La Poudre

Lauren Bastide

Au micro de Lauren Bastide, écrivaines, artistes, chercheuses et militantes se racontent et prennent le pouls des luttes féministes et antiracistes contemporaines. Depuis 2016, la journaliste reçoit dans La Poudre des femmes artistes, militantes ou politiques pour des conversations intimes et profondes qui ont passionné de millions d’auditeurices. Ces récits, enrichis de documentaires événementiels, de tables rondes, et d’analyses par les plus grandes expertes des luttes pour les droits des femmes, en France et dans le monde, forment un tableau captivant de la société à l’heure de la révolution #MeToo.

La Poudre was created by journalist and feminist activist Lauren Bastide, co-founder of Nouvelles Ecoutes studio, to offer women a safe space to express themselves. In a one-hour long, in-depth conversation, inspirational women artists, activists, scientists and politics talk about themselves, their path and struggles, but also about the incredible times we are living for women’s rights. Many episodes of La Poudre have been recorded or dubbed into English. Search for the 🇬🇧 !

All Episodes

Dans cet épisode sont évoquées des violences sexuelles. Assurez-vous de l’écouter dans de bonnes conditions. -- Sandrine Rousseau, femme politique, est l’invitée du 103e épisode de La Poudre, troisième volet de la série « Moi aussi, et après ? ». « Moi aussi, et après ? » est une série de huit épisodes pour tendre le micro aux lanceuses d’alerte sur les violences sexuelles dont les prises de parole ont fait et font encore la révolution #MeToo. Qu’elles aient parlé ou écrit, que leur témoignage ait eu des répercussions juridiques ou non, elles ont posé des mots sur ce qui est souvent tu, elles ont dit « moi aussi ». Mais après ? Que ressent-on une fois qu’on a parlé ? Est-ce qu’on se sent plus forte ? Plus vulnérable ? Et surtout est-ce qu’on se sent écoutée, comprise par la société, par la justice, par les médias ? Par l’entourage ? Est-ce que parler répare, ou est-ce qu’on se débrouille ? Résumé de l’épisode : Sandrine Rousseau est une femme politique mobilisée pour l’écologie et les droits des femmes depuis de nombreuses années, comme l’a montré sa récente campagne pour la primaire d’Europe Écologie Les Verts en vue de la prochaine élection présidentielle. Elle est aussi l’une de celles qui ont pris la parole, en 2016, pour dénoncer les agressions sexuelles et harcèlement qu’elles ont subis de la part de Denis Baupin, alors vice-président de l’Assemblée nationale. Avec Lauren Bastide, Sandrine Rousseau s’interroge sur la portée de ce « moi aussi », à la fois déclencheur de violences médiatiques et politiques (5:13), mais également lien de confiance tissé avec de nombreuses femmes (7:10). Née un 8 mars et élevée avec une conscience aiguë des différences de traitement entre filles et garçons (13:40), elle témoigne de l’importance de la colère comme moteur pour son action politique (9:11). Elle revendique une place laissée à l’émotion, une nécessité selon elle pour que la politique soit réellement en lien avec les personnes qu’elle va impacter (11:29). Son expérience personnelle l’a conduite à une profonde réflexion sur la transmission au sein des familles du trauma des violences sexuelles (14:53) et elle constate aujourd’hui la brutalité du retour de bâton face à l’enchaînement des prises de paroles pour y mettre fin (24:30). Un backlash auquel elle a été personnellement confrontée, tant à l’époque de son témoignage contre Denis Baupin (35:00) que lors de sa récente campagne. Mais elle sent aussi les lignes bouger (42:10) et si elle ne voit pas son récit public comme une réparation (48:50), elle nous enjoint tous et toutes à se joindre au combat avec tout l’espoir et la force qui sont les siens.   Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Lauren Bastide, diffusée en exclusivité sur Spotify Générique : Lauren Bastide et Marion Emerit sur un concept original d’Aurore Meyer-Mahieu Musique originale de l’introduction : Jeanne Cherhal Montage et mixage : Marion Emerit Programmation et coordination : Gaïa Marty assistée de Marie Vincent Enregistré au studio NovaSpot Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Nov 18

1 hr 5 min

Dans cet épisode sont évoquées des violences sexuelles intrafamiliales. Assurez-vous de l’écouter dans de bonnes conditions. -- La légendaire championne de basket Paoline Ekambi est l’invitée du 102e épisode de La Poudre, deuxième volet de la série « Moi aussi, et après ? ». « Moi aussi, et après ? » c’est une série de huit épisodes pour tendre le micro aux lanceuses d’alerte sur les violences sexuelles dont les prises de parole ont fait et font encore la révolution #MeToo. Qu’elles aient parlé ou écrit, que leur témoignage ait eu des répercussions juridiques ou non, elles ont posé des mots sur ce qui est souvent tu, elles ont dit « moi aussi ». Mais après ? Que ressent-on une fois qu’on a parlé ? Est-ce qu’on se sent plus forte ? Plus vulnérable ? Et surtout est-ce qu’on se sent écoutée, comprise par la société, par la justice, par les médias ? Par l’entourage ? Est-ce que parler répare, ou est-ce qu’on se débrouille ? Résumé de l’épisode : Paoline Ekambi est une championne de basket au palmarès de légende, une cheffe d’entreprise ayant manœuvré sa reconversion de main de maîtresse, elle est aussi l’une de celles qui ont pris la parole, pour que les violences qu’elles ont subi puissent un jour, peut-être, être épargnées à d’autres. C’est ainsi qu’elle a parlé de l’inceste imposé par son père à l’adolescence (6:02) au micro d’Axelle Jah Njiké dans son podcast Me Myself and I, ainsi que dans L’Équipe en février 2021 (7:56). Elle constate non pas un besoin de libération de la parole, mais bien de l’écoute (6:59), alors que la résistance à l’appréhension des récits d’inceste est un phénomène qui commence tout juste à être reconnu. De son côté, c’est le sport – sas de liberté pour la jeune adolescente qu’elle était (16:29) – qui l’a aidée à se reconstruire. Une bouée de sauvetage et un environnement dans lequel elle avait trouvé les rares appuis qui lui ont permis de survivre (25:54). Excellant dans ses performances sportives comme dans la prévision de sa reconversion, son indépendance était plus qu’une nécessité pour échapper à l’emprise familiale (32:36). Elle réfute ainsi la tendance à réduire les sportif·ve·s à leurs seules performances, rappelant combien ils et elles sont nombreu·ses·x à être confronté·e·s à des enjeux de santé mentale et des traumas (34:29). Elle-même est à présent mieux en mesure de parler de son expérience, après s’être livrée à plusieurs reprises (37:45). Si elle constate que certaines choses semblent évoluer depuis le #MeToo inceste (51:41), elle voudrait aujourd’hui que le rôle des complices soit largement plus pris en compte (53:35) et que les délais de prescription soient abrogés (58:30). Elle travaille sur un projet de livre qui pérenniserait son témoignage et dans lequel elle s’adresse à la petite fille qu’elle a été, comme à de nombreuses autres. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Lauren Bastide, diffusée en exclusivité sur Spotify Générique : Lauren Bastide et Marion Emerit sur un concept original d’Aurore Meyer-Mahieu Musique originale de l’introduction : Jeanne Cherhal Montage et mixage : Marion Emerit Programmation et coordination : Gaïa Marty assistée de Marie Vincent Enregistré au studio NovaSpot Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Nov 4

