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Le Crédac (Centre d'art contemporain à Ivry) vous propose des entretiens d'artistes, de chercheurs·ses, des interviews, et des pièces sonores originales

All Episodes

Dans le cadre de l’exposition Derek Jarman - Dead Souls Whisper (1986-1993), le Centre d’art contemporain d’Ivry - le Crédac propose une rencontre entre Elisabeth Lebovici, docteure en esthétique et critique d’art, et Claire Le Restif, commissaire d’exposition et directrice du Centre d’art contemporain d’Ivry - le Crédac, autour de l’œuvre de Derek Jarman. Elisabeth Lebovici (auteure de Ce que le sida m’a fait - Art et activisme à la fin du XXe siècle, ed. JRP, 2017) intervient sur le côté non sublimé des peintures de Derek Jarman et sur la possibilité de trouver dans son travail plastique le répulsif tel que théorisé par Georges Bataille. Elle compare également, pour mieux différencier, les peintures de Derek Jarman à celles de Cy Twombly, de Ana Mendieta et de Sigmar Polke. L’historienne de l’art aborde enfin les questions de la postérité et celle du regard, ou plutôt, d’un aveuglement progressif, telles qu’elles ont pu être pensées par l’artiste britannique décédé des suites du sida en 1994. EXPOSITIONS ET ŒUVRES CITÉES : - Exposition « Derek Jarman: Protest! », Irish Museum of Modern Art, Dublin, 2019. - Derek Jarman et Guy Ford, *Sloane Square: A Room of One's Own*, 1974-1976. S8mm, couleur et noir et blanc, 8min19. - Derek Jarman, *Now we've all been screwed by the cabinet*, 1992. Huile sur toile. - Derek Jarman, *AIDS Blood*, 1992. Huile sur toile. - Derek Jarman, *True Blue*, 1992. Huile sur photocopie sur toile. - Cy Twombly, *Ferragosto III*, 1961. - Cy Twombly, *Wilder Shores of Love*, 1984-1985. - Cy Twombly, *Lepanto VIII*, 2001. Acrylique, craie grasse et graphite sur toile. - Derek Jarman, *Infection*, 1993. Huile sur photocopies sur toile. - Derek Jarman, *Fuck me blind*, 1993. Huile sur toile. - Derek Jarman, *T.B. or not T.B.*, 1990. Huile et techniques mixtes sur toile. - Derek Jarman, *Ataxia - AIDS is fun*, 1993. Huile sur toile. - Derek Jarman, * Tragedy*, 1992. Huile sur photocopie sur toile. - Ana Mendieta, *Body Tracks*, 1982. Captation vidéo d'une performance. - « Martha Wilson à Halifax, 1972–1974 », Centre Pompidou, Paris, 2021. - Derek Jarman, *Sulphur*, 1973.  S8mm, couleur, 16 min. - Mark Morrisroe, *Ramsey (Lake Oswego)*, 1986. - Sigmar Polke, *Mephisto*, 1988. Techniques mixtes sur toile. - Derek Jarman, *Household God III (Wagner)*, 1989. Techniques mixtes. - Sigmar Polke, *The Spirits That Lend Strengh Are Invisible II (Meteor Extraterrestrial Material)*, 1988. Granules de météore et résine synthétique sur toile. - Sigmar Polke, *Athanor*, 1986. Installation, colorant hydrosensible de chlorure de cobalt. - Derek Jarman, *Blue*, 1993. 35mm, couleur, son surround, 74 min. - Zoe Leonard, *Mirrors*, 1990. Série de photographies. - Derek Jarman, *Eyes*, 1986. Huile et techniques mixtes sur toile. BIBLIOGRAPHIE : - Elisabeth Lebovici, *Ce que le sida m'a fait - Art et activisme à la fin du XXe siècle*, JRP Ringier, 2017, 320p. - Catherine Perret, *Le tacite, l'humain - Anthropologie politique de Fernand Deligny*, éd. du Seuil, 2021, pp.94-95. - Derek Jarman, *Chroma*, éd. de l'Eclat, 2019, 256p.

