.e.s auditrices et auditeurs…du mardi du coup. À ce propos, je suis […] L’article Farniente et confinement est apparu en premier sur Radio-Chateaubriant.

Apr 6

3 min 26 sec

Colette à sa fille, une correspondance où l’auteure de Chéri n’apparaît ni comme la femme sulfureuse, ni comme l’écrivaine célèbre. Mais seulement comme une mère, donnant un simple conseil à sa fille unique, Colette de Jouvenel : celui de ne pas fumer. J’y découvre une Colette pleine de sagesse, décrivant les affres de l’addiction et […] L’article Colette à sa fille est apparu en premier sur Radio-Chateaubriant.

Apr 4

6 min 30 sec

Mettons les pendules à l’heure ! C’est vrai quoi ! Bientôt cinquante ans que le changement d’heure a été instauré pour favoriser les économies d’énergie. En 2021, ce devait être le dernier changement d’heure en Europe. Mais ce ne sera finalement pas pour cette année. Le Brexit et la crise du Covid-19 ont fait évoluer […] L’article Mettons les pendules à l’heure ! est apparu en premier sur Radio-Chateaubriant.

Apr 3

3 min 47 sec

John Lennon à Paul et Linda McCartney, une correspondance qui témoigne du conflit qui opposa les leaders des Beatles à la fin des années 60. Après un succès planétaire de moins de dix ans, les quatre garçons dans le vent se séparent, poursuivant chacun leur carrière en solo. John Lennon est assassiné en 1980, laissant […] L’article John Lennon à Paul et Linda McCartney est apparu en premier sur Radio-Chateaubriant.

Mar 21

10 min 17 sec

Sophie Chaussi est agricultrice et éleveuse de porcs bio, ancienne citadine séduite par les paysages de l’Orne. Cette semaine, Xavier de Mazenod, initiateur de Zevillage, le webmagazine des nouvelles formes de travail nous emmène  à la découverte de Sophie Chaussi. Un épisode de C’est Quoi ce Travail, le Podcast de Zevillage. https://radio-chateaubriant.com/wp-content/uploads/2021/03/Podcast-8-Sophie-Chaussi-agricultrice-bio-et-creatrice-d.mp3 Après avoir grandi en ville, à Argenteuil ” la deuxième plus grande ville du Val d’Oise” Sophie Chaussi est venue construire sa vie à la campagne. Partant des bâtiments d’une résidence secondaire de ses parents, elle a trouvé là le lieu pour entreprendre. Elle a mûrement préparé son projet. ” C’est le résultat d’un long processus ” Entrepreneuse infatigable, elle siège également au Conseil économique et social de Normandie, gère un gîte. Elle s’implique dans l’amélioration de la filière d’élevage bio et vient de créer une école Montessori rurale. Un fil conducteur derrière ses activités : elle croit au métier passion et au collectif. A défaut de devenir vétérinaire, ce sera Lycée de Sées et un BTS Agricole. Puis, elle sera animatrice nature pendant une dizaine d’années, il y a sept ans, elle s’installe comme éleveuse de porcs bio. Le porc, l’animal est attachant ” Je suis tombée amoureuse des paysages de l’Orne, le Bocage m’a fascinée” Sophie Chaussi est agricultrice et éleveuse de porcs bio. Sur l’élevage intensif de porcs, Sophie Chaussi est claire : “Je dirais malheureusement plus de 95 % des porcs, de la viande de cochon que vous mangez qui est produite comme cela. C’est assez dramatique quand on connaît l’animal qui a vraiment besoin de retourner le sol, de s’occuper, etc. Alors il y a beaucoup de progrès qui sont demandés, qui sont programmés. Mais le temps que le système évolue, que les producteurs aient le temps et la possibilité de faire les investissements. C’est très, très lent. C’est beaucoup trop lent. Ce n’est pas concevable, en fait, d’élever autant de cochons qu’on produit actuellement avec la méthode que moi j’utilise, par exemple. Cette révolution du bien-être animal elle passera aussi par une révolution de la façon dont on mange, de ce qu’on consomme. On ne pourra pas continuer à produire autant de viande de porc si on veut une production propre et correcte pour l’animal. C’est important de le dire. Ce respect de l’animal n’arrivera que si on arrive à raisonner vraiment notre notre façon de consommer.” Dans la seconde partie du podcast, Sophie Chaussi nous parle aussi de sa récente passion. A l’automne 2020, en pleine crise sanitaire, en compagnie d’amies, elle monte une école Montessori.   On ne va pas tout vous dire et on vous laisse écouter.   L’article Sophie Chaussi est agricultrice et éleveuse de porcs bio est apparu en premier sur Radio-Chateaubriant.

Mar 17

27 min 28 sec

Il est venu le temps des cathédrales, en l’occurrence, celui de Notre Dame de Paris, à rebâtir suite à l’incendie qui ravagea sa toiture et la flèche de Viollet-le-Duc, en avril 2019. Mille arbres ont été abattus pour reconstruire la charpente, à l’identique, et espérons-le, dans la tradition séculaire des bâtisseurs du Moyen-âge. https://radio-chateaubriant.com/wp-content/uploads/2021/03/Il-est-venu-le-temps-des-cathedrales_Cest-pas-le-sujet_2.mp3 Bonsoir à vous cher.e.s auditrices et auditeurs du lundi. Comment allez-vous ? Est-ce que vous vous êtes promené en forêt ce weed end ? Si oui, vous avez peut-être remarqué des signes cabalistiques tracés à la bombe sur un arbre ! Si c’est le cas, j’espère que vous vous êtes recueillis près de son tronc, voire que vous lui avez fait un gros câlin. Car vous étiez peut-être devant l’un des 1000 chênes sélectionnés, sacrifiés sur l’autel de la reconstruction de Notre Dame de Paris. Bon OK je dramatise. Rassurez-vous, 1000 arbres, c’est presque rien. Rien que depuis le début de ce podcast, 2400 arbres ont déjà été abattus dans le monde entier. En plus la France se reboise plus vite que les autres pays européens, et la plupart des arbres choisis vont permettre de valoriser la filière forestière française qui connaît aujourd’hui des difficultés en raison de la sous-exploitation des futaies. Et puis, 1000 chênes, qu’est-ce que c’est ? Et bien figurez-vous que c’est 2 fois moins d’arbres que ceux qui ont servi à reconstruire à l’identique, la fameuse Hermione, le bateau de ce bon vieux Lafayette. 2000 arbres pour se prouver qu’on savait faire aussi bien que les charpentiers du 18° siècle. Donc vous voyez, on n’est pas à une excentricité près. Mais bon, c’est pas le sujet. Franchement, ils auraient pu épargner les arbres Alors je vous entends d’ici me dire…franchement, ils auraient pu épargner les arbres, et reconstruire la charpente de la cathédrale en béton ou en acier. C’est vrai, je me suis posée la question moi aussi. Mais non, c’est pas possible, car voyez-vous, Notre Dame est un monument classé, et sa restauration impose le respect de l’article 9 de la Charte de Venise. C’est-à-dire, qu’une partie détruite doit être restituée fidèlement dans le respect de la substance ancienne tant que celle-ci est documentée par des relevés précis. Et c’est le cas. Des relevés précis, on en a plein. Donc du bois pour la charpente, pas d’autre choix. Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi certains arbres choisis font plus d’un mètre de diamètre, alors qu’au moyen âge, les arbres employés pour les charpentes avaient une section plutôt de 25 ou 30cm. Ce que je comprends encore moins, c’est la joie béate de certains donateurs privés qui ont offert un de leurs chênes centenaires ! Alors oui c’est vrai, c’est un sujet qui me traumatise. Quand j’étais petite, mon jardin, en plein centre-ville était ombragé par un tilleul tricentenaire absolument magnifique. Le propriétaire nous a lâchement foutu à la rue pour revendre la maison à la mairie de ma commune. Ils y ont installé un accueil psychologique de jour, et n’ont rien trouvé de mieux à faire que de couper tous les arbres pour faire un petit parking privé ! Adieu mon beau tilleul…La colère et la tristesse ne m’ont jamais quitté ! Depuis, c’est moi qui ai besoin d’un soutien psychologique. Mais bon, c’est pas l’sujet ! Entretenir le patrimoine c’est important Entretenir le patrimoine c’est important, je vous le concède. Mais qui finance ? L’État est propriétaire de Notre Dame et c’est à lui de piloter le financement des travaux. Il n’en a pas franchement les moyens. Alors, prosternons-nous devant les généreux donataires, Arnaul...

Mar 15

4 min 37 sec

Missak Manouchian à Mélinée, est la lecture de la lettre d’adieux, à son épouse, de l’un des responsables des FTP-MOI, nommés à tort le groupe Manouchian par la propagande nazie. Il est fusillé le 21 février 1944, avec vingt-deux de ses camarades résistants. Il signe cette lettre de son prénom francisé, Michel Manouchian. La vingt-quatrième condamnée, Olga Bancic, ne sera pas fusillée, mais guillotinée à la prison de Stuttgart. https://radio-chateaubriant.com/wp-content/uploads/2021/03/Missak-Manouchian-a-Melinee_4.mp3 En 1925, le Parti Communiste Français (PCF) crée une section qui regroupe les militants étrangers sur le sol français. Le but est de fédérer tous les militants communistes d’origine italienne, polonaise, arménienne, roumaine, soviétique…On les nomme les MOI (Main d’Œuvre Immigrée). Au début de la seconde guerre, le PCF hésite à s’opposer aux allemands, du fait de la signature du pacte germano-soviétique. Mais en juin 1941, lorsque l’Allemagne entre en guerre contre l’Union Soviétique, le PCF crée la section des FTP (les Francs-Tireurs et Partisans) et commence les actions contre l’armée allemande.Les deux sections se coordonnent pour créer les FTP-MOI (les Francs-Tireurs et Partisans de la Main d’Œuvre Immigrée). Boris Holban prend la direction de la section « militaire » du groupe, et Cristina Boïko, celle du service de renseignements. « Un qui tue, un qui achève, un dernier qui surveille » Les groupes d’intervention multiplient les actions et actes terroristes, dès le printemps 1942. Ils sont organisés en triangle : « un qui tue, un qui achève, un dernier qui surveille », comme le décrit Boris Holban dans ses mémoires. Ils sont financés et protégés par le PCF (une solde, des faux papiers, des cartes d’alimentation et des planques clandestines). En tout, on recense 229 attaques des FTP-MOI en plein Paris en 1942 et 1943, dont certaines, spectaculaires. Ils sont regroupés en quatre détachements. Au printemps 43, c’est le 2ème détachement, celui que constituent les jeunes militants juifs, le plus actif, qui est démantelé par la police française. Devant la chute du 2ème détachement, la direction nationale du PCF demande aux FTP-MOI une intensification des frappes. Holban s’y oppose, demandant à ce que les autres militants encore actifs soient mis à l’abri pour échapper aux filatures. Il est alors destitué de ses fonctions, et remplacé par Missak Manouchian en juillet 1943. « La chance sourit aux audacieux » En septembre 1943, Cristina Boïko marche dans les rues de Paris. Elle remarque une voiture officielle dont descend un gradé allemand. Un triangle des FTP-MOI, mené par Marcel Rejman, est constitué pour prendre le véhicule en filature et abattre son occupant. Le 28 septembre 1943, ils assassinent, rue Pétrarque, sans le savoir, Julius Ritter, colonel SS du III° Reich, responsable du STO (Service du Travail Obligatoire). La chute des FTP-MOI Les représailles allemandes sont lourdes de conséquence.  Cinquante otages du camp de prisonniers du fort de Romainville sont sélectionnés (dont quatorze membres du réseau Alliance) et exécutés le 2 octobre 1943 au Mont Valérien, à la demande d’Himmler. Les Brigades Spéciales des renseignements généraux de la Préfecture, intensifient les filatures (commencées en juillet 43). En octobre 1943 ils arrêtent Joseph Davidovitch, l’un des dirigeants des FTP. Il aurait révélé un certain nombre d’informations qui, recoupées avec les résultats des enquêtes, auraient permis le démantèlement d’une partie de l’organisation, et notamment du groupe Manouchian.Ces soupçons, ainsi que les conditions assez suspectes de sa soi-disant « évasion », conduisent les militants, dont Boris Holban...

Mar 14

8 min 42 sec

Jacques Montembault joue du piano assis, et c’est bien ainsi. Tour à tour chanteur, acteur, accompagnateur, il vit et pense musique. Il nous parle de son travail à La Chaise Rouge et la Compagnie Cosnet depuis une trentaine d’années. Il nous dit aussi son émotion de voir trois de ses cinq enfants arriver en haut de l’affiche. Alex, Alice et Sarah participent à The Voice et passent haut la main l’épreuve. Florent Pagny les prend sous son aile. https://radio-chateaubriant.com/wp-content/uploads/2021/03/Interview-Jacques-Montembault4.mp3 Jacques Montembault, bonjour, comment ça se passe pour un musicien ? C’est très dur, depuis mars l’année dernière. On a quand même pu jouer un peu les 10 derniers, parce que y’a eu une petite période de réouverture, donc juillet août on a un tout petit peu joué et puis depuis c’est terminé, tous les projets sont à l’arrêt, on attend. À l’origine tu es pianiste ? C’est ça oui, j’ai fait une formation de piano au conservatoire d’Angers. Puis à Paris, à l’école normale et j’ai été presque 20 ans prof de piano, à Angers et puis dans la région ici. Suite à la rencontre avec Patrick Cosnet dans les années 90, un petit peu au début du démarrage de la Chaise Rouge, enfin qui s’appelait à l’époque l’Herberie. Bah ! j’ai commencé une deuxième carrière en fait, de comédien et toujours musicien parce que je suis toujours pianiste. Il jouait du piano debout ? Oui. Alors justement tout le monde ne connaît pas la Chaise Rouge, tu peux en parler un peu ? Alors la Chaise Rouge c’est un lieu particulier en fait, où se croisent des gens d’univers différents puisqu’il y a un agriculteur, une éleveuse, un restaurant. Il y a une compagnie théâtre et un centre équestre. Et ça se situe dans le Maine-et-Loire ? Alors, à Ombrée d’Anjou en Pouancé et on est sur une trentaine d’hectares et puis tout ce petit monde travaille. Alors c’est vrai qu’en ce moment la situation est un petit peu compliquée à la fois pour le centre hippique pour le restaurant bien entendu. Puisque tout est fermé depuis un bon moment et puis c’est compliqué aussi pour la compagnie de théâtre Alors il y avait d’une part la Chaise Rouge et puis d’autre part tu tournais avec Patrick Cosnet sur Ferme en scène. Alors en fait avec la compagnie de théâtre, on a pas mal d’activité. Parce que d’une part on anime le lieu, le site de la Chaise Rouge. Puisqu’on y joue, nous, une 40 fois par an, mais il y a une 60,  70 événements par an à peu près. Mais on joue bien sûr à l’extérieur, là et partout où on nous demande en France et on a un festival d’été qui s’appelle Ferme en scène. Donc on part avec une remorque agricole de mai à septembre, à peu près, et on va de ferme en ferme dans les hangars où on présente des spectacles de la compagnie très très très régulièrement. On fait des spectacles qui traitent du monde agricole parce qu’il y en a plusieurs sur ce sujet là dans dans la compagnie. Mais ça peut être tout autre chose, ça peut être des chansons, ça peut être… On peut rappeler ce qu’a fait Patrick Cosnet, c’est de l’acidulé… Ouais, y a plusieurs choses, c’est pas que drôle en fait. Il y a toujours une réflexion sur ce qu’on fait ici enfin c’est le propre du théâtre de se dire :”pourquoi on est là et qu’est-ce qu’on a à faire ?”. Alors lui, comme il est issu du monde agricole, y’a forcément des sujets qui le touchent plus, sur l’avenir du monde agricole , qui est quand même très compliqué depuis 20, 30 ans, mais ça peut aller au delà de ça. Y’a des réflexions qui vont euh…donc c’est des spectacles drôles mais qui ont une dimension, une réflexion aussi sur le monde et puis ça peut être aussi touchant. La casquette du dimanche, qui est un spectacle est très connu qui a 30 ans...