1 hr 4 min

Dans cet épisode sont évoquées des violences sexuelles. Assurez-vous de l’écouter dans de bonnes conditions. -- L’écrivaine et éditrice Vanessa Springora est l’invitée du 101e épisode de La Poudre. Elle ouvre la série « Moi aussi, et après ? » avec toute la justesse et la nuance de ses mots. « Moi aussi, et après ? » c’est une série de huit épisodes pour tendre le micro aux lanceuses d’alerte sur les violences sexuelles dont les prises de parole ont fait et font encore la révolution #MeToo. Qu’elles aient parlé ou écrit, que leur témoignage ait eu des répercussions juridiques ou non, elles ont posé des mots sur ce qui est souvent tu, elles ont dit « moi aussi ». Mais après ? Que ressent-on une fois qu’on a parlé ? Est-ce qu’on se sent plus forte ? Plus vulnérable ? Et surtout est-ce qu’on se sent écoutée, comprise par la société, par la justice, par les médias ? Par l’entourage ? Est-ce que parler répare, ou est-ce qu’on se débrouille ? Résumé de l’épisode : Vanessa Springora est éditrice depuis des années. Elle est aussi l’autrice du bouleversant ouvrage Le Consentement, un livre dans lequel elle raconte sa rencontre à 14 ans avec Gabriel Matzneff, écrivain de quarante ans son aîné et prédateur étalant ses agissements pédocriminels dans ses romans. Elle y témoigne de la glaçante emprise de cet homme sur l’adolescente qu’elle était et a été surprise par le succès de son livre après tant d’années d’omerta autour de ses agissements pourtant publiés par ailleurs (05:00). Si elle a d’abord tenté de se réapproprier son histoire par la fiction, c’est finalement le récit autobiographique, presque clinique, qu’elle a adopté pour rendre toute la vérité de son expérience (07:49) et laisser la place à ses lecteur·ice·s de se forger leur opinion (10:21). Selon elle, ce récit décrit comme une « libération de la parole » par certain·e·s n’est pas une thérapie (12:40) bien qu’il ait faciliter le dialogue avec ses proches (15:00) : ce qui lui est arrivé, il lui faut vivre avec jusqu’à la fin de sa vie, et les mots couchés sur le papier n’y changeront rien. Pour Vanessa Springora, il s’agissait surtout d’ouvrir un débat, de questionner une période (28:27) et un statut (33:18), celui tout puissant de l’artiste. Déçue de l’accueil de certains médias qui en ont fait un scandale de mœurs (51:20) plutôt qu’une œuvre littéraire portant une profonde interrogation sociétale, elle attendait beaucoup du procès qui n’aura finalement pas lieu à cause d’une anomalie administrative (59:13). Être entendue par la police reste tout de même un moment à la fois incroyablement difficile et incomparable à toute autre écoute de son récit (48:07). Après avoir puisé le courage de se lancer grâce aux récits d’autres personnes victimes (1:03:12), elle souhaite à présent pouvoir continuer à explorer les chemins que la littérature lui ouvre. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Lauren Bastide, diffusée en exclusivité sur Spotify Générique : Lauren Bastide et Marion Emerit sur un concept original d’Aurore Meyer-Mahieu Musique originale de l’introduction : Jeanne Cherhal Montage et mixage : Marion Emerit Programmation et coordination : Gaïa Marty assistée de Marie Vincent Enregistré au studio NovaSpot Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Oct 20

1 hr 10 min

Quatre ans après la vague « Metoo » La Poudre fait le bilan avec celles qui ont fait cette révolution. Lanceuses d’alertes sur les violences sexuelles, certaines se sont inscrites dans ce grand mouvement, d’autres avaient dit « je » il y a bien plus longtemps. Qu’elles aient parlé ou écrit, que leur témoignage ait eu des répercussions juridiques, ou non, elles ont posé des mots sur ce qui est souvent tu, elles ont dit « moi aussi ». Et avec toutes, comme toujours dans La Poudre, on prendra le temps d’échanger longuement et en nuances sur ce geste, le parcours qui y a mené, et les espoirs qui en découlent. Ou pas. Et après ? Que ressent-on, une fois qu’on a parlé ? Est-ce qu’on se sent plus forte ? Plus vulnérable ? Et surtout est-ce qu’on se sent écoutée, comprise par la société, par la justice, par les médias, par l’entourage ? Est-ce que parler répare ou est-ce qu’on se débrouille ? “Moi aussi, et après”, une série exceptionnelle de huit épisodes (ou peut-être plus, on verra!) de La Poudre, à écouter en exclusivité sur Spotify. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Oct 11

1 min 36 sec

Pendant la coupure estivale, Lauren Bastide vous invite à (ré)écouter certains des épisodes les plus marquants de La Poudre 🔥 Aujourd'hui, c’est le mythique entretien avec Léonora Miano qu’on vous renvoie, comme une carte postale. Cet épisode avait clôturé la saison 1 et a durablement marqué La Poudre et même son générique (vous reconnaissez le petit « boum » ? 😉) Dans ce 17e et dernier épisode de La Poudre saison 1, Léonora Miano se livre, au micro de Lauren Bastide, dans une chambre d'hôtel parisienne. Léonora Miano est une autrice française née à Douala, au Cameroun, en 1973. Son dernier roman, « Crépuscule du tourment » (Grasset), est un chef-d’oeuvre en deux tomes qui questionne, à travers les voix de quatre femmes et d’un homme, les questions de la féminité et la masculinité. Léonora Miano quitte le Cameroun pour la France en 1991. Elle y étudie les lettres anglo-américaines à Valenciennes puis à Nanterre. Elle publie son premier roman, « L’intérieur de la nuit », en 2005, récompensé de six prix littéraires. En 2006 son deuxième roman, « Contour d’un jour qui vient », reçoit le prix Goncourt des lycéens. En 2011, l’ensemble de son œuvre est saluée par le Grand prix littéraire d'Afrique noire. En novembre 2013, son roman, « La saison de l’ombre » remporte le prix Femina. Autrice incroyablement prolifique, Léonora Miano a publié 14 romans depuis sa première parution en 2005. Au mois de septembre prochain paraîtra « Marianne et le garçon noir », un recueil de paroles articulées autour des violences policières en France. Au micro de Lauren Bastide, Léonora Miano raconte la recherche de son « genre féminin » dans l’écriture de « Crépuscule du tourment » (04:04), son enfance à Douala (14:10), son amour pour le théâtre qui dépeint des archétypes du genre humain (17:24), ce que signifie « habiter la frontière », et l’hybridité (19:45), les moments de précarité qu’elle a connu en France et le fait de devenir mère à 22 ans (30:01), l’éveil des consciences provoqué par le terme « Afropéen » qu’elle a inventé (37:09), sa lecture d’un passage de « Crépuscule du tourment » (43:00), sa réluctance à définir l’orientation sexuelle des individus (47:15), le problème de représentations qui se joue derrière les cas de violences policières (54:10) et le dernier tabou qui subsiste : la blanchité (01:14:28). La Poudre est une production Nouvelles Écoutes. Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu. Assistante de production : Zisla Tortello. Mixage : Zaki Allal. See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Aug 26

1 hr 29 min

Pendant la coupure estivale, Lauren Bastide vous invite à (ré)écouter certains des épisodes les plus marquants de La Poudre 🔥 Aujourd'hui on (ré)écoute le passionnant épisode avec Maggie Nelson qui nous aide à penser le queer et le rapport des femmes à la violence avec une poésie inégalable. This episode of La Poudre was originally recorded in English. To listen to the undubbed version, click here. L’immense autrice et penseuse Maggie Nelson est l’invitée du 62e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Judith Butler, de violence et d’amour. L’édito de Lauren : C’est drôle, ces derniers jours les bleuets sont apparus parmi les coquelicots et les pissenlits dans la petite prairie qui borde la rivière. Les cueillir et les faire sécher entre les pages 58 et 59. Au fond de l’eau un reflet lapis lazuli attire mon regard. Je plonge ma main dans l’eau. Ramasse l’objet. C’est un morceau de mosaïque, ou peut-être un carreau de piscine. Bleu comme la rivière. Bleu comme les bleuets. Bleu comme un coup sur ma cuisse, comme mon âme les soirs d’été, comme l’encre de mon stylo sur mon carnet. Résumé de l’épisode : Maggie Nelson est née en 1973 à San Francisco où elle a grandit (08:50). Ses parents, amours de jeunesse mariés jeunes, divorcent un an avant que son père ne meurt d’une crise cardiaque. Un drame qui marque son adolescence (17:16) autant que les récits familiaux, dont celui de sa tante Jane, la sœur de sa mère, morte assassinée (25:08). Elle déménage à New York pour faire ses études et y rencontre des figures telles les autrices Eileen Miles et Annie Dillard qui se révèleront très importantes pour l’autrice qu’elle est en train de devenir. Elle publie de la poésie dès 2001 et sort son premier premier essai en 2005, Jane, a Murder où elle se confronte à l’histoire de sa tante qu’elle retrace et explore. À la publication de ce livre, par un concours de circonstance le dossier de l’assassinat de Jane est rouvert. Ce procès sera le thème de son premier roman, Une partie rouge (2009) où son style d’écriture, entre notes très structurées et référencées, autofiction et poésie se déploie déjà brio (14:20). Elle complètera cette trilogie sur le rapport des femmes à la violence par The Art of Cruelty, un essai paru en 2009, en même parallèle de Bluets, un recueil de pensées autour du bleu dans lequel elle dissèque les ressorts de la dépression (37:10). En 2015, elle publie Les Argonautes, un nouveau roman hybride autour de sa grossesse et de la transformation physique de son compagnon Harry (54:36). Ce livre, traduit dans une dizaine de langues met son nom sur le devant de la scène littéraire mondiale. Sa pensée, profondément queer, complexe et limpide à la fois, lui vaut une reconnaissance dans de nombreux pays et un lectorat déjà en attente de son prochain écrit.  Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La voix française de Maggie Nelson est incarnée par Marie Labory, merci à elle. La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-Mahieu Traduction : Céline Leroy Programmation et coordination : Gaïa Marty Prise de son voix française : Charles de Cillia Montage et mixage : Marion Emerit See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Aug 12