Nov 22

45 min 38 sec

Dans le cadre de l’exposition Derek Jarman – Dead Souls Whisper, le Centre d’art contemporain d’Ivry – le Crédac, organise une série de rencontres ouvertes au public. Claire Le Restif, commissaire de l'exposition et directrice du Crédac reçoit Marco Martella, écrivain, jardinier, et membre de l’Institut européen des jardins et des paysages. Marco Martella dirige depuis 2010 la revue Jardins aux Éditions du Sandre et, désormais, aux éditions Pommes sauvages. En utilisant des hétéronymes, comme Jorn de Précy ou Teodor Ceric, Martella, il a publié Le Jardin perdu (Jorn de Précy, Actes Sud, 2011), Jardins en temps de guerre (Teodor Cerić, Actes Sud, 2014), ou encore Un petit monde, un monde parfait (Poesis, 2018). Claire Le Restif et Marco Martella discutent au fil de cette rencontre du jardin Prospect Cottage dans le Kent, créé et cultivé par Derek Jarman de 1987 à sa mort en 1994. Les deux intervenant·e·s évoquent ainsi les raisons derrière la naissance de ce jardin, et explorent les lectures du jardin comme lieu de mémoire, comme espace de résistance, comme projet esthétique, ou encore comme lieu du soin.

Oct 26

1 hr 8 min

Dans le cadre de l’exposition personnelle de Kapwani Kiwanga, Cima Cima, le Crédac organise une série de tables rondes d’avril à juin 2021. Pour cette TABLE RONDE nº4, Emanuele Coccia, Claire Le Restif et Kapwani Kiwanga s’entretiennent autour de l’exposition de l’artiste au Crédac. Emanuele Coccia est docteur en philosophie et maître de conférences depuis 2011 à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Après des recherches en philosophie médiévale, ses recherches se tournent vers la théorie de l’image et la nature du vivant. Il est l’auteur de La vie des plantes (2017), qui reçoit le Prix des rencontres philosophiques de Monaco, et de Métamorphoses (2020). En 2020, Emanuele Coccia défend le travail de Kapwani Kiwanga en tant que rapporteur lors du Prix Marcel Duchamp, dont l’artiste est lauréate. Pour cette table ronde, les intervenants discutent de chaque pièce présentée dans Cima Cima, ainsi que de certaines œuvres clés précédentes de l’artiste. L’exposition est alors abordée comme un parcours, une proposition de progression vers la liberté, un passage de réenchantement esthétique allant d’installations minimales vers l’irruption de la complexité du vivant, de la couleur et de la beauté. Emanuele Coccia et Claire Le Restif échangent également avec Kapwani Kiwanga sur son rapport à l’archive. En effet, le travail de l’artiste interroge incessamment le caractère immuable qui est souvent attribué aux documents archivistiques et questionne le statut monolithique de l’histoire. L’archive est peut-être alors à être comprise comme un élément animé, instable et périssable pouvant être réactivée ou sombrer dans l’oubli. Enfin, c’est à la place du vivant, puis à la force de vie, que s’intéresse cette discussion. Cette question est au cœur de Cima Cima, notamment à travers la culture du riz Oryza glaberrima et avec les graines de tomate présentes sur les dessins de Noémie Sauve, qui habitent l’exposition.

Jun 22

1 hr 1 min

Dans le cadre de l’exposition personnelle de Kapwani Kiwanga, Cima Cima, le Crédac organise une série de tables rondes d’avril à juin 2021. Pour cette TABLE RONDE nº3, en collaboration avec le journal AOC, nous avons convié l’historienne de l’art Zahia Rahmani à échanger avec Kapwani Kiwanga sur les stratégies de sortie que peuvent proposer certains gestes esthétiques ou plastiques. Sylvain Bourmeau, directeur d'AOC, anime cette rencontre. Cette invitation naît de l’intérêt porté par l’artiste aux recherches développées récemment par Zahia Rahmani, lors du séminaire organisé à l’Institut National d’Histoire de l’Art, intitulé « Paradis perdus : Colonisation des paysages et destruction des éco-antroposystèmes ». Ce séminaire a lieu dans le cadre d’un programme d’une durée de quatre ans, inauguré en 2018. Celui-ci cherche à dépasser le dualisme entre nature et culture et à repenser l’action humaine sur Terre face aux urgences climatiques et écologiques. Les réflexions développées entendent participer à la poursuite d’une histoire environnementale de la colonisation, à l’élaboration d’une histoire environnementale de l’art, tout juste émergente, et au développement des études sur le paysage dans toutes ses dimensions, à l’échelle globale. Zahia Rahmani est aussi à l’origine depuis 2015, d’un recensement et d’une numérisation de revues non-européennes, ou produites en situation diasporique, dans la suite des courants révolutionnaires de la fin du XVIIIe siècle et jusqu’aux mouvements de décolonisation qui ont suivi. Ces recherches collectives, multilingues, décentrées et engagées donnent lieu à l’exposition Sismographie des luttes au Centre Georges Pompidou jusqu’au 28 juin 2021, ainsi qu’au site sismo.inha.fr qui regroupe plus de mille revues aux origines les plus diverses.