Mar 13

33 min 7 sec

La drague sur les réseaux sociaux, illusion ou réalité ? Après la période, aujourd’hui rétro, de la bonne vieille drague dans un lieu public, après le succès des sites de rencontres, je vous présente l’amour virtuel et gratos via les réseaux sociaux. Et oui, ça semble être aussi la crise pour les gens en mal d’amour. https://radio-chateaubriant.com/wp-content/uploads/2021/03/Cest-pas-le-sujet_la-drague-sur-les-reseaux-sociaux3.mp3 Bonjour à vous chères auditrices et auditeurs du lundi. Comment allez-vous ? Moi ça va, mais j’ai un p’tit coup de gueule à pousser ! Il est d’autant plus fort, qu’en ce 8 mars, journée internationale des droits des femmes, certaines (et j’espère certains) d’entre vous vont partager mon avis, j’en suis sûre. J’en veux pour preuve, les nombreux posts de désespoir et de ras-le-bol qui déferlent sur nos fils Facebook. Parce qu’il semblerait que les réseaux sociaux soient les nouveaux sites de rencontres. Je veux bien croire que la crise sanitaire ait bouleversé en profondeur notre relation à l’autre. 40% des internautes français déclarent avoir créé un compte sur un réseau social pendant le confinement. Alors c’est vrai : on ne peut plus se toucher, on ne peut plus se faire des câlins, ni d’accolades ni même serrer des mains. On manque de contacts, de chaleur humaine, de spontanéité…tout ça c’est certain. Mais que s’est-il passé concernant les modes de drague ? Ok, la fermeture des bistrots et des boites de nuit a mis un sérieux coup d’arrêt à cette possibilité. Et les sites de rencontres on connait aussi, de Meetic à Adopte un mec, en pensant par Tinder et tous les autres…Je peux vous en parler, j’ai testé pour vous. J’ai même écrit 300 pages sur le sujet. Donc OK ça je connais. On s’inscrit, on crée un profil, on fixe des critères, et zou…on se parle…on clic et…ben…quoi…vous connaissez la formule ? Meetic, tu cliques, tu biiiiiiiiip. Oui sauf que là, avec la crise sanitaire, biiiiiiiip…ça devient plus compliqué ! Mais bon, c’est pas le sujet ! Depuis quelques temps, j’ai plein de nouveaux amis sur Facebook. C’est trop chouette ! Plein de copains et de copines. On se like, on se félicite, on partage, on échange. Et puis d’un coup, du nouveau dans Messenger : « Bonjour, merci de m’accepter parmi vos amis, c’est toujours agréable de discuter avec une jolie femme ! ». Rhooo non…t’es sérieux là ? Pourquoi si j’avais été moche ce serait moins agréable ? Ma réponse a été immédiate : « Ah ! vous vous fiez à ma photo de profil ! Mais ça c’est pas moi, c’est ma cousine. En vrai je m’appelle Robert ! ». Bizarrement, il ne m’a plus jamais parlé ! Les gens en mal d’amour, mais surtout en manque de sexe ! Donc là y’a un truc que je ne comprends pas. Vous vous dites quoi les gars ? Que ça sert plus à rien de payer un abonnement sur un site de rencontres ? Parce que Messenger c’est gratos ? Pourtant, depuis la fermeture des bars, des restos, des salles de sport et des cinémas, tout le pognon que vous économisez, vous pourriez l’investir dans la recherche de l’amour. Ou dans les sites de sexe tarifé ! Parce qu’on a ça aussi hein ! Les gens en mal d’amour, mais surtout en mal de sexe ! À moins que vous ayez perdu votre boulot à cause de la covid ! Là d’accord, un abonnement sur un site de rencontres, c’est du luxe, et surtout du gâchis. Mais du coup, vous devriez employer votre énergie à autre chose qu’à venir me signaler que « franchement, vous êtes trop charmante ! ».  Le dernier en date que j’ai dû bloquer d’ailleurs, a essayé de me faire rêver : « Bonjour, vous êtes charmante, je suis agent immobilier sur la Côte d’Azur et vous ? » ! Super ! N’e...

Mar 8

4 min 30 sec

Robert Walser à Therese Breitbach, l’une des 266 lettres, réunies dans le recueil Lettres de 1897 à 1949. L’écrivain s’y révèle dans toute sa puissance poétique, usant continuellement de cette ironie qui caractérise son écriture, sans jamais se départir d’une sensibilité romantique qui fait de lui, au début du vingtième siècle, un poète intrus, mal à l’aise dans son époque. https://radio-chateaubriant.com/wp-content/uploads/2021/03/Robert-Walser-a-Therese-Breitbach_3.mp3 Robert Walser est un écrivain et poète suisse de langue allemande. Il nait le 15 avril 1878 à Bienne, dans le canton de Berne. À dix-sept ans, il quitte le domicile familial pour faire un apprentissage de commis à la Banque cantonale bernoise. Il séjourne et travaille alors à Bâle, puis à Stuttgart. Passionné par le métier d’acteur, il s’essaie sans succès au théâtre. De 1896 à 1905, il mène une vie nomade. Il vit principalement à Zurich, prenant des emplois alimentaires qu’il quitte dès qu’il a suffisamment d’argent pour se consacrer à la création poétique. Walser exercera de nombreux métiers (secrétaire, employé de banque, homme à tout faire), qui lui inspireront certains de ses plus grands textes. Robert Walser Ses années berlinoises Ses premiers poèmes paraissent dans le supplément dominical du journal Der Bund en 1898. Son premier recueil, Poètes, édité en 1905, bien qu’accueilli favorablement par la critique, est un échec commercial. Il s’installe alors à Berlin chez son frère Karl, artiste peintre et décorateur de théâtre. Jusqu’en 1913, il publie ses poèmes dans de nombreuses revues et se fait un nom dans le milieu littéraire. Kafka est subjugué par l’œuvre de Walser. Ses romans et recueils de poésie sont édités, mais dès 1910 ses publications se font rares. “Je ne souhaiterais à personne d’être moi, Moi seul suis capable de me supporter. Savoir tant de choses, avoir vu tant de choses, et Ne rien dire sur rien.” Un besoin de calme et de sérénité pour écrire Walser fuit Berlin pour revenir vivre en Suisse en 1913. Il l’explique par son besoin de calme et de sérénité pour écrire. En réalité, il semble avoir traversé une période de dépression. Au moment où il écrit Vie de poète, Walser a renoncé à la carrière de romancier dans laquelle il s’était d’abord engagé, pour se consacrer à l’écriture de textes plus courts, à travers lesquels les objets les plus infimes et des êtres sans grande destinée paraissent transfigurés par la lumière la plus quotidienne. À la fin de la première guerre mondiale, après trois romans et d’autres écrits divers, il semble qu’il s’achemine déjà vers une forme d’effacement. En 1929, suite à une grave crise psychique, il est interné dans un asile où il passera le reste de sa vie et cessera d’écrire. Il vivra de 1933 à sa mort, en 1956. Robert Walser Parmi ses œuvres, il faut retenir Les enfants Tanner, L’enfant du bonheur et autres proses pour Berlin, Petite prose, Poèmes, Le commis, L’Institut Benjamenta, Vie de poète. Et La Rose, un recueil de nouvelles, paru en 1925, qui est le dernier livre de Robert Walser, trente ans avant sa mort. Après cette édition, l’écriture de Walser sera tout autre. La dernière période d’écriture de Robert Walser Entre 1924 et 1933, Robert Walser connait ses « années bernoises », sa dernière période d’écriture, la plus féconde. Sur des supports variés – cartes de visite, enveloppes, lettres, la calligraphie minuscule, impeccablement alignée, forme des blocs de textes réguliers qui imitent les colonnes des journaux. D’ailleurs, c’est surtout dans la presse que Walser publie à cette époque. Poèmes, courtes proses ou scènes dialoguées, il puise dans ses microgrammes ceux qu’il juge...

Mar 7

8 min 12 sec

L’Amant de Marguerite Duras, le récit de son enfance et de son adolescence en Indochine française, ce roman aux traits autobiographiques est l’essai d’une analyse de soi-même. Le récit est marqué par deux événements majeurs : la traversée du Mékong pour aller à Saïgon où se trouve l’école de la jeune fille ainsi que son séjour là-bas. Pendant son séjour en Indochine, elle tombe amoureuse d’un riche Chinois et vit son premier amour. Une lecture captivante de Kristine Maerel. https://radio-chateaubriant.com/wp-content/uploads/2021/03/Kristine-Duras_lamant.mp3   L’Amant Marguerite Duras Extraits L’histoire de ma vie n’existe pas. Ça n’existe pas. Il n’y a jamais de centre. Pas de chemin, pas de ligne. Il y a de vastes endroits où l’on fait croire qu’il y avait quelqu’un, ce n’est pas vrai il n’y avait personne. L’histoire d’une toute petite partie de ma jeunesse je l’ai plus ou moins écrite déjà, enfin je veux dire, de quoi l’apercevoir, je parle de celle-ci justement, de celle de la traversée du fleuve. Ce que je fais ici est différent, et pareil. Avant, j’ai parlé des périodes claires, de celles qui étaient éclairées. Ici je parle des périodes cachées de cette même jeunesse, de certains enfouissements que j’aurais opérés sur certains faits, sur certains sentiments, sur certains événements. J’ai commencé à écrire dans un milieu qui me portait très fort à la pudeur. Écrire pour eux était encore moral. Écrire, maintenant, il semblerait que ce ne soit plus rien bien souvent. Quelquefois je sais cela que du moment que ce n’est pas, toutes choses confondues, aller à la vanité et au vent, écrire ce n’est rien. Que du moment que ce n’est pas, chaque fois, toutes choses confondues en une seule par essence inqualifiable, écrire ce n’est rien que publicité. Mais le plus souvent je n’ai pas d’avis, je vois que tous les champs sont ouverts, qu’il n’y aurait plus de murs, que l’écrit ne saurait plus où se mettre pour se cacher, se faire, se lire, que son inconvenance fondamentale ne serait plus respectée, mais je n’y pense pas plus avant […]. C’est au cours de ce voyage que l’image se serait détachée, qu’elle aurait été enlevée à la somme. Elle aurait pu exister, une photographie aurait pu être prise, comme une autre, ailleurs, dans d’autres circonstances. Mais elle ne l’a pas été. L’objet était trop mince pour la provoquer. Qui aurait pu penser à ça ? Elle n’aurait pu être prise que si on avait pu préjuger de l’importance de cet événement dans ma vie, cette traversée du fleuve. Or, tandis que celle– ci s’opérait, on ignorait encore jusqu’à son existence. Dieu seul la connaissait. C’est pourquoi, cette image, et il ne pouvait pas en être autrement, elle n’existe pas. Elle a été omise. Elle a été oubliée. Elle n’a pas été détachée, enlevée à la somme. C’est à ce manque d’avoir été faite qu’elle doit sa vertu, celle de représenter un absolu, d’en être justement l’auteur. C’est donc pendant la traversée d’un bras du Mékong sur le bac qui est entre Vinhlong et Sadec dans la grande plaine de boue et de riz du sud de la Cochinchine, celle des Oiseaux. Je descends du car. Je vais au bastingage. Je regarde le fleuve Ma mère me dit quelquefois que jamais, de ma vie entière, je ne reverrai des fleuves aussi beaux que ceux-là, aussi grands, aussi sauvages, le Mékong et ses bras qui descendent vers les océans, ces territoires d’eau qui vont aller disparaître dans les cavités des océans. Dans la platitude à perte de vue, ces fleuves, ils vont vite, ils versent comme si la terre penchait. Je descends toujours du car quand on arrive sur le bac, la nuit aussi, parce que toujours j’ai peur, j’ai peur que les câbles cèdent, que nous soyons emportés vers la mer. Dans le courant terrible je regarde le dernier moment de ma vie. Le courant est si fort, il emporterait tout, aussi bien des pierres, une cathé...