1 hr 6 min

Pendant la coupure estivale, Lauren Bastide vous invite à (ré)écouter certains des épisodes les plus marquants de La Poudre 🔥 Aujourd'hui on (ré)écoute le passionnant épisode avec Maggie Nelson qui nous aide à penser le queer et le rapport des femmes à la violence avec une poésie inégalable. Cet épisode de La Poudre est disponible à l’écoute dans une version doublée en français. Cliquez ici pour l’écouter. The incredible author and thinker Maggie Nelson is the guest of the 52nd episode of La Poudre. With Lauren Bastide, they talked about about Judith Butler, violence and love. Lauren’s foreword It’s funny, these past few days, bluets have appeared among poppies and dandelions in the small meadow near the river. I gathered them and put them to dry between the pages 58 and 59. In the river, a lapis lazuli sparkle catches my eye in the water. My hand dives in the water. I take the object. It’s a piece of mosaic, maybe a swimming pool tile. As blue as the river. As blue bluets. As blue as a bruise on my thigh, as my soul on summer evenings, as my pen’s ink on my notebook. Episode summary Maggie Nelson was born in 1973 in San Francisco where she grew up (08:50). Her parents, high-school sweethearts who were married very young, divorced a year before her father’s death from a heart attack. This tragic event, as well as her family’s story – especially her mother’s sister murder – left their mark on her adolescence (17:16). She moved to New York to go to university and met there important litterary figures such as Eileen Miles or Annie Dillard who both influenced and inspired the young writer she was becoming. She started publishing poetry in 2001 and Jane, a Murder, her first essay in which she explored and confronted her aunt’s death, went out in 2005. Coincidentally, the trial on Jane’s death was reopened at the same time. She published her first novel on the subject, The Red Parts, in which her writing style, between very structured notes and references, autofiction and poetry bloomed (14:20). She completed a trilogy on women and violence in 2009 with another essay, The Art of Cruelty, published the same year as Bluets, a collection of thoughts on the colour blue in which she explores depression’s intricacies (37:10). In 2015 she published The Argonauts, a new hybrid novel revolving around her pregnancy and the parallel transformation of her companion, Harry (54:36). This book, published in a dozen foreign languages, puts her at the forefront of world literature. Her sharp, complex and subtle writing and queer thought gives her recognition in many countries and a wide audience already waiting on her next book. Executive Producer : Nouvelles Écoutes  Production and signature tune : Aurore Meyer-Mahieu Production assistant : Gaïa Marty  Editing and mixing : Marion Emerit See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Aug 12

1 hr 5 min

Pendant la coupure estivale, Lauren Bastide vous invite à (ré)écouter certains des épisodes les plus marquants de La Poudre 🔥 Et pour commencer, dans ces temps où la catastrophe écologique est de plus en plus palpable, voici l’interview de la grande militante Vandana Shiva à (re)glisser dans vos oreilles. Diffusée le 19 mars 2020, cette discussion résonne toujours avec autant de force. This episode of La Poudre was originally recorded in English. To listen to the undubbed version, click here. La militante écoféministe Vandana Shiva est l’invitée du 68e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de garder espoir, d’enlever les arbres et désobéir. L’édito de Lauren : Le 21 janvier 2017 j’étais à Washington, pour la Women’s March. Cela a donné l’épisode « La Marche » que j’ai posté le 8 mars 2017. C’est la que j’ai enregistré « We are not afraid of Donald Trump » du générique. J’arrive pas à croire que cela fait déjà trois ans. C’était je pense l’étincelle, la case départ de la révolution féministe que nous sommes en train de vivre. Ce jour là il y a avait un demi-million de femmes dans les rues, de Washington. Et ce jour là j’ai rencontré une femme : Ashley McCray. Cette rencontre a été déterminante pour moi. C’est grâce à elle une j’ai compris que le patriarcat, le colonialisme et le capitalisme étaient les trois facettes d’un même système. Résumé de l’épisode : Vandana Shiva mène depuis près de cinquante ans des combats écologistes et féministes dans le monde. Malgré cette lutte de longue haleine, elle est aussi l’une de celle qui porte le plus la notion d’espoir dans ses discours et ses écrits (02:45). Un espoir qu’elle ne cesse d’affirmer comme essentiel pour éviter le défaitisme : il faut combattre le fatalisme et se servir du temps qu’il reste pour agir, non pour fuir et abandonner la planète (03:29). Née le 5 novembre 1952 à Dehradun (Inde), elle fait des études de physique et de philosophie des sciences, en Inde puis au Canada. Après avoir œuvré contre la construction de gigantesques barrages, ou encore avec le mouvement Chipko (31:16) pour la préservation des forêts dans son pays d’origine, elle agit depuis de nombreuses années pour conserver l’autonomie des paysans sur l’utilisation des semences en se positionnant contre le brevetage des graines (14:17). Elle rappelle ainsi l’importance de garder du recul par rapport aux « avancées technologiques » (11:11) qui doivent rester des outils et donc pouvoir être remis en question. Lorsque cette remise en question n’est plus possible, ou détournée sous couvert de discours paternalistes, elle révèle le néocolonialisme véhiculé par les multinationales de l’agroalimentaire, qu’elle dénonce sans relâche. Si Vandana Shiva porte un combat écologiste, elle s’inscrit aussi dans les luttes féministes, démontrant les liens profonds entre ces problématiques. Elle a d’ailleurs reçu le prix Nobel alternatif en 1993 pour ces engagements conjoints. Elle revendique la valeur des savoirs réputés « féminins » de soin et de sens de la communauté pour servir de guide dans la transition qu’il faut aujourd’hui entreprendre (22:26). Pour cela, l’activiste rappelle aussi le pouvoir de la désobéissance civile, un outil militant utilisé notamment par Extinction Rebellion ces derniers temps (33:24). De son côté, elle ne baisse pas les bras et continue à inspirer les militant·e·s écoféministes à travers le monde. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La voix française de Vandana Shiva est incarnée par Patricia Loison, merci à elle. La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-Mahieu Traduction : Agnès El Kaïm Programmation et coordination : Gaïa Marty Prise de son voix française : Charles de Cillia Montage et mixage : Marion Emerit See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Jul 29

41 min 23 sec

Pendant la coupure estivale, Lauren Bastide vous invite à (ré)écouter certains des épisodes les plus marquants de La Poudre 🔥 Et pour commencer, dans ces temps où la catastrophe écologique est de plus en plus palpable, voici l’interview de la grande militante Vandana Shiva à (re)glisser dans vos oreilles. Diffusée le 19 mars 2020, cette discussion résonne toujours avec autant de force. Cet épisode de La Poudre est disponible à l’écoute dans une version doublée en français. Cliquez ici pour l’écouter. The ecofeminist activist Vandana Shiva is the guest of the 68th episode of La Poudre.With Lauren Bastide, they talked about staying hopeful, hugging trees and disobey. Lauren’s foreword: On the 21st of January 2017, I was in Washington D.C. at the Women’s March. This gave birth to the episode « La Marche », published on the 8th of March 2017. That’s where I recorded the « We are not afraid of Donald Trump » that you can hear in the opening credits. I can’t believe it’s been three years already. It was the spark, the starting point of the feminist revolution we are living today. On that day, half a million women were on the streets in Washington. And on that day, I met one woman : Ashley McCray. This encounter was crucial for me. Thanks to her, I understood that patriarchy, colonialism and capitalism are three sides of the same system. Episode summary: Vandana Shiva has been leading both environmentalist and feminist fights for more than fifty years accross the globe. Despite this long-term endeavor, she is also one of the few carrying the idea of necessary hope in her speeches and writings (02:45). She sees hope as essential to avoid defeatism: we need to fight fatalism and use all the remaining time to act instead of running away and abandoning the planet (03:29). Born on the 5th of November 1952 in Dehradun (India), she studied physics and science philosophy, in both India and Canada. After fighting against gigantic dams construction, or taking part in the Chipko movement for forest preservation in India, she has been working towards peasants’ autonomy in their use of seeds by taking a stance against seed patenting (13:17). She warns us about keeping in perspective the various “technological advances” (11:11) which have to remain mere tools which can be challenged and reassessed. When they cannot be called into question, or their reevaluation is made impossible by paternalist discourses, it reveals the neocolonialist methods of the food-processing industry she condemns relentlessly. If Vandana Shiva has been fighting for the environment, she has also taken part in feminist battles, establihsing the profound link between the two. She has indeed received the Alternative Nobel Prize in 1993 for her activism in these intertwined issues. She reminds and honors the value of “womanly” knowledge regarding care and sense of community to help guide us in the much needed transition (22:26). To reach this goal, she also reminds us of the power of civil disobedience, an activist tool used nowadays by Extinction Rebellion among others (33:24). As for Vandana Shiva, she does not give up and keeps on inspiring ecofeminist activists around the world. Executive Producer : Nouvelles Écoutes  Production and signature tune : Aurore Meyer-Mahieu Production assistant : Gaïa Marty  Editing and mixing : Marion Emerit See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Jul 29