Jun 8

54 min 10 sec

Dans le cadre de l’exposition personnelle de Kapwani Kiwanga, « Cima Cima », le Centre d’art contemporain d’Ivry - le Crédac organise une série de tables rondes d’avril à juin 2021. Pour cette TABLE RONDE nº2 nous avons convié Marcos Ávila Forero et Malcom Ferdinand autour de la question « Comment des histoires de domination, en particulier coloniales ou encore comment l’impérialisme, influencent-il des questions d’écologie et d’économie ? » Marcos Ávila Forero, est un artiste franco-colombien. Il a exposé entre autres au Crédac lors de l’exposition « tout le monde » en 2015, et lors de la récente exposition, « La vie des tables » en 2020. Il est lauréat du Prix Ricard en 2019.  Marcos Ávila Forero est l’auteur du documentaire La Luz de las Balas, la Obscuridad del Olvido sur le conflit armé en Colombie avec Léo Raymond. C’est en tant que vice-président de l’association Ciudadanías pour la Paz, qu’il participe à cette deuxième table ronde.  Citoyennetés pour la Paix, est une initiative de Colombiens résidant à l’étranger, en faveur du processus de paix en Colombie et œuvrant directement en collaboration avec les populations paysannes vivant dans les zones de conflits dans ce sens. Malcom Ferdinand, quant à lui, est philosophe, docteur en sciences politiques de l’Université Paris Diderot et chercheur au CNRS. Il est l’auteur d’« Une écologie décoloniale : penser l’écologie depuis le monde caribéen » publié en 2019 aux éditions Seuil, ayant reçu le Prix de la fondation de l’écologie politique. Il y décrit entre autres comment la colonisation et l’imposition du modèle impérialiste dans le monde sont à mettre en rapport direct avec les inégalités sociales, raciales, et la crise environnementale.  Enfin, Kapwani Kiwanga, également présente à cette table ronde est une artiste-chercheuse franco-canadienne. Son travail s’intéresse aux récits dessinant une asymétrie du pouvoir, et à mettre en lumière les témoins parfois inattendus de ces histoires. Photo illustrant cet épisode : « Le Marron Inconnu », détail, statue à Port au Prince, réalisée par Amy Nelson, 2009

May 24

1 hr 10 min

Une série sonore de "Films Intérieurs" par Flora Bouteille & Victor Villafagne À écouter de préférence les yeux clos, dans un lieu calme et sans stimulations supplémentaires. Crédits: Flora Bouteille & Victor Villafagne. Remerciements à Cyprien Chevillard pour ses voix fantômes et à Première Frappe pour leur morceau "Ripples" extraite des Pookie Farceurs. Flora Bouteille (1993) et Victor Villafagne (1995) collaborent sur une série de pièces sonores intitulées "Le Palais Hermétique de la Mémoire". Ces "Films intérieurs" proposent à l’auditeur ou à l’auditrice, des architectures immatérielles fictives, intrigantes et inquiétantes, qui s’esquissent au fur et à mesure de l’écoute. Ces espaces de projection qui accueillent nos souvenirs, notre imaginaire, sont autant d’expériences individuelles à être vécues. Le spectateur, la spectatrice est invité.e à pénétrer dans "Le Palais Hermétique de la Mémoire", à s’y mouvoir, à l’habiter, à se l’approprier. Ponctuée par l’intervention sous la forme d’interrogatoire de Nora Sternfeld (Professeure pour l'éducation artistique à la HFBK Hambourg, commissaire d'exposition et conservatrice), cette balade dystopique, interroge la notion de matérialité en art et propose la création d’espaces mentaux.