Mar 5

16 min 13 sec

L’heure du couvre-feu, cet impératif de rentrer chez soi…On le subit, on le tolère, on le comprend ou pas, il est efficace ou non, je ne sais pas. Mais une chose est sûre, il commence à taper sérieusement sur les nerfs. Les conséquences psychiques risquent d’être terribles. Le remède, plus dangereux que le mal ? https://radio-chateaubriant.com/wp-content/uploads/2021/03/Cest-pas-le-sujet_lheure-du-couvre-feu_4.mp3 Allez hop hop hop ! Il est 18h ! Et normalement, vous êtes déjà chez vous. Sauf si vous avez coché l’une des cases de la fameuse attestation. Entre le travail, les animaux de compagnie, les parents vulnérables, les rendez-vous médicaux, les convocations judiciaires et les missions d’intérêt général, c’est à se demander qui est à la maison à 18h ! Moi-même à l’heure où je vous parle, je n’y suis pas non plus ! C’est vous dire ! Alors à quoi ça sert, un couvre-feu ? Ça sert à freiner la propagation du virus. C’est bien connu, il circule surtout à partir de 18h.  Bon ok c’est de l’humour ! Oui, je le respecte le couvre-feu, je le respecte. Mais n’allez pas croire que je suis convaincue de son utilité. C’est juste que mon découvert ne me permet pas de prendre le risque d’une amende pour non-respect du couvre-feu ou non port du masque. Comme quoi ! La répression et l’autorité ont encore de belles années devant elles !  Surtout si vous êtes producteur de rap ! Mais c’est pas le sujet ! Au moyen-âge, pour prévenir les risques d’incendie, la cloche retentissait à la tombée de la nuit afin d’alerter les villageois qu’il était l’heure d’éteindre le feu. On couvrait le feu, avec une cloche en terre cuite du même nom ! Donc aujourd’hui, l’incendie s’appelle coronavirus. En effet, si vous lui avez échappé dans les transports en commun, au boulot, à la baraque à frites à midi, ou ailleurs, il vous reste une dernière chance de l’attraper entre 17h38 et 17h57, quand vous faites la queue au Balto pour acheter vos clopes ou à la boulangerie. Une dose de stress au passage Vous vous prendrez une dose de stress au passage et un épuisement moral qui vous fera probablement passer une mauvaise soirée. Les études en cours sont formelles, les ravages sur notre état psychique vont se payer longtemps. Le remède serait-il pire que le mal ? Ma mère a connu la fin de la 2nde Guerre Mondiale. Quand je lui ai demandé si l’expression couvre-feu lui rappelait de mauvais souvenirs, elle m’a répondu « faut pas exagérer, ça n’a rien à voir ! Là le seul risque de bombardement, ce sont les flashs infos de BFMTV ! ». Pas faux ! Bon, elle a surtout ajouté que bloquée à la maison dans son fauteuil roulant, le couvre-feu, elle s’en fichait comme de l’an 40 ! Le remède est pire que le mal Soit dit en passant, elle a été victime d’un AVC provoqué par les traitements expérimentaux censés la guérir d’une maladie auto-immune. Comme quoi, y’a pas que dans la crise sanitaire que le remède est pire que le mal ! Mais bon, c’est pas le sujet ! Honnêtement, je ne suis pas convaincue du tout de l’utilité du couvre-feu, ni de l’ensemble des mesures prises par notre gouvernement. Rien n’a changé dans les transports, ni dans les supers marchés le samedi après-midi. Par contre ça a mis les artistes et les restaurateurs à genoux, et le personnel soignant sur les rotules ! Ça n’a pas changé grand-chose non plus au boulot ! Sauf pour l’histoire du télétravail bien sûr. Mais là croyez-moi, on est pas tous égaux. Enfin, certains sont plus égaux que d’autres, comme dirait Georges Orwell. D’ailleurs ça tombe bien, on est pas loin de rejouer 1984 (“Big Brother is watching you“). Ah si ! Ça a changé un truc au travail : on ne peut plus serrer des mains, alors...

Mar 1

4 min 5 sec

Lettres à un jeune poète est un recueil de correspondances qui raconte cet art rare et délicat de la transmission. Communiquer son savoir, sa technicité, mais surtout partager son âme de poète et son cœur d’écrivain. Rainer Maria Rilke a écrit ces dix lettres à Franz Kappus, un jeune auteur qui en a appris autant sur l’art d’écrire que celui d’être. Philippe Jaccottet, poète et écrivain, décédé le 24 février 2021, a traduit et fait connaître en France, une part considérable de l’œuvre de Rainer Maria Rilke. https://radio-chateaubriant.com/wp-content/uploads/2021/02/Lettres-a-un-jeune-poete.mp3 Rainer Maria Rilke est un écrivain autrichien (né le 4 décembre 1875 et mort le 30 décembre 1926 en Suisse). Au terme d’une vie de voyages entrecoupés de longs séjours à Paris, il s’installe en 1921 en Ardèche, pour soigner la leucémie qui l’emporte en quatre années. Poète lyrique, voire mystique, ayant beaucoup versifié en français à la fin de sa vie, il a également écrit un roman, des nouvelles, des pièces de théâtre et un essai titré Sur Rodin, consacré à la vie du sculpteur. Il reste le traducteur de pièces importantes des poésies françaises et italiennes. Rainer Maria Rilke et Auguste Rodin – Paris – 1900 Sa vie parisienne lui génère un sentiment d’angoisse Entre août 1902 et juin 1903, Rilke séjourne pour la première fois à Paris et y rédige une monographie de Rodin. Il témoigne d’une grande admiration pour la méthode de travail du sculpteur, dont il deviendra le secrétaire quelques années plus tard. « S’il me fallait dire de qui j’appris quelque chose sur la nature créatrice, ses sources, ses lois éternelles, deux noms seulement me viendraient ; celui de Jacobsen, le grand, grand poète, et celui d’Auguste Rodin, ce sculpteur qui n’a pas son égal parmi tous les artistes d’aujourd’hui ». Mais sa vie parisienne lui génère un sentiment d’angoisse et d’oppression. Il traduit ces impressions dans Les Cahiers de Malte Laurids Brigge. Ce roman est une œuvre considérée, aussi bien en raison de sa forme que de ses thèmes, comme le premier roman moderne de langue allemande. Rilke restitue les méandres de l’âme Il abandonne peu à peu la prose pour se consacrer à la poésie, plus apte selon lui à restituer les « méandres de l’âme ». En 1910, il fait la rencontre de la princesse Marie von Thurn und Taxis, qui l’héberge fréquemment et qui devient son mécène jusqu’en 1920. Rainer Maria Rilke C’est dans le château de la princesse, près de Trieste, que Rilke commence la rédaction de ses désormais célèbres Élégies de Duino, considérées comme l’un de ses plus grands chefs-d’œuvre. L’écriture de ce recueil de dix élégies, empreintes d’une mélancolie lumineuse, passant du sentiment du terrible à l’apaisement le plus radieux, s’étend sur plus de 10 ans. Lettres à un jeune poète Lettres à un jeune poète est la correspondance de Rilke, parue pour la première fois en 1929 chez Insel à Leipzig. Ces dix lettres sont adressées par le poète, entre 1903 et 1908, à un jeune homme qu’il ne connaît pas, Franz Kappus, cadet à l’école militaire de l’Empire austro-hongrois qui l’a sollicité, car tiraillé entre la carrière militaire ou les risques de la poésie. Sa réédition de 1987 dans la collection des « Cahiers rouges » de Grasset souligne la portée de ce « véritable guide spirituel », de ce « manuel de la vie créatrice de portée universelle ». La réédition de 2020 par Erich Unglaub, permet de mettre en regard les 13 lettres que Franz Kappus a adressées au poète. Conseils d’un aîné « Je n’avais pas encore vingt ans et j’étais sur le point d’embrasser un métier que je ressentais comme exactement contraire à mes inclination...

Feb 28

12 min 1 sec

Les étoiles d’Alphonse Daudet. L’écrivain meurt en décembre 1897, en pleine affaire Dreyfus, et malgré sa proximité avec Émile Zola, Daudet est farouchement anti-dreyfusard. Son fils Léon le deviendra de manière plus intense. Zola prononcera néanmoins son oraison funèbre au cimetière du Père Lachaise. Les étoiles font partie des Lettres de mon Moulin. Une partie celles-ci  sont écrites par Paul Arène, écrivain provençal, et surtout nègre d’Alphonse Daudet. Paul Arène a écrit les premiers textes des Lettres, que publie durant l’année 1866, le journal l’Évènement. https://radio-chateaubriant.com/wp-content/uploads/2021/02/Kristine-Daudet-Les-etoiles-mixage-final-3.mp3 LES ÉTOILES récit d’un berger provençal Du temps que je gardais les bêtes sur le Luberon, je restais des semaines entières sans voir âme qui vive, seul dans le pâturage avec mon chien Labri et mes ouailles. De temps en temps l’ermite du Mont-de-l’Ure passait par là pour chercher des simples ou bien j’apercevais la face noire de quelque charbonnier du Piémont ; mais c’étaient des gens naïfs, silencieux à force de solitude, ayant perdu le goût de parler et ne sachant rien de ce qui se disait en bas dans les villages et les villes. Aussi, tous les quinze jours, lorsque j’entendais, sur le chemin qui monte, les sonnailles du mulet de notre ferme m’apportant les provisions de quinzaine, et que je voyais apparaître peu à peu, au-dessus de la côte, la tête éveillée du petit miarro (garçon de ferme), ou la coiffe rousse de la vieille tante Norade, j’étais vraiment bien heureux. Je me faisais raconter les nouvelles du pays d’en bas, les baptêmes, les mariages ; mais ce qui m’intéressait surtout, c’était de savoir ce que devenait la fille de mes maîtres, notre demoiselle Stéphanette, la plus jolie qu’il y eût à dix lieues à la ronde. Sans avoir l’air d’y prendre trop d’intérêt, je m’informais si elle allait beaucoup aux fêtes, aux veillées, s’il lui venait toujours de nouveaux galants ; et à ceux qui me demanderont ce que ces choses-là pouvaient me faire, à moi pauvre berger de la montagne, je répondrai que j’avais vingt ans et que cette Stéphanette était ce que j’avais vu de plus beau dans ma vie. Or, un dimanche que j’attendais les vivres de quinzaine, il se trouva qu’ils n’arrivèrent que très tard. Le matin je me disais : « C’est la faute de la grand’messe ; » puis, vers midi, il vint un gros orage, et je pensai que la mule n’avait pas pu se mettre en route à cause du mauvais état des chemins. Enfin, sur les trois heures, le ciel étant lavé, la montagne luisante d’eau et de soleil, j’entendis parmi l’égouttement des feuilles et le débordement des ruisseaux gonflés les sonnailles de la mule, aussi gaies, aussi alertes qu’un grand carillon de cloches un jour de Pâques. Mais ce n’était pas le petit miarro, ni la vieille Norade qui la conduisait. C’était… devinez qui !… notre demoiselle, mes enfants ! notre demoiselle en personne, assise droite entre les sacs d’osier, toute rose de l’air des montagnes et du rafraîchissement de l’orage. Le petit était malade, tante Norade en vacances chez ses enfants. La belle Stéphanette m’apprit tout ça, en descendant de sa mule, et aussi qu’elle arrivait tard parce qu’elle s’était perdue en route ; mais à la voir si bien endimanchée, avec son ruban à fleurs, sa jupe brillante et ses dentelles, elle avait plutôt l’air de s’être attardée à quelque danse que d’avoir cherché son chemin dans les buissons. Ô la mignonne créature ! Mes yeux ne pouvaient se lasser de la regarder. Il est vrai que je ne l’avais jamais vue de si près. Quelquefois l’hiver, quand les troupeaux étaient descendus dans la plaine et que je rentrais le soir à la ferme pour souper, elle traversait la salle vivement, sans guère parler aux servit...

Feb 26

16 min 18 sec

La grossophobie ordinaire…en rire ou pas ? Telle est la question ! Dans une société où l’apparence fait foi, où l’habit fait le moine, où les canons de beauté nous sont imposés, il est difficile de laisser la place à l’acceptation de soi, sans se juger ni culpabiliser. Un petit billet d’humeur que je vous livre, avec zéro calorie, mais un maximum de plaisir. https://radio-chateaubriant.com/wp-content/uploads/2021/02/Grossophobie-ordinaire-1.mp3 Morphologie, IMC, poids de forme, indice glycémique bas, calories, régime, équilibre alimentaire, diététique, kilos, obésité morbide, diabète…Marrant comme certains sujets utilisent un vocabulaire qui ne fait pas rêver. Et pourtant, difficile d’y échapper ! Avec l’arrivée des beaux jours, les campagnes publicitaires vont déferler, avec cette proposition obsédante : préparez-vous à rentrer dans votre maillot de bain ! L’angoisse !! Détendez-vous, il vous reste encore quelques mois pour y parvenir. Toute ma vie je me suis heurtée à cette confrontation de l’image, en regrettant d’être née à la mauvaise période. Si j’étais née au XV° siècle, j’aurais pu poser pour Botticelli. Aujourd’hui, à part pour Botero, je vois pas ! Mange moins de sucre. Ce qui me chiffonne, c’est qu’habituellement, quand un parent dit à son gamin de manger moins de bonbons ou de biscuits, on a plutôt droit à « mange moins de sucre, ça fait grossir ! ». J’entends rarement : « mange moins de sucre, tu favorises le développement de l’industrie agro-alimentaire, la mal bouffe et l’hyper consommation. Ces parents-là doivent oublier que la plupart du temps, les biscuits et les bonbons, bah ! c’est eux qui les achètent. Mais bon, c’est pas le sujet ! Un jour, un mec que je trouvais plutôt sympa, m’a dit : « je t’adore ! Si seulement tu étais mince, tu serais la femme parfaite ! ». Waow ! Ca m’a sortie de ma rêverie ! Une phrase représentative de la grossophobie ordinaire ! Je ne vous cache pas que le jour où il m’a annoncé que sa femme, belle, grande, mince et blonde était partie pour un autre que lui, bassement, je l’avoue, j’ai joui intérieurement ! C’est une question d’harmonie et d’esthétisme. La seule chose intelligente qu’on m’a dite sur le sujet, je la dois à une amie qui se reconnaîtra. Elle m’a dit : « ce n’est pas une question de kilos, c’est une question d’harmonie et d’esthétisme ». J’ai trouvé cela intéressant. Définition de l’esthétisme : attitude artistique qui recherche la beauté formelle ». Formelle oui ! Mais en forme de quoi ? On en revient à la question du canon de beauté ! Je veux bien croire que l’élévation spirituelle est une révolution en marche, mais je rappelle que la dernière élection de Miss France a fait 8,6 millions de téléspectateurs. Et que la moitié d’entre eux, étaient plus « d’entre elles ». 50% de l’audimat étaient des femmes de moins de 50 ans. Ah ! Le rêve de la princesse ! Voir défiler 30 nanas de moins de 25 ans en maillot de bain à la télé, ça fait encore rêver ! À quand une poupée Barbie à l’IMC supérieur à 25 ?! Non cela dit, ils seraient encore capables de la livrer avec un ventre amovible, à ôter après régime ! La vraie question est « quels vêtements vais-je acheter pour le printemps ? ». Bon, conclusion. La vraie question est « quels vêtements vais-je acheter pour le printemps ? ».  J’adorerais m’habiller chez H&M où mon budget fringues serait du coup deux fois moins cher, mais où au-delà d’une taille 42, je ne trouverai pas mon bonheur ! Je ne suis pas la cible quoi ! Ah bah c’est sûr que la couturière éthiopienne qui fabrique les fringues pour H&M, en étant payée 23€ par mois, y’a des chances qu’elle doive choisir entre se fringuer ou s’alimenter ! Mais bon, c’est pas le sujet ! Bref ! Le beau...