40 min 39 sec

Les philosophes et chercheuses Manon Garcia, Sandra Laugier et Éléonore Lépinard sont les invitées du 100e épisode de La Poudre, enregistré aux Rencontres Philosophiques de Monaco le 18 juin 2021. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé des résistances contre la pensée féministe, beaucoup plus parlé de taches ménagères que prévu, de sexe et de notre ras-le-bol de ne pas être écoutées, bref, elles ont beaucoup parlé des hommes. L’édito de Lauren : Bon en vrai je mens, c’est pas l’épisode 100. Enfin si, c’est l’épisode 100 parce qu’il arrive juste après l’épisode 99. Mais c’est en fait le 139e épisode mis en ligne, parce que pendant les quatre premières saisons, on ne numérotait pas les tables rondes, on les appelait “épisode bonus”. Enfin bref, c’est notre cuisine interne ça vous regarde pas vraiment, mais c’est intéressant parce que le fait que j’appelle cet épisode “l’épisode 100”, ça raconte aussi un peu ce qu’est la pensée féministe. Si si, ça raconte le fait que chaque savoir, chaque décompte, chaque nomination, chaque concept est fondamentalement situé. Chaque nom, chaque chiffre, chaque pensée est complexe, et imbibée de l’identité de celle ou de celui qui en est l’auteur ou l’autrice. Pour résumer, d’un point de vue universaliste cet épisode n’est pas l’épisode 100, mais de mon point de vue à moi – le seul qui compte du coup puisque ce podcast est mon espace et  un peu ma narration –, ben si, en fait, c’est l’épisode 100. Je m’envole un peu là, je suis désolée. J’arrête pas de m’envoler comme ça depuis que je me penche sur la philosophie. C’est fabuleux, la philosophie. C’est presque aussi chouette que la sociologie. C’est pour cela que lorsque Charlotte Casiraghi m’a proposé d’animer une table ronde féministe aux Rencontres Philosophiques de Monaco, bah j’ai sauté de joie. J’ai réuni autour de la table trois penseuses féministes, avec l’idée qu’on allait toutes ensemble réussir à penser des futurs féministes, les futurs féministes, et à décrire ce à quoi pourrait ressembler une société véritablement égalitaire, véritablement juste, véritablement libre. C’est le dernier épisode de la saison 5 de La Poudre. Une saison qui a été riche en savoirs, en complexité et en espoir, et que je vous remercie du fond du cœur d’avoir suivi. Pour continuer de suivre les aventures de La Poudre à la rentrée, je vous invite fort à suivre La Poudre sur les réseaux sociaux, notamment Instagram où on vous tiendra au courant de la suite des événements qui va peut-être vous surprendre. En attendant, place à la philosophie ! Cet épisode est délicieusement long, régalez-vous bien.  Résumé de l’épisode : Alors que depuis plus d’un an, l’incertitude règne en maîtresse et que le climat politique se raidit, comment penser le futur ? Comment opter entre utopie et dystopie ? Lauren Bastide a tendu son micro à trois immenses penseuses pour tenter d’apporter quelques réponses : les philosophes Manon Garcia et Sandra Laugier ainsi que la sociologue Éléonore Lépinard. Ensemble, elles se penchent sur ce que le féminisme peut pour la philosophie et inversement (09:25), mais aussi en quoi il est positif de voir la place qu’il prend dans les disciplines telles que la philosophie dans ces temps où toute une partie des sciences sociales est menacée (19:37). Elles explorent en quoi la pensée du care ou encore l’écoféminisme pourraient apporter des éléments concrets pour penser des politiques publiques plus égalitaires et durables (32:33) mais constatent aussi la présence de nombreux obstacles et résistances contre ces futurs possibles (46:18). Dans le moment historique que nous sommes en train de vivre (50:00), la grande question reste de savoir comment toucher les personnes en position de privilège pour qu’elles se joignent au mouvement (51:29). Si elles oscillent entre optimisme et pessimisme (1:14:05), elles nous offrent ici de nombreuses pistes pour poursuivre le travail amorcé et défricher de nouveaux champs (1:06:45).  Bonne écoute, et continuez Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Jul 15

1 hr 24 min

Clovis Maillet, historien médiéviste et performeur, est l’invité du 99e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, ils ont parlé d’Eugène/Eugénie, de Leslie Feinberg et de Jeanne d’Arc. L’édito de Lauren : Il n’y a pas deux sexes. Non, je vous promets. Que ça soit biologiquement, chromosomiquement ou hormonalement, il est impossible de diviser les humains en deux catégories, il existe tout un spectre qui a été très bien décrit dans les travaux de la chercheuse Anne Fausto-Sterling. Il existe partout, tout le temps et depuis toujours, des personnes intersexes, dont les caractéristiques physiques ou biologiques ne correspondent aux définitions classiques de la masculinité et de la féminité. Ces personnes subissent aujourd’hui, en France, des violences médicales absolument inimaginables tant on s’acharne à vouloir à tout prix les faire rentrer dans les cases de la binarité de genre. Je vous renvoie au merveilleux documentaire de mon ami Océan, En Infiltré·e·s, dans lequel il a longuement échangé avec Mö, une personne intersexe en lutte contre le système médical qui a bousillé sa santé et son identité. Je vous renvoie aussi au site du Collectif Intersexes et Allié·e·s qui fait un travail colossal d’accompagnement et de transmission sur ces questions si invisibles dans le débat public. Figurez-vous qu’au Moyen Âge, ces personnes qu’on appelait hermaphrodites sont parfaitement reconnues et nommées, et personne ne songe à les forcer à rentrer dans l’une des deux catégories de sexe. Au Moyen Âge, il y a trois sexes. C’est l’une des découvertes réjouissantes et déterminantes que j’ai faite en lisant le livre Les Genres fluides de mon invité Clovis Maillet, historien médiéviste que j’ai eu la chance de recevoir sur la scène du Carreau du Temple.  Résumé de l’épisode : Clovis Maillet est historien médiéviste et l’auteur du révolutionnaire Les Genres fluides, de Jeanne d’Arc aux saintes trans, un essai qui explore les formes de transidentités au Moyen Âge. Refusé aux Beaux Arts, il a trouvé sa voix en études d’histoire (07:04), un domaine qui l’a vite passionné et en particulier l’histoire médiévale qu’il connaissait mal avant d’y plonger tête la première. Autant intéressé par l’histoire en elle-même que par la façon dont on l’écrit, il défend l’importance de l’analyse des personnes concerné·e·s qui vont décrypter différemment les sources, sensibles à des éléments invisibles pour d’autres (14:20). C’est son projet aujourd’hui, aux côtés d’autres chercheur·euse·s, d’approfondir les recherches historiques sur les transidentités, à l’instar de la démarche de Michelle Perrot – entre autres –, pour l’histoire des femmes. Les personnes trans ont en effet souvent été effacées de l’histoire ou invisibilisées, même si Clovis Maillet met en garde contre les politiques de la visibilité et leur effet sur les figures mises en lumière (21:25). Pour ses propres recherches sur les saint·e·s trans au Moyen Âge, il a particulièrement travaillé à remettre en série et nommer les parcours des ces personnes (25:39). L’enjeu était grand de trouver des termes qui ne trahiraient pas les significations de l’époque mais pourraient également prendre tout leur sens aujourd’hui (35:24). Il s’est aussi penché sur la figure paradoxale de Jeanne d’Arc (38:57), à la fois sainte catholique et héroïne anticléricale. Ce cas complexe en termes de genre ne cesse d’ailleurs de l’étonner, tant il aurait été plus facile, pour tous les bords tentant de s’approprier ce personnage de choisir des égéries plus lisses (42:00). Immergé dans les échelles de valeurs médiévales qui, bien que patriarcales, prête par exemple plus attention à l’abstinence ou non qu’à l’appartenance à un genre (1:00:65), Clovis Maillet entend bien poursuivre ses explorations et continuer de braquer le projecteur sur l’histoire des transidentités. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Jul 1