Feb 17

43 min 48 sec

Une série sonore de Films Intérieurs par Flora Bouteille & Victor Villafagne À écouter de préférence les yeux clos, dans un lieu calme et sans stimulations supplémentaires. Crédits: Flora Bouteille & Victor Villafagne. Flora Bouteille (1993) et Victor Villafagne (1995) collaborent sur une série de pièces sonores intitulées "Le Palais Hermétique de la Mémoire". Ces Films intérieurs proposent à l’auditeur ou à l’auditrice, des architectures immatérielles fictives, intrigantes et inquiétantes, qui s’esquissent au fur et à mesure de l’écoute. Ces espaces de projection qui accueillent nos souvenirs, notre imaginaire, sont autant d’expériences individuelles à être vécues. Le spectateur, la spectatrice est invité.e à pénétrer dans Le Palais Hermétique de la Mémoire, à s’y mouvoir, à l’habiter, à se l’approprier. La Mausothèque, où mausolée des mots et maux est la première zone du Palais qui sera traversée, donnant un avant-goût de la variété des voix, sons, et espaces qui seront visités. La Mausothèque se situe dans le lobe temporal du Palais et stocke et traite les informations en fonction de leur capacité à affecter celui qui les consulte. Pour cet épisode, Flora Bouteille et Victor Villafagne invitent Nina M.W Queissner, artiste sonore, à diffuser la pièce "Water Monkey" (3:13), ainsi que Première Frappe (Sabine Teyssonneyre, Victor Villafagne, Jeremy Saintout, Flavio Bagnasco) avec la pièce "Cadavre Exquis Covid" (3:30), Flavio Bagnasco avec son "jingle: windows Os réconciliés" ainsi qu’en duo avec Victor pour la pièce "Incidents"(5:56).

Feb 3

46 min 4 sec

Sur une invitation du Crédac, deux artistes de l'exposition collective « La vie des tables » s’entretiennent dans leurs ateliers respectifs. Entretien n°2- Corentin Canesson & Sarah Tritz. Corentin Canesson amorce cet entretien sur la dichotomie « amateur/professionnel » (en référence à l’œuvre d’Ana Jotta présentée dans « La vie des tables » pour inviter Sarah Tritz à évoquer ses influences qui s’étendent au-delà de l’art moderne et contemporain, tels l’art brut, l’art folklorique et populaire, le geste enfantin, et comment elles nourrissent son travail. Elle explicite comment elle tisse un lien entre ces formes en se les appropriant, et souligne son goût pour la liberté et l’insouciance du geste, notamment à travers des œuvres adressées. Ils évoquent également leur rapport à l’expérience curatoriale qu’ils partagent, et le plaisir qu’ils en tirent, ainsi que la dimension politique de leur travail respectif, qui peut être perçue comme non évidente, mais qu’ils soulignent notamment à travers la transmission et l’enseignement, et en regard du contexte actuel.

Jan 15

1 hr 10 min

Sur une invitation du Crédac, deux artistes de l'exposition collective « La vie des tables » s’entretiennent dans leurs ateliers respectifs. Entretien n°1 - Sarah Tritz & Corentin Canesson Sarah Tritz mène ce premier Entretien croisé dans l’atelier de Corentin Canesson au DOC Sarah Tritz interroge Corentin Canesson sur les sources de sa pratique : les raisons qui l’ont amené à s’intéresser à la peinture dès l’enfance, ses influences modernistes (Bram Van Velde, Brice Marden, Alexej von Jawlensky, Pierre Bonnard, James Ensor, Eugène Leroy), et son rapport à l’atelier. Ils évoquent également ensemble la pratique collaborative, notamment à travers la musique et le groupe TNHCH dont fait partie Corentin Canesson, ou son exposition au Crédac, des analogies de gestes et de sujets avec des peintres contemporains (Martin Barré, Nicole Eisenmann, Dana Schutz, Renée Levi, Miriam Cahn, Eric Corne, Benjamin Swaim). Au fil de l’entretien, Sarah Tritz invite Corentin Canesson à réagir à des questions qui habitent sa propre réflexion, tels que le désir qui anime l’acte artistique, l’érotisme, la place des femmes dans l’art.

Jan 6

59 min 47 sec