Feb 22

4 min

Françoise Sagan à son amant, le podcast de la lecture de sa lettre de rupture. Entre humour et chagrin, elle met un terme à leur histoire d’amour, en lui léguant leurs souvenirs, leurs mensonges et leurs projets. Sagan aura aimé comme elle a vécu : intensément et passionnément, et avec autant de talent que de désinvolture. https://radio-chateaubriant.com/wp-content/uploads/2021/02/Francoise-Sagan-a-son-amant_2.mp3 Françoise Sagan (de son vrai nom Quoirez) naît le 21 juin 1935 à Cajarc, dans le Lot. Son père est issu d’une famille d’industriels du nord de la France. Elle grandit à Paris, boulevard Malesherbes. Sagan a une scolarité chaotique, régulièrement renvoyée des établissements qu’elle côtoie. « J’étais assez infernale. Finalement, j’ai été mise à la porte. J’avais pendu un buste de Molière par le cou, avec une ficelle, à une porte, parce que nous avions eu un cours particulièrement ennuyeux sur lui […] ». À côté de cette scolarité mouvementée, adolescente, elle lit énormément : Les Nourritures terrestres de Gide, L’Homme révolté de Camus, Musset, Rousseau, Le Sabbat de Maurice Sachs, tout Cocteau, les poèmes de Shakespeare, Proust, Hemingway, Fitzgerald, Malraux, et Sartre, avec qui elle deviendra amie plus tard. Elle se lie également d’amitié avec la fille d’André Malraux. Elle n’obtient son baccalauréat qu’à la session de rattrapage et s’inscrit à la Sorbonne. Jacques, son frère, l’entraîne dans les boîtes de nuit et les clubs de jazz de Saint-Germain-des-Prés. Elle y côtoie la jeunesse parisienne bourgeoise et développe un goût pour la fête. « Vous savez, à cette époque, les filles se mariaient, point final ! Si je n’avais pu écrire, j’aurais voulu être médecin… en fait, je n’aurais jamais eu le courage de faire ces études, ni rien d’autre que d’écrire… ». Bonjour tristesse C’est au cours de cette année de faculté qu’elle commence à écrire Bonjour tristesse, dont elle emprunte le titre à un vers de Paul Éluard. Le roman commence par la phrase : « Sur ce sentiment inconnu dont l’ennui, la douceur m’obsèdent, j’hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse ». Françoise Sagan échoue à ses examens et finit son livre durant l’été 1953, dans l’appartement familial parisien. En 1954, elle dépose le manuscrit chez Julliard, Plon et Gallimard. Elle signe chez Julliard le 17 janvier. Quand elle annonce à ses parents qu’elle va être publiée, la première réponse fut : « Tu ferais mieux d’être à l’heure pour déjeuner ! ». Son père exige qu’elle écrive sous pseudonyme et Françoise Quoirez devient Françoise Sagan, en référence à un personnage de Proust. Elle n’a que dix-huit ans. Son premier roman sort en librairie en mars 1954. Deux mois plus tard, Sagan obtient le prix des Critiques et connaît un succès immédiat en librairie. Un James Dean au masculin La même année 1954, Hélène Gordon-Lazareff, la directrice du magazine Elle, lui commande une série d’articles sur l’Italie. Elle joue au reporter du sud au nord de la péninsule. L’hebdomadaire titre ses reportages « Bonjour Naples », « Bonjour Capri », « Bonjour Venise »… Dans ces petits textes légers, où chaque ville visitée est comparée à une femme, ce « Bonjour » devient sa griffe. Son deuxième roman Un certain sourire, dédié à Florence Malraux, paraît en 1956. C’est à nouveau un succès. Happée par la réussite et l’argent, Sagan gagne beaucoup d’argent et fréquente les casinos, notamment à Monte-Carlo. Mais c’est à celui de Deauville qu’elle gagne une nuit, 8 millions de francs. À 23 ans, elle achète des boîtes de nuit à Saint-Tropez et le manoir du Breuil à Équemauville, près de Honfleur. Françoise Sagan connaît le succès à 18 ans av...

Feb 21

10 min 13 sec

« Sido » de Colette est le récit d’une enfance sous la figure tutélaire de sa propre mère, Sidonie. Colette magnifie ici le jardin familial, à nul autre pareil. Sidonie, la Reine mère joue de et avec les éléments. Elle initie sa fille, alors âgée d’une dizaine d’années, au grand mystère de la nature, dans ses moindres détails. Colette a 57 ans à la sortie de « Sido », en 1929. Cette première mouture est exclusivement consacrée à sa mère, aimée; adorée. Il faut attendre 1930, pour que, dans une deuxième édition, Colette nous parle de son père, de sa sœur aînée et de ses frères. https://radio-chateaubriant.com/wp-content/uploads/2021/02/Kristine-Colette-export-Barbara.mp3 Kristine Maerel nous en lit ici quelques pages, quelques instants privilégiés. Elle nous invite à un moment où la vie éclabousse à chaque recoin de ce jardin extraordinaire. * * * Dans mon quartier natal, on n’eût pas compté vingt maisons privées de jardin. Les plus mal partagées jouissaient d’une cour, plantée ou non, couverte ou non de treilles. Chaque façade cachait un « jardin-de-derrière » profond, tenant aux autres jardins-de-derrière par des murs mitoyens. Ces jardins-de-derrière donnaient le ton au village. On y vivait l’été, on y lessivait ; on y fendait le bois l’hiver, on y besognait en toute saison, et les enfants, jouant sous les hangars, perchaient sur les ridelles des chars à foin dételés. Les enclos qui jouxtaient le nôtre ne réclamaient pas de mystère la déclivité du sol, des murs hauts et vieux, des rideaux d’arbres protégeaient notre « jardin d’en haut » et notre « jardin d’en bas ». Le flanc sonore de la colline répercutait les bruits, portait, d’un atoll maraîcher cerné de maisons à un « parc d’agrément », les nouvelles. De notre jardin, nous entendions, au Sud, Miton éternuer en bêchant et parler à son chien blanc dont il teignait, au 14 juillet, la tête en bleu et l’arrière-train en rouge. Au Nord, la mère Adolphe chantait un petit cantique en bottelant des violettes pour l’autel de notre église foudroyée, qui n’a plus de clocher. À l’Est, une sonnette triste annonçait chez le notaire la visite d’un client… Que me parle-t-on de la méfiance provinciale ? Belle méfiance ! Nos jardins se disaient tout. Oh ! aimable vie policée de nos jardins ! Courtoisie, aménité de potager à « fleuriste » et de bosquet à basse-cour ! Quel mal jamais fût venu pardessus un espalier mitoyen, le long des faîtières en dalles plates cimentées de lichen et d’orpin brûlant, boulevard des chats et des chattes ? De l’autre côté, sur la rue, les enfants insolents musaient, jouaient aux billes, troussaient leurs jupons, au-dessus du ruisseau ; les voisins se dévisageaient et jetaient une petite malédiction, un rire, une épluchure dans le sillage de chaque passant, les hommes fumaient sur les seuils et crachaient… Gris de fer, à grands volets décolorés, notre façade à nous ne s’entrouvrait que sur mes gammes malhabiles, un aboiement de chien répondant aux coups de sonnette, et le chant des serins verts en cage. Peut-être nos voisins imitaient-ils, dans leurs jardins, la paix de notre jardin où les enfants ne se battaient point, où bêtes et gens s’exprimaient avec douceur, un jardin où, trente années durant, un mari et une femme vécurent sans élever la voix l’un contre l’autre… Il y avait dans ce temps-là de grands hivers, de brûlants étés. J’ai connu, depuis, des étés dont la couleur, si je ferme les yeux, est celle de la terre ocreuse, fendillée entre les tiges du blé et sous la géante ombelle du panais sauvage, celle de la mer grise ou bleue. Mais aucun été, sauf ceux de mon enfance, ne commémore le géranium écarlate et la hampe enflammée des digitales. Aucun hiver n’est plus d’un blanc pur...

Feb 17

9 min 59 sec

Les adieux de García Márquez, ou les adieux de Gabo…Gabo ? C’est ainsi que l’auteur de Cent ans de solitude est affectueusement surnommé en Colombie. Gravement malade, il se retire de la vie publique et fait ses adieux, avant de mourir le 17 avril 2014, dans une lettre qui, en fin de compte, est un hymne à la vie, adressé à l’humanité toute entière. https://radio-chateaubriant.com/wp-content/uploads/2021/02/Les-adieux-de-garcia-marquez_4.mp3 Né le 6 mars 1927 à Aracataca (Colombie) et mort le 17 avril 2014 (à 87 ans) à Mexico, Gabriel García Márquez est romancier, nouvelliste, mais également journaliste et militant politique. Affectueusement surnommé « Gabo » en Amérique du Sud, il est l’un des auteurs les plus significatifs et populaires du XXe siècle. Son œuvre se démarque par un imaginaire fertile et constitue une chronique à la fois réaliste, épique et allégorique de l’Amérique latine dans laquelle se recoupent son histoire familiale, ses obsessions et ses souvenirs d’enfance. García Márquez reçoit le prix Nobel de littérature en 1982 Ce sont les romans Cent ans de solitude (1967), Chronique d’une mort annoncée (1981) et L’Amour aux temps du choléra (1985) qui lui apportent la reconnaissance du public, des médias et de ses pairs. À la suite de la parution de Cent ans de solitude, considéré comme son chef-d’œuvre, l’auteur connaît un succès commercial planétaire. Son nom est fréquemment associé au « réalisme magique », courant artistique qui insère des éléments magiques et des motifs surnaturels dans des situations se rattachant à un cadre historique, culturel et géographique avéré. Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1982. García Márquez et le cinéma En 1985, il crée à la Havane, la Fondation pour un nouveau cinéma latino-américain, la FNCL, afin d’en assurer la création et la promotion. Le projet académique de cette institution était de former des professionnels du cinéma, de la télévision et d’autres médias. Il écrit alors plusieurs scenarii pour le cinéma et collabore avec Carlos Fuentes pour l’écriture de El gallo de oro, de Juan Rulfo. Il a également été membre du jury au Festival de Cannes en 1982 sous la présidence de Giorgio Strehler, quelques mois seulement avant de recevoir son prix Nobel Emir Kusturica, grand lecteur de García Márquez dont l’univers a nourri les films Le Temps des Gitans et Undeground, entreprend par ailleurs l’adaptation de L’Automne du patriarche et rencontre l’écrivain à La Havane en 2005 afin de discuter de la mise à l’écran de son livre106. Kusturica souhaite également porter à l’écran d’autres œuvres de l’auteur parmi lesquelles Cent ans de solitude. Néanmoins, aucune des adaptations souhaitées ne voit le jour. Gabo et Mercedes Ils s’étaient mariés le 21 mars 1958 en l’église du Perpetuo Socorro de Barranquilla, à un millier de km au nord de Bogotá, au bord de la mer des Caraïbes. Ils ont eu deux fils, Gonzalo et Rodrigo García, producteur de cinéma et de télévision. Gabriel García Márquez et Mercedes Barcha – 56 ans d’amour Mercedes Barcha Pardo est née le 6 novembre 1932 à Magangue, localité du département de Bolívar qui a pour capitale Carthagène des Indes. Au sein d’une famille descendant d’émigrants égyptiens, son père tenait une pharmacie. C’est ainsi qu’elle fait la connaissance de Gabriel García Márquez en 1941 quand il se déplaçait avec son père pour vendre des médicaments. Il avait 13 ans et elle 9… Dix-sept ans plus tard ils se mariaient. De 2012 à 2020, elle siège au conseil d’administration de la Fondation Gabo, créée par l’écrivain en juin 1994. Et en 2014, deux mois après la mort de son mari, elle en a été nommée présidente d’honneur. La Fondation Gabo est une organisation internationale de journalisme. Elle v...

Feb 14

9 min 1 sec

Pascal Bezard : l’impact, une interview où l’écrivain nous raconte une partie de sa vie, entre la Loire Atlantique et l’Auvergne, ses expériences, sa vie à Châteaubriant, l’histoire de ses livres, son point de vue sur le monde de l’édition et son amour des auteurs du XX° siècle. J’ai connu Pascal Bezard par les réseaux sociaux et l’univers de l’auto-édition, au travers de ses livres, largement évoqués dans cet échange. https://radio-chateaubriant.com/wp-content/uploads/2021/02/Interview-Pascal-Bezard-1.mp3 Quelques mots sur l’invité Pascal Bezard – 2020 Pascal Bezard est né en France, à Châteaubriant, près de Nantes en 1964. Il est passionné de littérature depuis son jeune âge, notamment par des écrivains engagés. Il a écrit “Le sang blanc” et a attendu un an avant de le publier. Pascal est atteint de la maladie de Basedow et vit désormais près de Clermont-Ferrand où il continue d’écrire. Cet écrivain très discret donne très peu d’interviews mais il est possible de le rencontrer aux rares salons auxquels il participe. Il a publié un nouveau roman L’impact, dès la rentrée 2018, la nouvelle Le Captain’  fin 2019. Un troisième roman: La fille du week-end est sorti au début de l’année 2020. Les livres de Pascal Bezard et pourquoi je les ai aimés Le sang blanc Une histoire authentique où Pascal Bezard nous fait vivre un an de la vie de Max, atteint d’un lymphome, un fait de vie qui peut toucher chacun de nous. Beaucoup de moments d’humour, de dérision, de réflexion, sur un rythme soutenu ou au point mort, jalonnent ce parcours atypique plein de pudeur et d’émotions. L’auteur nous fait partager, dans l’ombre de Max, les thèmes qui lui sont chers et son amour pour la littérature, tout en laissant le soin au lecteur d’interpréter et de s’interroger afin de comprendre. Certains passages peuvent être difficiles pour les plus sensibles. Pour des raisons qu’il juge suffisantes, l’auteur a omis de faire figurer les noms de nombreux personnages ou les a modifiés. Ce livre peut être tenu pour un roman ou une œuvre autobiographique, mais il est toujours possible d’imaginer que ceci a été rapporté comme un fait et en aucun cas comme un témoignage. « Les mots ont failli me manquer pour écrire cette critique tant ce livre m’a touché au cœur et à l’âme. Le sujet n’est pas facile à traiter et pourtant l’auteur nous entraîne dans le combat de Max contre la maladie sans tomber dans le pathos. On y frôle cette “Insoutenable légèreté de l’être” qui vous fait retenir votre respiration dans l’espoir que tout ira bien. Et oui ça va aller. Il le faut. Tant de force d’âme dans ce récit magnifiquement écrit ! J’ai lu Le pavillon des cancéreux il y a déjà fort longtemps…et je ne m’attendais pas en lisant Le Sang Blanc, à me surprendre vouloir le ressortir de ma bibliothèque pour le poser sur ma table de chevet. Merci Pascal Bezard pour ce livre. Il est juste magnifique et délicat ». Barbara G. Derivière L’impact Dans les années 80, un adolescent, Tom, voit sa mère se retrouver en prison. Atteint au plus profond de lui-même, sa vie va être bouleversée ainsi que celle de plusieurs autres personnages de l’histoire. C’est autour de ces tourments que l’auteur a choisi de bâtir ce roman psychologique et dramatique. Par-delà les attitudes complexes, les péripéties amoureuses, les mystères de l’égarement traversant les dangers, l’auteur retrouve quelques-uns des thèmes qu’il avait déjà évoqués dans “Le sang blanc” : les réactions face aux changements de situation, l’importance du soutien moral et sentimental, l’absurdité de la recherche de la...