1 hr 6 min

La brillante chercheuse, autrice et performeuse Wendy Delorme est l’invitée du 98e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Rosa, de Raphaël, de Grâce et de Louise. L’édito de Lauren : Il existe un art féministe d’écrire le passé et le futur. Dans l’épisode précédent j’évoquais avec Geneviève Brisac l’Orlando de Virginia Woolf et ce·tte voyageur·euse du temps qui préfigure presque les transidentités contemporaines. Et puis il y a Herland, d’une de mes idoles, Charlotte Perkins Gilman, qui imaginait au tout début du XXe siècle le fonctionnement d’une société entièrement exemptée d’hommes. Dans La Parabole du semeur, Octavia Butler imagine en 1993 la société américaine de 2025. Une société de violence et de chaos que seule peut sauver l’empathie. Et puis il y a bien sûr La Servante écarlate, de Margaret Atwood, que j’ai eu la chance de recevoir dans La Poudre, une étrange et inquiétante prévisualisation de l’Amérique trumpiste. Toutes ces autrices féministes ont pour point commun de puiser dans le présent les éléments qui nous démontrent où nous conduirait le pire, mais aussi où se situe l’espoir. Et c’est exactement ce que fait, dans Viendra le temps du feu, Wendy Delorme. Wendy Delorme était bien là, bien présente sur la scène du Carreau du Temple ce soir-là. Pour la première rencontre de La Poudre en présentiel depuis longtemps. Parce que les livres c’est bien, mais les corps, je crois, c’est encore mieux. Résumé de l’épisode : Wendy Delorme est docteure en sciences de l’information et de la communication, enseignante, autrice de grand talent et performeuse, autant de cordes à son arc qui nourrissent toute son œuvre. Son dernier roman, Viendra le temps du feu, mêle des événements réels à un futur potentiel, dans un élan visionnaire qui résonne avec la démarche de Margaret Atwood et sa Servante écarlate (12:35). Dans ce texte, c’est aussi Monique Wittig que l’écrivaine convoque (14:04), une autrice qui a marqué son parcours de sa langue romanesque à la puissance symbolique sans pareille (16:30). L’écriture tient un rôle important dans la vie de Wendy Delorme, et ce depuis son enfance, lorsque sa grand-mère envoyait ses poèmes de petite fille à des maisons d’édition (25:52). La force qu’elle tire de cette transmission, elle la trouve aussi chez ses aînées choisies, les militantes lesbiennes qu’elle a rencontré dès les débuts de son engagement politique, alors qu’elle découvrait l’ampleur du champ féministe (28:47). C’est en écrivant sa thèse qu’elle s’est profondément ancrée dans cette mémoire, en se plongeant dans l’histoire des mouvements LGBTQI+ (31:13). Docteure et performeuse, autrice et enseignante, elle passe du monde de l’intellect à celui du corps sans voir ni opposition ni barrière entre eux, contrairement à la tradition française qui voudrait les garder bien séparés (34:16). Elle défend ainsi le droit pour chacun·e à disposer de son corps comme iel l’entend, tissant des liens indiscutables entre divers enjeux féministes (38:07). Elle-même interroge son propre corps, et comment la façon dont sa forme de féminité et la manière dont elle est perçue viennent interagir avec son discours politique (42:58). Un discours qu’elle avait mis en veille pendant les premières années de sa parentalité, sidérée par la violence de la Manif’ pour tous (49:46), mais qu’elle porte haut à nouveau aujourd’hui, renforcée par le pouvoir de la sororité (57:00). Membre d’un collectif d’écriture, RER Q (18:09), elle mesure la valeur de l’écriture à plusieurs mains, plusieurs cœurs et si cette sororité reste indissociable de la non-mixité, il n’y a aucun doute sur le fait que pour elle, le futur s’écrit au féminin pluriel (59:30). Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit See Privacy Policy at https://art19.com/privacy an Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Jun 17

1 hr 5 min

Geneviève Brisac, écrivaine poignante, savante et immense lectrice de Virginia Woolf est l’invitée du 97e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Virginia, de génie et de folie. L’édito de Lauren : Je ne sais pas si je vous ai dit combien j’aimais le Carreau du Temple, son équipe, ce lieu, les idées qui y circulent. Le cycle de rencontres « Parole aux savant·e·s » aurait dû avoir lieu sur la scène de son auditorium, mais bon ça s’est passé surtout sur Zoom. Mais même sur Zoom, on pouvait sentir la bienveillance et la passion du Carreau derrière ces rencontres. Donc vraiment je voulais encore leur dire merci. En mars, je me souviens, j’étais un peu au bout du rouleau à cause des confinements successifs et puis du reste. Pour la rencontre prévue le 8 mars, j’ai eu vraiment envie de me faire un cadeau et de vous faire un cadeau en parlant de ma personne préférée dans toute l’histoire du féminisme : Virginia Woolf. Et je l’ai fait avec une femme aussi érudite que bienveillante : Geneviève Brisac. Et c’était fabuleux. En réécoutant cet épisode, je retrouve la joie que je cherchais à convoquer ce soir-là. Mission, donc, accomplie. Les rencontres au Carreau peuvent reprendre en présentiel ce mois-ci, donc joie, joie et encore joie.  Résumé de l’épisode : Geneviève Brisac est une autrice prolifique à l’écriture merveilleuse qui depuis toujours rend hommage aux nombreuses écrivaines et artistes dont le travail l’accompagne. Virginia Woolf est l’une de ces figures, peut-être la plus centrale. Geneviève Brisac admire ainsi sa capacité à dire vrai sur elle-même (09:37), à se livrer sans fard, dans tous les états de son être et jusque dans les replis de sa folie, à laquelle elle assimile la maladie (10:57). C’est d’ailleurs dans la maladie que Geneviève Brisac s’en est fait une compagne de route (13:43). Une compagne qui apporte souvent de la combativité et de l’espoir, même si, comme Sylvia Plath, elle a fini par le perdre elle-même (15:53). Dans ses journaux, l’écrivaine britannique se livre toute entière, à commencer par la relation complexe qu’elle entretient avec sa mère et l’admiration qu’elle lui voue malgré son incapacité à se conformer au modèle d’ange du foyer qu’elle lui renvoie (28:33). Elle évoque également son quotidien à Bloomsbury, entourée de sa sœur, son frère et des amis de ce dernier, petit groupe au cœur de l’effervescence intellectuelle de l’époque (31:13). Une expérience de remise en question des normes de genre et des relations qui pourrait aisément trouver son parallèle dans le bouillonnement de mai 68. Bien qu’elle soit parfois renvoyée à sa position aristocratique, pour Geneviève Brisac Virginia Woolf est une figure transgressive, qui avait choisi un quotidien bien loin des carcans de sa classe et de son genre, ou qui cherchait par exemple à construire une relation de couple égalitaire (36:30). Les réflexions qu’elle menait avec son entourage font ainsi écho bien après son temps, comme lors de la redécouverte d’« Une Chambre à soi » dans les années 1970 (43:01). Sa lectrice fidèle constate à quel point la guerre a balayé toutes ces avancées, les effaçant de l’histoire (39:02). Le suicide de l'écrivaine est d’ailleurs éminemment politique selon Geneviève Brisac (1:03:25), lié à son découragement face à la violence. Ses textes, qui sont parfois ardus mais valent toujours le travail entrepris pour les appréhender (59:00) résonnent fort avec les réflexions actuelles des mouvements féministes (1:06:00). Et si vous hésitez encore à aller à sa rencontre, les mots émouvants de Geneviève Brisac sur l’œuvre magistrale de Virginia Woolf et sur tous les mystères qu’elle recèle encore (1:12:18) ne peuvent que finir de vous convaincre. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit See Privacy Policy at htt Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Jun 3