Feb 9

34 min 39 sec

Les vraies richesses de Jean Giono. Cette semaine, c’est au travers d’extraits d’un de ses textes les moins connus, que Kristine Maerel, du Théâtre Messidor, nous invite à découvrir l’homme de Manosque. L’auteur du Hussard sur le toit et Que ma joie demeure, publiait en 1936, ce récit, écrit à la première personne. Il s’interroge sur le mélange de l’homme et du monde. https://radio-chateaubriant.com/wp-content/uploads/2021/02/Kristin-Giono-.mp3 Il faut repousser la table et sortir dans les champs. Le soleil est de nouveau chaud comme au gros de l’été, mais on sait que c’est parce qu’il est une heure de l’après midi et qu’à partir de quatre heures il fera frais. Il y a d’abord eu à travers tout ce pays que j’habite provisoirement un arrêt des eaux et un grand silence, et ça marquait la fin de l’été. Pour ceux d’ici qui en avaient l’habitude, cela voulait dire que les nuits étaient froides sur la montagne et la neige ne donnait plus d’eau mais elle se resserrait sur elle même. Les terres n’étaient plus traversées de bruit. Les aulnes ne bougeaient plus, ni les longues herbes qui sont au bord du torrent. Il restait à peine un peu d’eau silencieuse où l’on voyait les truites surprises par le grand jour et qui se cachaient la tête dans le sable pierreux. C’est le moment où le père de Césarine m’en a tellement apporté qu’on avait envie d’en profiter un peu autrement qu’en les mangeant – en les laissant crues sur la table par exemple, dans un grand plat de terre verte, comme des fruits ou des fleurs pour pouvoir regarder le rouge, le vert, le bleu et le brun qui se mélangeaient dans les écailles. Mais on savait que ça n’était pas possible. Il a plu pendant quelques jours pour que l’automne soit bien installé, et maintenant, le bruit des eaux s’entend encore avec son claquement de tambour dans les vallons comme un cortège qui s’est remis en marche. Le ciel est lavé et son bleu de lessive à des endroits est bleu dur, comme la pure pierre de bleu dans son petit sac ; à d’autres endroits il est blanc comme le drap, et puis, les diverses qualités de bleu, délayé dans l’eau et qui ici se repose, là s’allonge dans les mouvements de l’eau du lavoir en éteignant peu à peu sa couleur, et tout le ciel est comme ça avec une grande propreté populaire et une bonne tendresse. Cet après midi, les odeurs sont extrêmement puissantes. C’est à cause de ces quelques gouttes de pluie. Il y a des odeurs de beurre et on ne sait pas d’où elles viennent, et une odeur d’héliotrope qui a l’air de venir du ciel. Les buis, les champignons, les feuilles mortes, la sève de bouleau, les vaches, la montagne tout a son odeur et toutes bien séparées les unes des autres elles arrivent pour se faire sentir. Pendant qu’on marche dans le pré, on a ainsi le monde autour de soi et on l’a dans la poitrine, à l’intérieur, mélangé à la vie et qui se mélange de plus en plus à mesure qu’on respire, (et ce n’est pas le même monde), l’un complète l’autre : on voit l’arbre et on respire l’arbre, et voilà que ça n’est pas pareil, les deux images ne se superposent pas – car aujourd’hui le poumon n’est plus seulement un organe de nourriture, mais il est un organe de connaissance. Et au fond, c’est la même chose, nourriture et connaissance et c’est ce que je me dis pendant que je marche dans le pré et que j’appelle de temps en temps : « Oh ! Jacques ! Oh ! Michel ! Oh ! Pascaline ! » Ceux qui  fauchent le regain ou celles qui gardent soigneusement de petits agneaux nés de la veille, pleins de sommeil et de frissons, pendant que je pense encore à ce pain de Mme Bertrand. J’ai pris le chemin qui passe près du petit cimetière des protestants et qui est bordé de buis énormes. Au bout du chemin, entre les murs de buis, je vois le ciel lessivé qui sèche au bon soleil...

Feb 8

8 min 28 sec

La guerre 14-18 constitue un massacre d’une ampleur sans précédent, de 9 à 10 millions de morts. Au fond des tranchées, l’air est irrespirable et l’espoir anéanti, tant les conditions de vie des soldats sont atroces. Seules les correspondances, et l’attente d’une lettre, adoucissent leur enfer. Parmi eux, deux anonymes accrochés l’un à l’autre, avec pour seule espérance, survivre au combat et se retrouver…Maurice à Georgette : paroles de Poilus. https://radio-chateaubriant.com/wp-content/uploads/2021/02/Maurice-a-Georgette-lettre-dun-poilu_5.mp3 Dans l’enfer des tranchées L’intensité de la Première Guerre mondiale fut telle que 10 % des soldats furent tués, contre 4,5 % lors de la Seconde Guerre mondiale. Le niveau de pertes atteignit 56 %, en additionnant les morts et les blessés. À cause de la boue, des rats, des poux, de la proximité des cadavres amis et ennemis, l’air vicié des abris, les gaz chimiques… La (sur)vie dans les tranchées de 1914-1918 était particulièrement difficile. Cela a provoqué de nombreuses séquelles psychologiques et sanitaires pour les soldats de la « Grande Guerre ». Des blessures relativement légères pouvaient provoquer la mort si elles s’infectaient ou si la gangrène s’installait. Les éclats d’obus multipliaient les risques d’infection en souillant la plaie. Le souffle des explosions provoquait souvent des blessures. De plus, le bombardement incessant et la peur d’être mutilé pouvaient induire chez certains soldats des troubles psychologiques alors qualifiés d’obusite mais que l’on assimile aujourd’hui au trouble de stress post-traumatique. Comme dans beaucoup d’autres guerres, les maladies prélevèrent un lourd tribut parmi les soldats. Les conditions sanitaires dans les tranchées étaient plutôt mauvaises, d’où les cas de dysenterie, de typhus et de choléra. De nombreux soldats souffraient des maladies véhiculées par les parasites comme les poux. L’autre danger était l’hypothermie car les températures pouvaient descendre bien en dessous de zéro durant l’hiver. Tranchée britannique – 1916 – Source Wikipédia. Les marraines de guerre L’expression marraine de guerre désigne les femmes ou les jeunes filles qui entretiennent des correspondances avec des soldats au front durant la Première Guerre mondiale afin de les soutenir moralement, psychologiquement voire affectivement. Cette institution est créée en 1915. Il s’agissait de réconforter des soldats livrés à eux-mêmes, ayant par exemple perdu leur famille. La marraine de guerre faisait parvenir des lettres à son soldat mais pouvait également envoyer des colis, des cadeaux, des photographies. Cette institution populaire a laissé un souvenir marquant qui explique sa réapparition en 1939 lors de la Seconde Guerre mondiale. Brevet de marraine illustré par Victor Descaves, 1916. Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux. Cinq millions de correspondances Comme le raconte Laurent Albaret (dans son livre La Poste pendant la première guerre mondiale), en août 1914, l’administration des Postes n’est pas prête pour un tel conflit et au fait que le soldat mobilisé, désormais éduqué par l’école de Jules Ferry, puisse écrire autant ! Rapidement, le courrier s’entasse dans les dépôts et les cours des casernes. Les familles angoissées sont sans nouvelles du père, du frère ou du fils parti au front alors que l’on sait progressivement que les pertes humaines des premiers jours sont terribles. La direction des Postes prend rapidement conscience de ce chaos. Amplifié par la franchise postale (envoi du courrier sans affranchissement accordée aux familles et aux soldats). Le grand réformateur de la Poste aux Armées, l’inspecteur général Alphonse Marty, joue alors un rôle crucial dans la réorganisation des acheminements, notamment avec l’ouve...

Feb 7

9 min 31 sec

Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir… Leur couple fut mythique, au moins de leur temps. Un amour libre et non conforme, mais qui se révéla, à titre posthume, proche des “liaisons dangereuses”. Il restera la profonde admiration intellectuelle qu’ils eurent l’un pour l’autre, et une relation amoureusement et sexuellement décevante, à la limite du sadisme et de la nausée. https://radio-chateaubriant.com/wp-content/uploads/2021/01/Sartre-au-Castor.mp3 Jean-Paul Sartre et l’existentialisme Écrivain prolifique, né le 21 juin 1905, fondateur et directeur de la revue Les Temps modernes (1945), il est connu aussi bien pour son œuvre philosophique et littéraire qu’en raison de ses engagements politiques, d’abord en liaison avec le Parti communiste, puis avec des courants gauchistes, au sens léniniste du terme, plus particulièrement maoïstes, dans les années 1970. Intransigeant et fidèle à ses idées, il a toujours rejeté tant les honneurs que toute forme de censure ; il a notamment refusé le prix Nobel de littérature en 1964. Amorcé au XIXe siècle par Søren Kierkegaard, l’existentialisme est un courant de pensée au sujet de l’existence humaine et de la façon dont nous nous positionnons dans le monde.  Quelques philosophes et auteurs existentialistes du XXe siècle sont Albert Camus, Simone de Beauvoir, Gabriel Marcel, Karl Jaspers, Martin Heidegger, Nicolas Berdyaev et Martin Buber. Simone de Beauvoir, une histoire de Femmes Philosophe, romancière, mémorialiste et essayiste française, est née en 1908. En 1954, après plusieurs romans dont L’Invitée (1943) et Le Sang des autres (1945), elle obtient le prix Goncourt pour Les Mandarins et devient l’un des auteurs les plus lus dans le monde. Souvent considérée comme une théoricienne importante du féminisme, notamment grâce à son livre Le Deuxième Sexe publié en 1949, Simone de Beauvoir a participé au mouvement de libération des femmes dans les années 1970. En 1971, Beauvoir rédige le Manifeste des 343, appel de femmes déclarant avoir avorté et réclamant le droit à l’avortement libre et gratuit. Elle-même signe ce manifeste, parmi d’autres personnalités telles que Catherine Deneuve, Marguerite Duras, Gisèle Halimi, Jeanne Moreau et Françoise Sagan. Avec Gisèle Halimi, elle cofonde un mouvement féministe qui lutte pour la dépénalisation de l’avortement. Simone et Hélène, deux sœurs féministes et engagées Simone partage son militantisme avec sa sœur Hélène. Les sœurs Beauvoir ont en effet mené des actions féministes tout au long de leurs vies. Par des tableaux et gravures, Hélène a mis en scène la vie, souvent dure, des femmes à travers les pays où elle a vécu: paysannes au Portugal pendant la Seconde Guerre mondiale, ouvrières saisonnières italiennes des rizières. Les femmes sont dans l’eau jusqu’aux genoux, pieds nus et le dos plié durant des journées entières sous le soleil et les insectes, avec des horaires chargés et des salaires de misère. Hélène apportera avec sa sœur son soutien aux actions du Planning familial, dès les années 1960, et réalisera une trentaine de tableaux sur Mai 68. Avec sa sœur, elle signera le Manifeste des 343 déclarant avoir eu un avortement, s’engagera en Alsace aux côtés des femmes victimes de violence et sera présidente de l’association SOS Femmes Alsace. Après deux années de présidence, elle démissionne, mais continue son œuvre militante dénonçant l’oppression des femmes dans ses tableaux: “Un homme livre une femme aux bêtes”, “Les femmes souffrent, les hommes jugent”, “La chasse aux sorcières est toujours ouverte”. Le Deuxième Sexe, “une insulte au mâle” “On ne naît pas femme, on le devient”. L’auteure du Deuxième Sexe, le fait de vivre précède les caractéristiq...

Jan 31

10 min 21 sec

L’histoire de la patate Irlandaise, c’est le récit de ce tubercule que Guy Grandjean nous conte cette semaine dans cet épisode de son podcast Rouges-Jardins. Au XVIII siècle, l’Europe a faim. Les famines, petites et grandes, sont courantes. La surpopulation est générale. Quand le peuple n’y succombe pas, ce sont les enfants qui restent affaiblis, carencés, et pour longtemps. Leurs propres enfants, à leur tour, en portent les stigmates. Peu à peu, une nouvelle culture s’implante, venue d’ailleurs, qui permet de calmer les ventres creux. Ce don de Dieu, dit-on, c’est la patate : cette providence vient des plateaux sud américains. Planter les tubercules est un jeu d’enfant, les réserves d’amidon très abondantes permettent toujours un bon démarrage de la plantule. Une seule crainte, le gel. Quand le temps est frais et sec, autant dire alpin, les maladies sont rares, comme dans leur biotope d’origine, les hautes terres andines. La promesse d’une plantule : un œil de patate. La promesse d’une plantule : un œil de patate. En 1800, 4,4 millions de personnes vivent en Irlande, misérablement. Une cabane, une vache, quelques cultures de navets, de céréales. Arrive la patate, qui s’adapte bien au climat irlandais, jamais très froid. Le Gulf Stream y veille. Les Irlandais sont-ils sauvés ? Hélas, non, pas du tout. Malgré le goût qu’ont les cochons pour cette patate, une fois cuite, ce qui leur permet un élevage d’appoint, la situation reste extrêmement précaire. La contraception est inconnue, et la religion n’arrange rien. “Croissez et multipliez !” En 1845, 8 millions d’irlandais, 100 personnes au km2 (!) survivent grâce à une multitude de champs de pommes de terre, 1/3 des terres ; c’est le pays d’Europe le mieux pourvu. Le tubercule assure les deux tiers de la subsistance de l’île. Au début de l’été, le mildiou, un champignon microscopique, fait son entrée en scène, fracassante. Un été chaud mais humide lui fait sa promotion. Il s’installe sur les feuilles, puis sur les tubercules, il se goinfre. A l’automne, la récolte est divisée par deux. L’hiver arrive, long et rigoureux, repoussant la plantation en mai. En juillet 1846, l’Islande communique à l’ Irlande sa dépression, qui, cet été là, chahute particulièrement les baromètres. Une chaleur immobile s’abat sur le pays, avec une forte humidité : ce climat, quasi tropical, est exceptionnel. Le mildiou exulte, il se répand comme une traînée de poudre. Il ne reste plus une pomme de terre à la fin de l’année. La famine qui s’installe tue un million de personnes C’est la dernière de cette ampleur en Europe. Elle fait fuir plus de deux millions d’émigrants, cette exode marque le monde entier, la famille Kennedy en fait partie. En 1901, l’Irlande compte 3,2 millions d’habitants. Après la révolution de la patate, qui sauva l’Europe entière, à part l’Irlande, vint la révolution du charbon. Il sauva la forêt, qui seule apportait l’énergie, ce qu’on appelle aujourd’hui la biomasse. Au prix d’innombrables morts prématurées, la conquête de cette énergie fit tache d’huile. L’extraction en est dangereuse. L’inévitable poussière, multipliée par la mécanisation tapisse la peau des travailleurs, mais aussi leurs alvéoles pulmonaires. Cette énergie devint aussi nécessaire à l’agriculture qu’à l’industrialisation, et le chauffage domestique. Car elle permit la fabrication d’engrais, dont la production en masse fut à l’origine de la révolution verte. On put oublier un peu la patate, se consacrer aux céréales , exclusivement dans certains régions propices. Après l’ère du charbon vint la découverte de l’or noir, puis du gaz. Fantastiques découvertes d’énergie facile d’extraction, et surtout aisément transportable. Sans cette énergie, nous ne pourrions vivre si nombreux. Tout se passe comme ci,...

Jan 27

6 min 26 sec

Marina Tsvetaeva et Boris Pasternak, deux des plus grands poètes russes du XX° siècle, se sont échangés deux cents lettres pendant treize ans, à partir de 1922. Leur correspondance cessa en 1935, après leur unique rencontre à Paris. Une question s’impose à moi : de l’épistolaire à la réalité, la fin d’une histoire ? https://radio-chateaubriant.com/wp-content/uploads/2021/01/Marina-Tsvetaeva-a-Boris-Pasternak.mp3 Boris Pasternak, le poète brillant et audacieux Né le 10 février 1890 (dans le calendrier grégorien) à Moscou, Boris Pasternak grandit dans une famille d’artistes. Sa mère est pianiste concertiste. Son père est le peintre postimpressionniste, illustrateur du roman Résurrection de Tolstoï, alors ami de la famille. Et parmi les fréquentations de la famille Pasternak, on compte Serge Rachmaninov, le pianiste Alexandre Scriabine ou le philosophe Chestov. Boris est un élève brillant, mais sa carrière de lycéen est malgré tout ralentie en raison du numerus clausus qui limite alors le nombre d’élèves juifs à 10 pour 3459. Il poursuit simultanément des études de droit et de musique. Ses premiers recueils de poésie, écrits avant la première guerre mondiale, ne reçoivent qu’un faible écho auprès du public. Boris Pasternak (1908) Mais dès les années 30, l’homme préférant “une pensée nouvelle plutôt qu’un pur langage”, tombe sous le joug de la censure des autorités soviétiques. Son œuvre, de plus en plus diffusée, est accusée d’être subjectiviste et non socialiste. Il échappe de peu au goulag. Docteur Jivago, le roman subversif « Un jour, Larissa Fiodorovna sortit et ne revint plus. Sans doute fut-elle arrêtée dans la rue. Elle dut mourir ou disparaître on ne sait où, oubliée sous le numéro anonyme d’une liste perdue, dans un des innombrables camps de concentration du Nord. » — Boris Pasternak, Le Docteur Jivago, « La Fin », XVII. En 1956, il confie son manuscrit Docteur Jivago (Доктор Живаго en russe), le plus personnel et le plus intense de ses écrits, au journaliste communiste italien, Sergio D’Angelo. Pasternak lui dit alors: « Je vous invite à mon exécution », conscient que traiter avec des éditeurs étrangers risque de le mener à la mort. Il transmet le livre à l’éditeur Feltrinelli, communiste lui aussi. Malgré l’enthousiasme déclaré de ce dernier et sa volonté de l’éditer, Pasternak essaie de multiplier les chances de la faire paraître en la confiant secrètement à trois autres messagers hors URSS. Parallèlement, il craint constamment pour sa vie car les autorités soviétiques condamnent ses publications et particulièrement cet ouvrage qui se déroule entre la révolution russe de 1905 et la Seconde Guerre mondiale. Ils tentent par tous les moyens d’en empêcher la publication. Prix Nobel de littérature en 1958, choix artistique ou politique ? À partir de 1947, la question d’attribuer à Pasternak, le prix Nobel de Littérature se pose. Il attendra 1958 d’être célébré par l’Académie suédoise, car la parution de Docteur Jivago et sa diffusion en Europe en 1957, volontairement organisée par la C.I.A., marque l’affirmation de l’intérêt littéraire et politique de l’œuvre du poète. Menacée d’extradition par les autorités russes s’il se rend en Suède pour y recevoir son prix, Pasternak renonce au voyage et reste en Russie, où il meurt en 1960, misérable et sali par la fronde à son encontre, menée par les autorités soviétiques. Son célèbre Docteur Jivago ne sera publié en Russie qu’en 1985 grâce aux réformes économiques et sociales menées par le président Mikhaïl Gorbatchev en Union soviétique, la perestroïka. Sur son lit de mort, il aurait dit à...

Jan 24

8 min

Anne Rouet : Itinéraire d’une voix de FIP. De toutes les stations de radios, FIP est une des plus mythiques. Les mots prononcés par ces voix enchanteresses en ont fait fantasmé plus d’un.e. FIP nous apprenait aussi de nouvelles sonorités, élargissant notre horizon musical. En décembre 2020, les antennes FIP en région cessaient d’émettre sur la vois des ondes. Radio-Châteaubriant recevait Anne Rouet qui fut à l’origine, une des voix de FIP Nantes. Bonjour, nous allons passer l’après-midi avec Anne Rouet, qui vient nous parler de radio. Alors Anne, dans ta vie professionnelle. Dans ta vie radiophonique, tu as mené combien d’interviews ? Houla, j’ai pas compté, je n’ai pas compté ! Je suis pas restée très longtemps à Radio-France pour interviewer les gens. J’ai dû rester un an et demi, deux ans. Mais j’ai interviewé des gens tous les jours, tous les jours, du lundi au samedi et plusieurs heures dans la même matinée. Mais voilà, j’ai pas compté. Il y a des personnes qui m’ont marqué plus que d’autres. Que ce soit des chanteurs, des historiens, des écrivains, des sportifs, principalement des gens de la voile, du milieu de la voile. Fin 2020, FIP Nantes s’arrêtait. Ça te dit quelque chose ? Un peu…Moi , c’était pas FIP, c’était FILA, France-Inter, Loire Atlantique… France Inter, Loire Atlantique. Mais qui est-ce qui s’en souvient ? Je ne sais pas,… Moi, c’est sûr. Et  quelques très anciens auditeurs, je ne dis pas vieux. J’ai dit anciens. Ça a débuté quand alors ? En 74,… en avril 74. Donc, FIP… FILA est né. Et c’était sur l’île Beaulieu, à Nantes, Depuis 1970 Roland Dhordain avait mis en place FIP Paris ? France-Inter Paris, qui était principalement destiné à encourager les personnes qui étaient dans les bouchons sur le périph en leur disant leur susurrant des jolies petites phrases sympas. On en a un bel exemple dans ” Elle court,  Elle court la banlieue” avec Jacques Higelin… Oui,…Absolument. Oui, c’est un beau film Qui est à l’origine de FIP Nantes ? Jean Garreto et Pierre Codou, qui étaient des gros créateurs sur France-Inter, de l’Oreille en coin, entre autres, de FIP qui étaient des garçons vraiment très créatifs et qui sortaient un peu de l’ordinaire. Parce qu’à l’époque, il n’y avait pas beaucoup de radios. Il y avait France-Inter, Bien sûr. Et puis France-Culture, France-Musique. Et puis les radios périphériques, c’est à dire RTL qui s’appelait pas encore RTL et Europe numéro 1. Il y avait Codou et Garetto, et également une collaboratrice dont on ne parle jamais ? Lucette Aléo… parce qu’on n’en parle jamais…C’est vraiment une personne que j’ai  beaucoup appréciée et qui a su vraiment nous lancer, nous, ..les filles, les speakerines de FILA. Tu débarques en 1974, dans le contexte 1974… Oui, on n’était pas loin encore de 68. On était. C’était chouette. C’était une belle vie, même. Je ne suis pas…Je ne vais pas dire c’était mieux avant. Non, non, pas du tout. Mais on était libres. On était joyeux, surtout. On peut dire joyeuses. Parce que c’était essentiellement des femmes. Oui, mais les messieurs étaient joyeux aussi. On était que des que des filles. Mais on arrivait dans un monde d’hommes parce que la maison à Beaulieu, à Nantes, il y avait la télé. Il y avait Radio Pays de Loire et c’était ça doit être 99% d’hommes. A par les secrétaires, il n’y avait pas grand de femmes. Qui est ce qui t’appelle pour parler dans le poste ? J’avais postulé à l’époque, on postulait, on avait tout de suite un emploi, ou presque. Et puis là, j’ai eu la chance parce que c’était l’ORTF Nantes. J’ai eu la chance que FILA se crée à ce moment là. Donc, j’ai été convoquée à une audition. Et puis voilà. L’audition se passait comment ? On avait des textes avec des petits pièges. Au départ, vous êt...

Jan 17

26 min 46 sec

Cinquante ans à s’aimer, cinquante ans à s’écrire. Amour ou dévotion ? Je me demande comment une passion d’une telle intensité a perduré. Comment s’est-elle inscrite dans le marbre, comment s’est-elle soudée dans l’amour et les épreuves et comment s’est-elle imposée comme une évidence, aux yeux de tous ? https://radio-chateaubriant.com/wp-content/uploads/2021/01/Victor-Hugo-a-Juliette-Drouet_2.mp3Juliette, un prénom prédestiné Juliette Drouet, née Gauvin, voit le jour le 10 avril 1806. Devenue orpheline alors qu’elle n’est qu’un bébé, elle grandit au couvent de Fougères, puis chez son oncle, dont elle prend le patronyme comme nom de scène à l’âge de 19 ans. Son amant et artiste sculpteur, James Pradier, dont elle est la muse et la mère de leur fille, la pousse à devenir comédienne. Talentueuse et délicate, dotée d’une extrême beauté, elle est courtisée et multiplie les amants qui lui assurent une vie publique et un confort matériel certain. C’est en 1833 que Victor Hugo la remarque au théâtre, alors qu’elle se produit dans Lucrèce Borgia. Il a alors 31 ans. Déjà célèbre pour son œuvre et ses actions politiques, et marié à Adèle Foucher avec laquelle il a cinq enfants. Il tombe en amour pour Juliette à qui il demande de renoncer tout autant à ses amants qu’à sa carrière. Juliette Drouet – 1832 – Portrait de Léon NoëlPar amour, voire par dévotion, elle quitte tout et consacre les cinquante années qui suivent à l’aimer, le soutenir, le protéger et le consoler. Ayant tous deux perdu un enfant, ils sont liés tant par l’amour que par le chagrin. Ils s’échangent 23 650 lettres en cinquante ans ! Juliette, la protectrice de l’œuvre et du génie En décembre 1851, Hugo est menacé d’arrestation et de peine de mort, après le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte. Juliette lui fait connaître un ouvrier typographe qui lui offre son passeport. Elle le fait ensuite héberger en cachette. Il connaît l’exil sous le nom d’emprunt de Lanvin. Sa maîtresse le suit dans son exil dans les îles anglo-normandes et l’accompagne dans son quotidien. Elle le seconde dans ses recherches de documentations et devient la gardienne de ses œuvres. Lors de cet éloignement, il écrit deux de ses ouvrages majeurs : Les Châtiments et Les Misérables. En 1860, Victor Hugo lui dédicace les épreuves de La Légende des siècles et lui rend un hommage appuyé : « Si je n’ai pas été pris et, par conséquent, fusillé, si je suis vivant à cette heure, je le dois à Mme Juliette Drouet qui, au péril de sa propre liberté et de sa propre vie, m’a préservé de tous les pièges, a veillé sur moi sans relâche, m’a trouvé des asiles sûrs et m’a sauvé, avec quelle admirable intelligence, avec quel zèle, avec quelle héroïque bravoure, Dieu le sait et l’en récompensera ! ». Juju et Toto Mais oui ! On peut être le couple le plus mythique du XIX° siècle et s’aimer aussi simplement que deux adolescents candides ! Lui l’appelant « ma Juju », elle, le nommant « mon Toto ». Elle et il se le disaient, se l’écrivaient, inlassablement. « Je vous aime, mon pauvre ange, vous le savez bien, et pourtant vous voulez que je vous l’écrive. Vous avez raison. Il faut s’aimer, et puis il faut se le dire, et puis il faut se l’écrire, et puis il faut se baiser sur la bouche, sur les yeux, et ailleurs. […]  Vous voyez bien, Juliette, que je vous aime de toute mon âme. Vous avez l’air jeune comme un enfant, et l’air sage comme une mère aussi je vous enveloppe de tous ces amours-là à la fois. Baisez-moi, belle Juju ! ». Toute sa vie, l’auteur des Misérables a un rapport quelque peu généreux aux femmes. Il continue de séduire de nombreuses maîtresses, tout en restant marié à Adèle et l’amant de Juliette. Aimer les femmes ? Les collecti...