1 hr 15 min

Fatima Ouassak, passionnante autrice et politologue est l’invitée du 96e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé d’esprit critique, des folles de Mai et de désenfantisation. L’édito de Lauren : Je vous parle régulièrement de la joie que je peux éprouver quand je découvre une pensée qui retourne ma façon de voir le monde. La pensée de Fatima Ouassak fait partie de celles-ci. La lecture de son livre « La Puissance des mères » a déclenché en moi des émotions très fortes lorsque je l’ai ouvert pour la première fois l’été dernier. Elle reprend des constats que je connaissais : les violences qui s’exercent contre les jeunes dans les quartiers populaires, le mépris institutionnel contre les actions politiques issues de ces quartiers, la violence contre les femmes musulmanes dans l’espace public et dans les écoles, la confiscation de la pensée écologiste par une classe blanche et aisée. Mais son tour de force c’est de relier tout ça en un seul projet politique : la mobilisation des mères. Elle porte une véritable stratégie révolutionnaire. Une stratégie dont elle préconise l’application dès aujourd’hui à l’échelon local. Et vous savez ce que ça fait ? Ça donne de l’espoir, et c’est bon. En mai, le Front de mères organise le Front de mai, un mois de rencontres et d’ateliers pour imposer dans l’espace politique les enjeux de protection des enfants contre les violences et les injustices. Fatima Ouassak prépare d’autres projets, à l’entrecroisement des luttes antiracistes, féministes et écologistes. Un conseil : suivez-là ! Résumé de l’épisode : Fatima Ouassak est politologue et autrice. Elle est aussi militante, depuis de nombreuses années, dans les luttes antiracistes, féministes et aujourd’hui écologistes. Elle est l’autrice du formidable essai « La Puissance des mères », rendant aux mères mobilisées pour l’avenir de leurs enfants toute la puissance politique de leur engagement, à l’intersection de tous ces combats. Fatima Ouassak a grandi à Lille et malgré l’inégalité du système scolaire, elle souligne la croyance placée en l’école par ses parents (16:05). Une voie d’émancipation qui favorisait à son époque l’esprit critique, une qualité qu’elle ne retrouve plus aujourd’hui dans l’enseignement prodigué à ses propres enfants (20:57). Elle souligne néanmoins la volonté continue des institutions de gommer les traces des héritages de certaines familles immigrées ou descendantes de l'immigration postcoloniale, privant les enfants des racines nécessaires à leur construction (26:05). En regard de cette manifestation limpide du racisme institutionnel, Fatima Ouassak salue la force de résistance des parents qui ne cèdent pas face à cette pression. Une force qu’elle a pu constater autant dans son enfance que dans ses engagements en tant que mère aux côtés d’autres parents. L’expérience de la maternité a en effet été un tournant dans sa lutte militante, modifiant sa vision stratégique pour viser des victoires pouvant avoir un réel impact sur la vie de ses enfants (32:57). C’est ainsi qu’elle s’est notamment reconnue dans les combats écologistes qui répondent aux enjeux concrets d’amélioration de leurs quotidiens. Cofondatrice du Front de mères – un syndicat de parents des quartiers populaires luttant pour protéger leurs enfants au niveau local –, elle tire de la force de celles qui, comme elles, ont porté des combats politiques dans l’espace public en tant que mères, comme les folles de la place Vendôme en 1984 (37:49). Avec le Front de mères, Fatima Ouassak tente de faire reconnaître combien le système discriminatoire et raciste en place désenfantise les jeunes générations des quartiers populaires (45:50). Elle appelle à construire des projets politiques communs pour démonter ces pratiques et bâtir un futur plus égalitaire.  Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordi Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

May 20

1 hr 3 min

La réalisatrice prodige Maïmouna Doucouré est l’invitée du 95e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Maman(s), de Mignonnes et de Netflix. L’édito de Lauren : C’est fou que La Poudre se soit aussitôt placée sous le marrainage des femmes du cinéma. Parmi mes toutes premières invitées, celles qui ont échangé avec moi dès 2016, avant même que le podcast soit en ligne, il y avait les réalisatrices Rebecca Zlotowski et Houda Benyamina. Deux femmes qui m’impressionnaient par leur capacité à se créer un nom aux côtés de tant d’hommes. C’est fou parce que c’est par le cinéma que la révolution féministe que nous vivons aujourd’hui s’est déclenchée. En 2017, les femmes d’Hollywood ont dénoncé haut et fort le sexisme de leur industrie et depuis, l’histoire du féminisme est jalonnée de prises de paroles par des femmes du cinéma qui constituent de grands tournants. Comme un bilan, le livre La Poudre Tome 2, Féminismes et cinéma, rassemble les voix engagées du cinéma qui sont passées à mon micro ces quatre dernières saisons. Aïssa Maïga, Iris Brey, Alice Diop, Julie Gayet, Fanny Herrero, Céline Sallette, Déborah Lukumuena et les autres… toutes ont fait bouger les lignes. Pas seulement dans leur milieu, mais dans la société toute entière. Cet ouvrage dont je suis super fière sera en librairie le 19 mai, mais il est déjà disponible en précommande. Et pour en marquer la sortie, j’ai voulu inviter dans La Poudre l’une des réalisatrices les plus talentueuses du moment. Une femme qui reprend le flambeau de ces combats contre le sexisme et le racisme au cinéma. Une femme qui raconte des histoires et qui crée des images qui changent le monde. Résumé de l’épisode : Maïmouna Doucouré est la réalisatrice internationalement reconnue de Maman(s) et de Mignonnes. Pour elle, aucun doute : le cinéma a le pouvoir de changer le monde en nourrissant les imaginaires (06:23). Après une enfance dans le 19e arrondissement de Paris, elle démarre des études de biologie, fait un petit détour par le théâtre puis se lance sans filet dans la réalisation, grâce à un concours qu’elle remporte sur la base de son scénario (24:35). Dans ce premier court-métrage, elle filme déjà à hauteur d’enfant, un trait que l’on retrouve dans la suite de son parcours. Son second court-métrage, Maman(s), remporte le César du court-métrage en 2017, ex aequo avec Alice Diop, et sera sélectionné dans plus de 200 festivals dans le monde. Le féminisme qui infuse son œuvre n’est selon elle pas une histoire de choix (08:44). En observant la condition des femmes autour d’elle, dans sa famille comme dans la société – ou même dans les histoires de princesses passives qui lui étaient proposées dans la fiction –, impossible pour elle de ne pas combattre le statu quo (10:12) et hors de question d’encaisser sans broncher. Elle nourrit son cinéma de tout ce qu’elle aimerait pouvoir dire à son entourage et transcende ses souhaits de rébellion grâce à sa caméra. C’est aux États-Unis surtout qu’elle trouve soutien et accompagnement (47:32). C’est toutefois aussi là-bas qu’éclate la polémique autour de son premier long-métrage, l’acclamé et récompensé Mignonnes, suite à un choix de marketing problématique de Netflix – la plateforme ayant annoncé le film avec une image prenant à revers tout le propos du projet (40:58). Mignonnes est pourtant une création sensible et nuancée, s’attaquant à l’hypersexualisation des petites filles dans nos sociétés, un sujet que Maïmouna Doucouré a porté en ayant également sa propre fille en tête, née au tout début du tournage (51:52). Sa réalisation puissante et porteuse d’images renouvelant profondément les représentations promet encore de prochains grands films qu’on a hâte de découvrir dans les salles obscures.   Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

May 6

59 min 11 sec

Cloé Korman, écrivaine de la nuance et de la profondeur, est l’invitée du 94e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de la Muette, de Bobigny et de Marseille. L’édito de Lauren : Depuis trois ans, les actes antisémites flambent partout en France. On profane des cimetières, des symboles à la mémoire de Simone Veil ou d’Ilan Halimi. On révèle la présence de groupuscules néo-nazis, notamment au sein de l’armée française. On insulte. On caricature. On tue. La haine des juifs et des juives s’exprime partout, tout le temps, de façon décomplexée, il y a encore quelques jours sous forme de graffitis sur la façade de Sciences Po Paris. La rabbine et brillante essayiste Delphine Horvilleur le dénonçait déjà il y a deux ans dans l’épisode 46 de La Poudre que je vous invite à réécouter. Récemment, sur Radio Classique, elle disait : « La montée de la haine antisémite est un prélude à une haine qui va frapper tout le monde. Il est urgent de lutter contre la dissociation qui s’opère souvent dans l’espace publique entre l’antisémitisme et les autres formes de racisme. Car l’antisémitisme est un racisme. » Et c’est ce rappel salutaire qu’est venue faire l’écrivaine Cloé Korman dans son essai « Tu ressembles à une juive » paru en 2020. C’est aussi une romancière bouleversante. Je suis encore éblouie par les éclats de lumière de « Midi », dont je vous recommande chaudement la lecture. Et je suis très honorée de la recevoir dans La Poudre aujourd’hui. Résumé de l’épisode : Cloé Korman est l’autrice de plusieurs romans et de l’essai « Tu ressembles à une juive » paru il y a un peu plus d’un an (10:47). Dans cet ouvrage dont l’intention est toujours autant d’actualité, elle décrypte en quoi l’antisémitisme est une forme de racisme ainsi que les liens étroits entre ces différentes manifestations des discriminations et des haines (16:14). Elle rappelle l’ancrage de l’antisémitisme dans la société française (18:22) et la reconnaissance encore partielle et tardive de la responsabilité de l’état français dans la déportation des personnes juives. Le refus de faire face à cette partie de notre histoire prend pour elle des formes très concrètes, comme la cité de la Muette qui, de camp d’internement au cœur de la politique de déportation de la France, est devenu lieu d’habitation pour des populations précaires où le racisme étatique s’exprime encore (22:09). Ayant grandi à Boulogne-Billancourt, elle est plongée très jeune dans l’engagement politique de ses parents et témoigne de l’incrédulité qui régit les rapports de sa famille à l’état. Une méfiance vis-à-vis des institutions qui la pousse sans cesse à remettre en question les discours officiels (28:10). La langue est un outil qui lui est cher et les mots ont pour elle une substance concrète qui peut autant la réjouir que la blesser. C’est parce qu’elle est sensible à toute leur portée qu’elle cultive la nuance dans la façon de les brandir (32:21). Elle s’en empare d’ailleurs dans ses romans pour raconter des histoires pleines d’ombre et de lumière, une complexité qui touche autant aux espaces urbains qu’aux rapports sociaux. De son passage par les États-Unis, elle a retiré une capacité à témoigner des rapports de domination sans rendre les mots responsables des situations qu’ils décrivent. Si elle n’hésite pas à prendre la plume pour exprimer ses positions politiques dans des tribunes (05:05), elle aimerait aussi avoir la même liberté que les groupes dominants de parfois laisser sur le bord de la route la colère crée par les discriminations pour avoir le loisir de créer sans limite et sans assignation (48:17). Son écriture qui cherche à galvaniser sans céder à la simplification est un remède puissant aux maux d’aujourd’hui dont on ne peut que vous recommander la lecture. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Apr 22