Jan 17

4 min 35 sec

Entre Albert Camus et Maria Casarès, ce fut 15 années d’échanges épistolaires intenses. Le 6 juin 1944, jour du Débarquement, Maria Casarès et Albert Camus débutaient une belle relation amoureuse. Celle-ci prendra fin l’avant-dernier jour de 1959, juste quelques jours avant la disparition de l’auteur de La Peste. https://radio-chateaubriant.com/wp-content/uploads/2021/12/Camus-a-Casares-7-juillet-1944_4.mp3Une passion charnelle autant qu’intellectuelle En 1944, Albert Camus a 30 ans, Maria Casarès, neuf de moins. Ils se rencontrent chez Michel Leiris. L’écrivain est seul à Paris. Il confie à Maria Casarès le rôle de Martha pour la création du Malentendu en juin 1944. Ils rompent rapidement. Camus est marié depuis 1940 à Francine Faure, restée loin de la guerre, enseignante à Oran. Francine lui donne en 1945, des jumeaux, Jean et Catherine. L’actrice et l’écrivain se croisent sur les boulevards parisiens en juin 1948 et renouent leur liaison. Et dès lors, il et elle n’auront de cesse de s’écrire. Ils parlent d’eux et de ce qui les anime : une passion charnelle autant qu’intellectuelle. L’année 1950 fut la plus féconde en échanges de courriers entre Maria et Albert, au faîte de sa gloire. Des courriers, enflammés, drôles, cocasses, où le quotidien prend tout à coup une dimension dramatique. De Maria Casarès, arrivée de sa Galice natale en France à l’âge de 14 ans, le public connait la tragédienne. Il la découvre ici, écrivaine passionnée : « cette zone vibrante qui m’émeut autant que la présence d’un enfant dans mon ventre ». Albert Camus et Maria Casarès – Théâtre Hébertot – 1950« Si tu étais là… » « Ce soir, j’ai envie de venir vers toi parce que j’ai un cœur lourd et que tout me paraît difficile à vivre. J’ai un peu travaillé ce matin, pas du tout cet après-midi. C’est comme si j’avais oublié mon énergie et ce que j’ai à faire. Il y a comme ça des heures, des journées, des semaines où l’on dirait que tout vous meurt entre les mains. Toi aussi tu connais cela. » Et plus loin : « Si tu étais là, tout serait plus facile… Ce soir je me demande ce que tu fais, où tu es et ce que tu imagines. Je voudrais avoir la certitude de ta pensée et de ton amour. Je l’ai parfois. Mais de quel amour peut-on être sûr ? Un geste, et tout peut se détruire, au moins pour un moment. Après tout, il suffit d’un être qui te sourit et qui te plaise et, pendant une semaine au moins, il n’y a plus d’amour dans ce cœur dont je suis si jaloux ». Cette somme de lettres échangées est hors du commun. Immense, intense, dévorante. Je vous invite à découvrir celle qu’Albert Camus adresse à Maria Casarès le 7 juillet 1944, qui me bouleverse et me transporte, et dans laquelle il se lamente d’être éloigné d’elle. Camus dans le domaine public en format numérique Dès 2010, l’œuvre d’Albert Camus apparait dans le domaine public au Canada. En effet, leur législation permet une diffusion libre des œuvres d’un auteur, 50 ans après sa mort. En France, la réglementation l’autorise 70 ans après. Concernant Camus, il faudra donc attendre 2030 pour y avoir accès dans l’hexagone. Cette diversité de règlementations requestionne le sujet de l’usage du web qui ne connait pas de frontières. La responsabilité du respect des lois repose sur l’internaute. Pour l’heure, en France, l’œuvre d’Albert Camus est disponible au format numérique. Les 865 lettres,  sont rassemblées par Gallimard en un volume de 1300 pages. Correspondance – 1944-1959 (Gallimard), 1 300 p., 32,50 €. Albert Camus à Maria Casarès, un épisode...

Jan 10

5 min 39 sec

Frida Kahlo à Diego Rivera. De l’artiste peintre mexicaine, autodidacte et engagée, décédée en 1954, je retiens une soif de liberté, un caractère tumultueux et fougueux, une femme forte et amoureuse. Frida, la passionnée iconographique d’un Mexique révolutionnaire. https://radio-chateaubriant.com/wp-content/uploads/2021/01/Frida-Khalo-a-Diego-Rivera_4.mp3Le corps meurtri et la soif de vivre Née en 1907, un 6 juillet, à Coyoacán, dans la banlieue de Mexico, de père allemand et de mère mexicaine, Frida porte en elle le double héritage de la vieille Europe et du Mexique précolombien. Elle peint en 1936 « Mes parents, mes grands-parents et moi »[1], où le mariage de ses parents au centre de l’œuvre marque l’alliance entre le nouveau monde et l’ancien. Plus tard, elle rejettera ce dernier, qualifiant de « mierda » ces vieux pays dont il n’y a plus rien à tirer. C’est dans la maison dite bleue, construite par son père, qu’elle grandit, marchant dans ses pas. Il l’initie à la photographie. À huit ans, une première crise de poliomyélite atrophie sa jambe droite. Elle devient Frida à la « pata de palo », la boiteuse. Ce n’est que le début des souffrances physiques qui l’accompagneront tout au long de sa vie. À dix-huit ans, elle traverse Mexico dans un autobus qui est percuté par un tramway. On retrouve Frida, rare survivante, la colonne vertébrale brisée, la jambe fracturée, le pied écrasé, l’épaule démise et empalée sur une barre de fer. Un ouvrier passager de l’autobus transportait un paquet de poudre d’or, éventré par le choc de l’accident. Les particules précieuses qui recouvrent le corps ensanglanté de Frida Kahlo reflèteront alors la naissance de l’icône surréaliste à l’œuvre picturale étonnante et magistrale. L’Art de l’auto-portrait Des années d’opération et de rééducation difficile, l’immobilisent dans un corset et dans sa chambre. Elle choisit alors la lecture et la peinture pour occuper son temps et tarir sa soif de connaissances. On lui installe un miroir accroché à son lit à baldaquin.  « Si je me peins, c’est que c’est le sujet que je connais le mieux ! ». Ses autoportraits signent alors sa griffe singulière et l’art contemporain surréaliste mexicain. Frida est une artiste engagée, au point de falsifier ses papiers pour naître symboliquement en 1910, année du commencement de la révolution mexicaine. Sa révolte intérieure et son engagement politique font de Frida une femme militante, rebelle et libre. Laquelle de l’artiste ou de la révolutionnaire tomba amoureuse de Diego Rivera ? Probablement les deux. « Ma nuit m’étouffe du manque de toi …» « J’ai eu deux accidents graves dans ma vie. L’un, c’est quand un tramway m’a écrasée. L’autre, c’est Diego. » Elle le rencontre en 1927. Diego Rivera, l’artiste communiste déjà célèbre, qu’elle croise lors d’une soirée. Dès le lendemain, elle le sollicite pour recueillir son avis sur ses toiles. Il l’accueille et l’accompagne dans son travail d’artiste. Il la peint et devient son maître et son amant. Ils se marient en 1929. Les parents de Frida diront d’eux qu’il et elle sont « la colombe et l’éléphant », tant elle semble si frêle et fragile à côté du colosse imposant et puissant. Pourtant, tout les réunit : l’engagement politique, l’amour du Mexique, la palette violente, la lumière et la couleur, l’imagination éblouissante. Le couple mythique est né. Lors d’un des voyages de Diego aux États-Unis, elle écrit cette lettre déchirante « Ma nuit est comme un cœur qui bat » qu’elle ne lui enverra jamais. « Ma nuit m’étouf...

Jan 3

7 min 57 sec

A Cup of Tea Cette semaine Sandrine Roufenche et Christelle Maubry décryptent pour nous l’expression anglaise It’s raining cats and dogs. Un podcast tout frais à écouter avec une tasse de thé ou une pinte de Guiness. https://radio-chateaubriant.com/wp-content/uploads/2020/12/A-Cup-Of-Tea-12-Decembre-2.mp3It’s Raining Cats and Dogs Bonjour bonjour, aujourd’hui, nous tenons à vous remercier pour votre participation à notre post sur notre page Facebook. Nous vous avons demandés de nous faire part de l’expression que vous souhaiteriez que nous traitions. Alors Christelle, quelle expression l’a remporté, cette semaine ? Roulements de tambours ! And the winner is : It’s raining cats and dogs ! C’est une expression que tout le monde connaît, ici, en France, pour l’avoir utilisée en classe. Mais avant de la décortiquer ensemble, sachez que le post est actif et que vous pouvez à tout moment faire vos suggestions. Abonnez-vous à TherollingScones Acupoftea sur Facebook et vous ne serez pas déçus. L’expression du jour Alors Christelle, je te laisse présenter notre expression du jour. Je sais qu’elle t’a beaucoup plu celle-ci !   C’est clair ! On a cherché pour vous l’origine de l’expression it’s raining cats and dogs. Nous sommes passées par de multiples époques, accompagnées de leurs histoires, qu’elles soient réelles ou juste des histoires. De la mythologie à la vie des sorcières, pour arriver à l’utilisation en bonne et due forme dans la littérature anglaise, nous vous embarquons avec grand plaisir dans ce voyage dans le temps. Ah Ah ! Le temps ! Tu ne crois pas si bien dire ! Bon, j’ouvre mon parapluie tout de suite ou maintenant ?   Signification en contexte Quoi, c’est pas déjà fait ? Bon, l’avantage de choisir une expression que tout le monde connaît, c’est que tout le monde en saisit déjà le sens. It’s raining cats and dogs, c’est bien pleuvoir à verse, comme vous vous en doutiez. Mais je vous l’accorde, on a tous au moins une fois dans nos vies imaginé des chats et des chiens tomber du ciel par milliers. Normalement, si on en suit la logique, les chats se retournent et retombent sur leurs pattes. Ceci-dit, si l’on en croit la légende qu’on a monté de toutes pièces en studio et qui est basée sur de vagues souvenirs d’un post sur Facebook, si l’on attache une tartine de pain beurré sur le dos des chats, on rétablit l’équilibre et ils se retrouvent comme les chiens à tomber du ciel sans pouvoir se rattraper. Je… sens… que je m’égare… Tu en penses quoi ? Expressions similaires Juste un chouïa, je t’assure. Alors, si nos professeurs nous l’ont apprise et nous ont conseillé de l’utiliser à bon escient lors du point météo du jour, en classe, la vérité est que personne ne l’utilise au Royaume-Uni car elle est désuète, surannée, has been, quoi. Désolée de briser quelques rêves mais c’est la vérité. J’ai passé sept ans en Ecosse et j’en ai vu passer, des gouttes, mais je n’ai jamais entendu cette expression sortir de la bouche de mes collègues ou amis. Ce qu’ils employaient ? Bon, il faut savoir qu’il y a autant d’expressions sur la pluie qu’il n’y a de types de pluies. Et encore plus sur le temps qu’il fait. Pour ce qui est d’une bonne averse de derrière les fagots, ils employaient facilement : it’s pouring down ! It’s lashing down ! Got your brollie ? Petit point culturel Petit point culturel : a brollie, c’est le diminutif mignon pour le parapluie : umbrella. Ce qui m’a toujours fait sourire, c’est qu’ils disent umbrella pour parapluie, ce qui se rapproche d’ombrelle en français. Ils choisissent parasol pour ombrelle, ce qui fait sens car on sous-entend qu’on se protège du soleil, mais il faut avouer que ç...

Dec 2020

15 min 19 sec

Spill the Beans, un épisode du podcast A Cup of Tea. https://radio-chateaubriant.com/wp-content/uploads/2020/12/spill-the-Beans.mp3Cette semaine Sandrine Roufenche et Christelle Maubry décryptent pour nous l’expression anglaise Spill the Beans. Un podcast tout frais à écouter avec une tasse de thé ou une pinte de Guiness. Spill the Beans Bonjour bonjour, aujourd’hui, nous avons le plaisir de vous parler d’une expression qui nous a amusées et qui, nous l’espérons, vous plaira également. Allez allez allez, Spill the beans ! J’ai vraiment envie de savoir de quoi on parle aujourd’hui ! Eh bien justement, de ça ! Signification en contexte L’expression du jour, c’est bien Spill the beans, une expression qui a fait couler beaucoup d’encre. Commençons par le commencement : elle signifie que quand vous avez renversé ces fameux haricots métaphoriques, vous avez donné des informations dont le secret devait être maintenu, ou bien des informations privées qui devaient le rester. Et ce, que vous ne l’ayez pas du tout fait exprès ou que ce soit fait sciemment. Si quelqu’un vous dit de surtout ne pas dévoiler telle ou telle information, c’est qu’elle ne veut pas que son secret soit dévoilé. Dans ce cas-là, on utilisera la négation devant tout le groupe verbal et on prononcera le mot Not de façon plus prononcée : If Michonne warns you not to spill the beans, it means she doesn’t want you to tell anyone her secret. Expressions similaires Les expressions similaires à Spill the beans, c’est par exemple let the cat out of the bag, comme dans: Stacy is in a bad mood. If you know why, then let the cat out of the bag and tell me what’s going on. Cette expression très imagée utilise la même direction et le même mouvement que notre expression, car on sort quelque chose d’un contenant et la vérité éclate. On peut aussi trouver spill the works, dans le même sens de révéler un secret ou dévoiler une surprise, comme dans There is a surprise party for Heidi on Wednesday. Please don’t spillthe beans.” “Sorry, I didn’t mean to spill the works. Oh la boulette! Ou alors Give the game away : To make sure he didn’t give the game away I gave him a swift kick in the shin under the table. Personne n’a envie qu’on dévoile un secret ; ici, la personne stresse tellement qu’elle a recours à un coup de pied sous la table pour que son ami ne révèle rien. Et son contraire L’expression opposée vise à conserver l’information importante cachée. On utilisera l’idiome To keep something under one’s hat. Comme dans: Keep this under your hat for now, but Greg is definitely the one getting the promotion. On nous demande de garder l’info sous le coude, et rien ne doit transparaître. L’origine de l’expression L’origine de Spill the beans remontrait à la Grèce Antique ; notez l’utilisation du conditionnel. Il était une fois… Heu, non. Il y a très longtemps, en Grèce Antique, un système de vote a été mis en place. Il consistait à mettre dans des récipients des haricots, de deux couleurs différentes : blanc pour oui et noir pour non. Pendant le vote, le montant de votes de chaque bocal devait rester secret jusqu’à la fin. Mais qu’en est-il d’un accidentel carambolage et qu’un des bocaux se renverse, entraînant dans sa chute les haricots ? Le nombre de haricots révèlerait le nombre de votes. En d’autres termes, l’information qui devait rester secrète serait connue. C’est peut-être de là que provient l’expression. Une autre origine possible serait que pendant l’élection, toujours en Grèce Antique, les candidats plaçaient leurs casques à l’envers et les électeurs plaçaient leurs haricots dans le casque de la personne choisie. Quand l’élection était finie, le nombre de haricots était compté e...

Dec 2020

11 min 9 sec

Ne fais pas ta Marie Typhoïde ! Quand j’ai ouvert le labo en 1989, des témoignages d’anciens m’avaient surpris : la fièvre typhoïde n’était pas une maladie rare dans nos campagnes. Et je pouvais juger de visu certaines redoutables séquelles de cette maladie ! Moi qui étais en quelque sorte un néo rural, mon approche un peu naïve de la nature était remise en cause. https://radio-chateaubriant.com/wp-content/uploads/2020/12/guy-typhoide.mp3Car cette maladie provenait très souvent de l’eau des puits en usage avant l’organisation du système de distribution d’eau.  La vérité qui sort du fond du puits, l’eau cristalline, pure et rafraichissante, extraite des entrailles de notre bonne  vieille terre, loin des miasmes de la vie urbaine. En été, quelle agréable fraîcheur se dégageait de cette profondeur, nos têtes enfantines penchées sur ses margelles… Telles étaient  les images bucoliques que je colportais sans doute, en toute ignorance, en toute illusion. Car le mensonge, la maladie pouvait tout aussi bien jaillir de cette apparente clarté ! Tout au long de notre histoire, les sociétés d’hommes se sont sédentarisées près des points d’eau, quoi de plus évident, ça coule de source. Pas de vie sans eau Plus tard, le sourcier sollicité a indiqué l’endroit où forer. Les fontaines étaient des lieux respectés, voire des lieux Saints. Certaines même étaient parées de vertus thérapeutiques. Et les plus fameuses faisaient l’objet de pèlerinages. Cette sédentarisation, apparue progressivement il y a 10 000 ans, a été rendue possible grâce à l’élevage et à l’agriculture. Elle s’accompagnait du traitement des déchets, plus nombreux par définition. Car quand le chasseur cueilleur parsème son espace naturel de crottes et d’urines, le traitement biologique de ces excreta est aussi rapide qu’efficace. Quelques insectes coprophages, qui se délectent donc de l’excrémentiel, puis une cohorte de bactéries recyclantes opèrent de concert. En quelques heures, si la température est clémente, la place est nette. Mais quand l’homme s’est immobilisé, …organiser la propreté fut une toute autre affaire. Il y eut des villes propres, comme des immondes, des civilisations raffinées, comme d’autres martyrisées par le fécal. Dans notre pays, l’excrément humain a souvent été mal traité, ignoré, caché, voir tabou. Dans les civilisations chinoise et japonaise, l’étron a toujours été considéré comme un engrais précieux, et objet de commerce, au Japon, entre autres.  Chez nous, dans nos campagnes, la selle a longtemps juste été posée à quelques mètres de la maison. Elle-même construite à quelques mètres du puits. Il n’en fallait pas plus à la pluie d’orage, au ruissellement pour faire le joint, à travers les fissures. La boucle était  bouclée, pour l’agent de la typhoïde, qui ne s’attaque qu’à l’homme, mais qui peut résister quelques mois en extérieur. La typhoïde a disparu de nos pays, avec l’arrivée de l’eau courante et les procédés modernes de stérilisation. Au début du XX ième siècle, c’est une toute autre histoire En 1900, une jeune américaine Mary Mallon, commence sa carrière de cuisinière, embauchée dans des familles bourgeoises de l’époque, à New York et sa région. Elle porte la guigne : partout où elle passe, elle sème la maladie, comme d’autres la bonne humeur.  Sur une cinquantaine de malades recensés, cinq en meurent. Les médecins finissent par comprendre qu’elle est porteuse saine du germe de la typhoïde. C’est la première personne reconnue au monde entier comme por...

Dec 2020

7 min 16 sec

A Cup of Tea Cette semaine Sandrine Roufenche et Christelle Maubry décryptent pour nous l’expression anglaise Cool as a Cucumber. Un podcast tout frais à écouter avec une tasse de thé ou une pinte de Guiness. https://radio-chateaubriant.com/wp-content/uploads/2020/11/a-cup-of-tea-.mp3Cool as a Cucumber Bonjour bonjour, aujourd’hui, nous avons le plaisir de vous parler d’une expression qui nous a fait bien rire et qui, nous l’espérons, vous plaira également.  Il s’agit de cool as a cucumber. Je vous rassure, cette expression est communément utilisée quelle que soit la saison, qu’il fasse chaud ou froid. Prenons un exemple: She walked in as cool as a cucumber as if nothing had happened.  Le contexte est posé avec le comme si rien ne s’était passé ; la dame reste imperturbable. Oui, imperturbable, pas littéralement froide comme un concombre. Remarquez, ce pourrait être rigolo. Le synonyme de cool as a cucumber, c’est bien entendu cool, calm and collected. On retrouve dans les deux expressions le même amour de l’allitération en trois C. A noter en passant qu’on ne prononce pas le L dans calm ; on prononce un A long, marquant l’ellipse du L.  On dit bien cool, calm and collected. Mais, on y reviendra plus tard. Première utilisation dans la littérature anglaise Si l’on revient en arrière, on s’aperçoit que la première fois que l’expression a été utilisée, c’est en 1732. On la retrouve en effet dans le poème de John Gay, New Song on New Similes. Nouvelle chanson sur les nouvelles images. Le voici, pour votre plaisir : My passion is as mustard strong ;I sit all sober sad ;Drunk as a piper all day long,Or like a March-hare mad.Round as a hoop the bumpers flow ;I drink, yet can’t forget her ;For, though as drunk as David’s sow,I love her still the better.Pert as a pear-monger I’d be,If Molly were but kind ;Cool as a cucumber could seeThe rest of womankind. Pour le situer, John Gay est né le 30 juin 1685 à Barnstaple, dans le Devon en Angleterre, et mort le 4 décembre 1732 à Londres. C’est un poète et un dramaturge anglais. Il est surtout connu pour avoir écrit le livret de L’Opéra des Gueux, sur une musique de Johann Christoph Pepusch.  Ça vous parle ?  C’est bien ce que je pensais. Le point grammaire du jour Passons à présent au point grammaire du jour, comme d’habitude.  Aujourd’hui, nous allons porter notre attention au comparatif d’égalité trouvé dans l’expression du jour.  Dans as cool as a cucumber, on retrouve la formule grammaticale [as adjectif as article nom]. Ici, on ne fait pas de distinction entre les adjectifs longs et les adjectifs courts.  Le premier as peut se traduire par aussi et le second par que. Bon à savoir, pour la forme négative, les anglais optent plus facilement pour [not so adjectif as] au lieu de [not as adjectif as].  Retenez également que l’on peut remplacer l’adjectif de la formule par un participe passé à valeur d’adjectif (I’m as bored as an unopened book in a library), un adverbe (your cake turned out as lovely as in my memories) ou un adjectif composé (Madonna is as well-known as Michael Jackson). Penchons-nous à présent sur l’histoire de cette expression. Il y a une croyance populaire vieille du XVIIIe siècle qui a été vérifiée par la science dans les années 197o qui disait que lors des grandes chaleurs, les champs de coton étaient l’endroit idéal où se réfugier. En effet, dans les champs, à l’abri des feuilles, il faisait environ 7 à 10 degrés Celsius de moins. Ce qui nous rapproche de la première définition du mot qui est frais, ...

Nov 2020

9 min 25 sec

Le Sang des Lunes. Circé Deslandes est allée à la rencontre de femmes. Elle leur tend son micro et leur donne la parole. Comment pourrais-je oublier mes premières règles dans ce cours de soutien, en cinquième avec mon pantalon ®Cimarron beige clair et cette grosse tache rouge au milieu ? Ça reste un souvenir hyper drôle pour moi… https://radio-chateaubriant.com/wp-content/uploads/2020/11/Le-sang-des-lunes-Circe-Deslandes-.mp3On était hyper fières de se montrer J’étais réglée à l’âge de 12 ans et demi et dans ma classe, j’étais une des dernières. J’avais l’impression d’être une nullité parce que j’étais la dernière de ma classe. Des filles. Tout le monde. Ouais, j’ai ma serviette. On parlait serviette…T’as vu ma première serviette hygiénique ! C’est complètement con. C’est un peu comme comme les hommes qui attendent leur premier poil pour se raser. Puis, une fois qu’ils se rasent, ils en ont ras le bol. Je me souviens, je disais à mes copines ” Ah, je crois que j’ai une tache rouge…. J’ai une tache, j’ai une tache.” Et certaines copines venaient vérifier quoi. Quand je les ai eues pour la première fois. J’ai vite compris que ça me plairait pas sur le long terme. Ça y est, j’étais considérée comme une vraie fille. Mais en fait, ce n’était pas drôle du tout   Je suis allée aux toilettes. J’avais 12 ans, je suis allée aux toilettes. Fin de journée, c’était genre 18 heures et j’ai vu qu’il y avait des petites taches dans ma culotte. J’étais dégoûtée en fait. C’était un secret absolu. Je voulais que personne ne le sache. C’était censé constituer une étape entre…, un passage d’enfant à femme. Je me sentais très enfant. Dans la famille, c’est la tradition d’offrir un cadeau, ma mère offert une Flik-Flak. A chaque fois que j’entends Flik-Flak,  je pense au son qui tombe part terre. Je vois des petits personnages rigolos. Mais je me dis, ça n’a aucun sens, en fait. Je mets ma montre Flik-Flak, Rouge. Sur le coup, j’ai jamais interprétée le truc. Maintenant que je redis l’histoire, c’est quand même très drôle. Un accessoire de gamin qui symbolise le temps qui passe, qui est rouge et qui s’appelle Flik-Flak. Je guettais. J’essayais de comprendre qui les avait, qui les avait pas. Et s’il y avait une autre grosse dégueulasse comme moi, qui les avait tôt, comme ça jeune, complètement seule. J’avais mal…J’avais mal, je me  roulais par terre, je souffrais le martyre. J’ai dû prendre la pilule à 12 ans pour arrêter la douleur. Je les ai eues une première fois en 11 ans et demi, un truc comme ça. Après, j’ai mis plusieurs mois pour revenir. Elles sont revenues un jour que j’attendais comme une folle. J’allais à Eurodisney. Et encore une fois, c’était un décalage total. Quoi ? J’ai peur d’aller à Disneyland. Et en même temps, j’étais une grosse dégueulasse, pleine de sang et qui avait mal. Et qui puait. Je trouvais que je puais….Qu’était pas nette. -C’était une terreur. C’était une terreur générale. J’avais 10 ans. La réaction de ma mère a été complètement…Je pense qu’elle a marqué toute ma vie. D’ailleurs, elle m’a dit “Tu sais, fais attention, maintenant, tu peux avoir des enfants”. Et je dois avouer que à 10 ans et demi, je ne voyais pas bien le rapport. Là, tu vois…. Mais je suis une enfant. Je ne peux pas avoir des enfants, je suis une enfant   -J’étais en gymnastique rythmique sportive, je fais des poutres. Je fais la règle dans les douches. On prend nos douches ensemble. J’avais 9 ans, je prends ma douche. J’ai commencé à pisser le sang. Il faut savoir que l’atavisme familial, que chez nous, on n’a pas des petites règles. On pisse le sang, comme une truie qu’on égorge. Je me déshabille, je vais prendre ma douche et VraAAA… Taches de sang dans les douches. Les meufs ont leurs pieds dedans. Tout le monde baigne dans mes règles. Les meufs me...

Nov 2020

10 min 39 sec

L’homme à l’envers. C’est l’histoire d’un homme qui vivait à l’envers. Plus les années passaient plus il rajeunissait. Oh bien sûr il était née Bébé comme vous et moi mais très vite il était devenue grand…on disait même de lui qu’il était le parent de ses parents et son papa l’appelait mon grand. Il aurait préféré mon chéri mais c’était ainsi et il avait fini par en prendre son parti. https://radio-chateaubriant.com/wp-content/uploads/2020/11/Severine-Fah-Lhomme-a-lenvers-.mp3Quand ce petit grand est devenu un adulte ou ex-enfant Il se rendit compte qu’il était très confiant, il faisait toujours très attention et prenait beaucoup de précautions, il avait conservé en grandissant ses bonnes pratiques d’avant qui avaient fait de lui un grand avant d’être un enfant. Et c’est en prenant conscience de sa capacité à éviter le danger et à toujours se sentir en sécurité qu’il eut l’idée de l’enseigner ; et c’est ainsi qu’il fit le tour des écoles du monde entier pour enseigner comment se préserver et rester toujours en bonne santé : il expliquait comment bien dormir pour permettre à notre corps de se régénérer et se réveiller en pleine forme, il montrait également comment bien se nourrir avec des produits frais et délicieusement cuisinés pour se remplir de vitamines, de minéraux et maintenir la pleine santé, il emmenait même très souvent les gens se promener pour faire de l’exercice et encore mieux s’oxygéner… Bref cet homme avait tout compris bien avant les autres et c’est une chance de pouvoir bénéficier des ses excellents conseils et de les transmettre à son entourage et je me disais que si vous cherchez bien en vous, vous connaissez déjà toutes les bonnes pratiques pour diffuser la pleine santé en vous et autour de vous comme par exemple se reposer, s’hydrater, bien manger, s’oxygéner…et un jour comme ce matin ou cet après-midi ou bien encore ce soir, avant de vous coucher, vous pourriez peut-être compléter ces conseils glanés avec ceux que vous connaissez et peut-être même en inventer ? Imaginez que vous avez la capacité de devenir minuscule Maintenant, Imaginez que vous avez la capacité de devenir minuscule et d’entrer dans votre corps, vous constituez des équipes performantes et joyeuses qui viennent renforcer toutes vos fonctions vitales lorsque cela est nécessaire, d’autres équipes réparent ce qu’il y a réparer et d’autres encore font des tours pour contrôler que vous êtes en bonne santé et chaque équipe termine son travail en dessinant un grand soleil sur chacun de vos organes, partout ou elles passent pour bien montrer qu’en vous règne un excellente et merveilleuse santé qui vous remplit d’énergie, de bonheur, de joie et d’amour. Et pour en revenir à mon histoire, l’homme avait percé le secret de la jeunesse éternelle.Oh je ne peux pas vous le révéler ça non, car vous ne me croiriez pas, il ne s’agit pas là de pilule magique à avaler ou de crème prodigieuse à étaler car le mystère de la longévité nous vient d’une grotte des Pyrénées où un protée tout droit sorti d’une Odyssée à mis au point une formule mathématique ; une formule de jouvence qui permet de vieillir tout en restant jeune car au-delà des apparences, c’est une savante équation des rêves mis au carré qui permet d’atteindre cette ancienne énigme de l’humanité et peut-être pourriez vous en profiter pour démultiplier tous vos rêves et vos souhaits pour vous aussi donner vie à votre remède rajeunissant. L’homme à l’envers et les autres épisodes du podcast Les contes thérapeutiques de Séverine Fäh, chaque semaine sur Radio-Châteaubriant © 2020 Séverine Fäh. Visuel : Emma Gosset L’article

Nov 2020

6 min 23 sec