1 hr 8 min

La journaliste et autrice Victoire Tuaillon est l’invitée du 93e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Barbe bleue, de chèvres et de révolution romantique. L’édito de Lauren : J’ai l’impression qu’en ce moment on a toutes et tous beaucoup, vraiment beaucoup, besoin d’amour. Mais d’un amour qui ne ferait pas mal. D’un amour moderne, libre, politique, qui permettrait à chacun et chacune de s’épanouir comme iel l’entend. De sortir des schémas de genre. De se libérer des injonctions à la sexualité, à la reproduction, aux balivernes des contes de fées. Bref, on rêve tous et toutes d’un amour féministe et c’est compliqué. C’est pourquoi je suis extrêmement reconnaissante à ma consœur, Victoire Tuaillon, du studio Binge, d’avoir conçu un podcast entièrement dédié au sujet : « Le Cœur sur la table ». Et comme c’est un sujet important, j’ai eu envie de l’inviter à mon micro pour faire un petit tour d’horizon. C’était au début du printemps, on était à l’opéra de Lyon dans le cadre du festival « Femmes libres ? » et ça m’a fait du bien.  Résumé de l’épisode : Victoire Tuaillon est journaliste, autrice et la créatrice du podcast culte « Les Couilles sur la table » et du récent « Le Cœur sur la table » qui se penche sur le vaste sujet de l’amour dans toute sa complexité. Dans cet épisode enregistré dans le cadre du festival « Femmes libres ? » organisé par l’Opéra de Lyon et dans lequel plusieurs pièces mettent en scène la figure violente de Barbe Bleue, elle déploie au micro de Lauren Bastide les liens entre nos vécus de l’amour et ses représentations (05:00). Les contes de fées et autres tropes de l’amour romantique construisent nos attendus mais génèrent aussi des zones d’ombres dans nos visions des relations amoureuses (07:58). Que se passent-ils après « et ils eurent beaucoup d’enfants » ? À quoi ressemble une relation qui dure, ou qui ne respecterait pas ces codes ? (11:50) C’est sur ces questions essentielles pour repenser nos relations hors des schémas patriarcaux que se penche Victoire Tuaillon. Elle détricote le couple, ou tout du moins sa base politique et religieuse (13:24), s’appuyant sur les écrits de nombreuses penseuses féministes qui toutes, au travers des époques, se sont attaquées à ce sujet relationnel, si central dans nos vies (17:23). Pour Victoire Tuaillon, il est temps de mener une grande révolution romantique intersectionnelle, pour reprendre la formulation de Costanza Spina, et de délier définitivement amour et violence (22:41). Elle propose de plonger tête la première dans la zone grise, en explorer ses recoins et enfin éclairer les rapports de pouvoir qui sous-tendent nos relations, pour mieux pouvoir les reconstruire sur des bases saines, en toute lucidité (32:35). Au-delà de sauver l’amour romantique, elle souhaite qu’on puisse rendre leurs lettres de noblesse à toutes les formes d’amour, dans leurs aspects les plus concrets, qu’on reconnaisse à nouveau les gestes aimants pour ce qu’ils sont, dans le cadre de la famille, celui de l’amitié ou des relations amoureuses (35:20). Elle invite également à repenser l’amour propre, à même commencer par apprendre à s’aimer pour pouvoir mieux aimer les autres et à se défaire des petites voix patriarcales qui abîment nos rapports aux autres et à nous-mêmes (48:15). Si la révolution est en cours, pour elle l’amour est ainsi l’un des hauts lieux de notre résistance politique (01:01:40). Merci à l’Opéra de Lyon et à son festival « Femmes Libres ? » d’avoir rendu cet enregistrement possible. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Apr 8

1 hr 5 min

Kaoutar Harchi, brillante autrice, sociologue et chercheuse, est l’invitée du 92e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé d’identité, de reconnaissance et de fémonationalisme. L’édito de Lauren : Je vous parle d’un jeudi où l’on attend une annonce gouvernementale qui nous dira ce qu’on a le droit de faire ou de pas faire le soir et le week-end. Comme la plupart des françaises et des français, je suis partagée entre la résignation et la rage. Le fatalisme et l’inquiétude. À cause de ça, de ces informations fluctuantes, flippantes, sur la pandémie qui décime nos aîné·e·s et nos proches les plus fragiles depuis bientôt un an, j’avoue que je consulte un peu moins les médias qu’avant. Moi qui vis sous perfusion d’infos depuis plus de vingt-cinq ans, j’ai remplacé les flash radios du matin par des playlists, désinstallé les réseaux sociaux de mon téléphone et rationnalisé ma consultation des sites de médias auxquels je reste abonnée. Ce qui ne m’empêche pas d’entendre monter une petite musique de plus en plus angoissante. Rien que là, cette semaine, les attaques contre Assa Traoré se sont multipliées, Médiapart a révélé un courant néo-nazi au sein de l’armée française, la loi sécurité globale s’apprête à passer au Sénat, donnant des pouvoirs colossaux à la police et cerise sur le gâteau, Manuel Valls annonce qu’il fera son retour en 2022. Bref, pendant qu’on cause – ou qu’on ne cause pas –, du Covid 19, le racisme d’état continue sur sa lancée. Heureusement mon invitée, la sociologue Kaoutar Harchi, reste elle pleinement connectée à l’actualité, pleinement ancrée dans le présent, vivement consciente des enjeux du moment et de la nécessité de porter haut et fort, partout où elle le pourra, la pensée féministe intersectionnelle.  Résumé de l’épisode : Kaoutar Harchi est sociologue et autrice. Ses écrits voyagent de la fiction à la tribune et dans la période actuelle, face aux rhétoriques de l’extrême-droite (05:35) et à l’islamophobie qui gagnent du terrain (07:33) elle use de sa plume lumineuse pour mener des combats féministes intersectionnels. Préoccupée par la nette différence entre les mobilisations contre le projet de loi sécurité globale et celui sur les séparatismes, elle note cependant l’espoir apporté par les grandes mobilisations antiracistes récentes (08:50). La violence de la réponse institutionnelle et gouvernementale est, selon elle, le signe que ce rapport de force ébranle enfin le statu quo (11:54). Née à Strasbourg (20:35), elle quitte cette ville dès qu’elle le peut, jonglant avec la complexité de ce départ grâce à l’acte aussi gratuit que nécessaire de l’écriture (21:44). Acte coûteux pour elle, par certains côtés (24:52) mais qui lui permet de déployer ses réflexions sur de nombreux terrains, littéraires comme théoriques, analysant le social au travers d’un prisme artistique (15:45). Pour sa part, elle souhaiterait pouvoir un jour se passer des catégories qui lui font porter la notion d’intersectionnalité haut et fort, et brûler pour de bon les carcans qui voudraient la cantonner à des espaces historiquement liés à la déshumanisation (28:40). Elle refuse le miroir aux alouettes de l’exceptionnalité (41:40), combat les preuves d’allégeance demandées par les structures de pouvoir en place pour accorder leur reconnaissance (38:00) et propose au contraire un combat commun contre les systèmes de domination où personne ne serait laissé sur le carreau. Autrice d’un bel article sur le fémonationalisme (51:02), elle met en garde contre l’utilisation fallacieuse de certaines luttes pour s’attaquer à d’autres et la force de ses écrits est un phare dans le brouillard sombre qui nous entoure ces derniers temps. Merci à toute l’équipe du Carreau du Temple pour leur accueil et pour avoir rendu cet épisode possible. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Mar 25

56 min 48 sec

Les journalistes et autrices Lorraine de Foucher, Daphné Gastaldi, Axelle Jah Njiké, Charlotte Pudlowski et Marine Turchi sont les invitées du 91e épisode de La Poudre réalisé en partenariat avec le festival Longueur d’ondes. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de silence, d’écoute et de self-care. L’édito de Lauren : Ce jour-là elles étaient cinq dans le studio : Marine Turchi, Axelle Jah Njiké, Charlotte Pudlowski, Daphné Gastaldi et Lorraine de Foucher. Elles sont journalistes et/ou productrices de podcasts. Par leur travail, toutes ont fait, ces dernières années, plus bouger les lignes que toutes les instances politiques réunies. On a pu se voir dans un vrai studio, et ça faisait du bien, même si c’était un peu triste parce que cette table ronde, normalement, aurait dû avoir lieu au festival Longueur d’ondes qui a malheureusement dû être annulé en raison des contraintes sanitaires. Sur Twitter, quelqu’une a tout de suite réagi en s’exclamant : « Les Avengers du féminisme ! » et comme on a besoin de rire un peu, aussi, j’ai choisi ce titre pour l’épisode. Merci encore Pauline ! Oui parce que bon les sujets de ce podcast sont ceux de leurs enquêtes respectives : le viol, l’inceste, les violences de genre. Donc petit trigger warning, écoutez-le dans de bonnes conditions, même si rassurez-vous, il n’y a rien de graphique, on parle surtout de leurs pratiques de journalistes et c’est passionnant.  Résumé de l’épisode : C’est au festival Longueur d’ondes qu’aurait dû se réunir cette table ronde d’exception pour évoquer le travail considérable et essentiel des enquêtes journalistiques au long cours sur les violences sexistes et sexuelles. Au micro de Lauren Bastide, Lorraine de Foucher, journaliste au Monde, Daphné Gastaldi, journaliste indépendante et co-créatrice du collectif We Report, Axelle Jah Njiké, autrice et créatrice de podcasts, Charlotte Pudlowski, co-fondatrice du studio Louie Media et Marine Turchi, journaliste chez Médiapart, évoquent le rôle de la presse face à celui de la justice dans les enquêtes qu’elles mènent et ont mené sur ces violences (09:33). Convaincues de l’utilité publique de ce travail de longue haleine, elles espèrent que les lignes qu’elles contribuent à faire bouger ne seront pas tracées dans le sable, même si la menace du backlash n’est jamais loin (19:38). Bien que certaines rédactions mettent moyens et formation de leurs effectifs au service de la lutte contre ces violences (13:44), ces pratiques sont loin d’être répandues et exigeraient d’infuser dans tous les médias. Toutes appellent à ce que la parole des personnes victimes puisse avoir plus d’écho, surtout lorsque leur statut social ne les fait pas figurer sur les tables des librairies ou les affiches de cinéma (24:42). La diversité des représentations reste selon elles un sujet central pour combattre le caractère systémique de ces violences (01:08:10). Tour à tour, elles racontent la complexité des enjeux pour respecter les personnes victimes et leur parole (28:00), mais aussi pour rendre leurs récits palpables pour les auditeur·ice·s et spectateur·ice·s (39:40) sans y perdre leur propre humanité. Dans ce travail journalistique minutieux et prolongé, elles affirment l’absolue nécessité du contradictoire et l’importance des témoins, du soutien de l’entourage (45:05). Ces enquêtes laissent des traces sur elles aussi et c’est sur un encouragement au self-care et à l’accompagnement qu’elles concluent cet échange explorant les dessous des enquêtes ayant tant fait ces dernières années pour renverser l’ordre établi (01:15:01). Merci au festival Longueur d’ondes sans qui cet épisode n’aurait pas été possible. Et merci à Pauline Linard d’avoir accepté que nous utilisions son expression pour le titre. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Nora Hissem, Gaïa Marty, Cécile Te Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Mar 18

1 hr 32 min

This episode of La Poudre was originally recorded in English. To listen to the undubbed version, click here. Lae mythique théoricien·ne Judith Butler est l’invité·e du 90e épisode de La Poudre, enregistré en public sur Zoom le 25 novembre 2020. Avec Lauren Bastide, iels ont parlé de corps, de deuil et de Macron.  L’édito de Lauren : J’avais peur qu’iel soit froid·e. J’avais peur qu’iel soit complexe. J’avais surtout peur qu’iel soit atterré·e par l’incapacité de mon cerveau ordinaire à capter l’immense subtilité de sa pensée. Bref, avant d’interviewer Judith Butler j’ai été frappée d’un immense complexe de l’impostrice. Du coup j’ai fait ce qu’on fait souvent dans ce genre de cas, je me suis surpréparée. J’ai littéralement appris par cœur des pans entiers de ses textes. Et j’ai même fait une sorte de prépa physique : huit heures de sommeil et la peau super hydratée. Et puis voilà. Non seulement iel a été chaleureux·se et époustouflant·e de clarté, mais en plus iel a ri à mes blagues et a semblé trouver mes analyses plutôt dignes d’intérêt. Cette interview avec Judith Butler, au final, a été l’une des plus fluides, les plus joyeuses, de l’histoire de La Poudre. Je suis sûre qu’il y a une sorte de morale à tirer de tout ça, mais la philosophe, c’est pas moi. N’hésitez pas à me faire part de vos impressions après l’écoute, j’ai très envie de poursuivre cet échange avec vous. Ah oui et c’est Elisabeth Lebovici, chercheuse, historienne et militante queer, qui double sa voix en français. Vous avez beaucoup de chance vous savez. Résumé de l’épisode : Judith Butler est l’un·e des philosophes les plus important·e·s de notre époque. Son livre, « Trouble dans le genre » a marqué durablement la pensée queer et féministe, bien qu’il ait mis plus de quinze ans à être traduit en français. Sa traduction a d’ailleurs été le sujet de bien des incompréhensions, dont Judith Butler s’amuse aujourd’hui, explorant les résonances culturelles que rencontrent ses théories (05:20). En temps de pandémie, elles ont aussi des résonances très concrètes : iel qui a forgé le concept de “vies dignes d’être pleurées” se désole de voir la crise actuelle illustrer sa théorie (13:13). Face à la répression des gouvernements utilisant les enjeux sanitaires pour réprimer leur population, iel croit néanmoins toujours à la force de la non-violence et de la solidarité (25:34). Aux côtés de Lauren Bastide, Judith Butler s’alarme de l’attaque faite à l’université, et notamment à la recherche en études de genre et postcoloniale (35:40). Pour iel c’est bien la peur des conservateur·ice·s et leur refus de voir le monde changer qui s’incarnent dans ce backlash (32:00). Iel garde cependant espoir en observant les mouvements féministes, queer et antiracistes inventer de nouvelles formes de mobilisations partout dans le monde (47:02) et la force sans cesse renouvelée de leurs revendications pour la liberté de se définir (39:30). Si iel reconnaît la nécessité du repos, iel encourage à ne jamais abandonner l’idée, l’utopie, de l’égalité radicale (51:52) et invite à penser la révolution comme un mouvement en cours auquel prendre part chaque jour (57:17). Merci au festival Les Créatives d’avoir rendu cet enregistrement possible. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La voix française de Judith Butler est incarnée par Elisabeth Lebovici, merci à elle. La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Traduction : Lucie Plescoff Programmation et coordination : Gaïa Marty Prise de son voix française : Adrien Beccaria au studio L’Arrière Boutique Mixage : Marion Emerit See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Mar 11

1 hr 6 min

Cet épisode de La Poudre est disponible à l’écoute dans une version doublée en français. Cliquez ici pour l’écouter. The legendary theoretician Judith Butler is the guest of the 90th episode of La Poudre, recorded in public the 21st of November 2020. With Lauren Bastide, they talked about bodies, grief and Macron. Lauren’s foreword: I was scared they might be cold. I was scared they might be complex. I was above all scared they might be appalled by the incapacity of my ordinary brain to grasp the immense complexity of their thinking. In a nutshell, before interviewing Judith Butler, I was struck by a huge impostor syndrome. So I did what one usually does in that case: I overprepared. I literally learned by heart some parts of their writing. I even prepared physically, slept eight hours, hydrated very carefully. And then? Well, not only were they incredibly warm and clear, but they also laughed at my jokes and seemed to think my analysis was of some interest. This interview with Judith Butler ended up being one of the most joyful and smooth interviews in La Poudre’s history. There is probably some lesson to take out of this story but I’m not the philosopher here.  Episode summary: Judith Butler is one of the most important philosophers of our time. Their book “Gender trouble” left a long-lasting mark on queer and feminist theory, even though it took more than fifteen years to be translated into French. Its translation has indeed given rise to many misunderstandings, which Judith Butler finds amusing and interesting now, pushing them to explore the cultural resonances their theories find in various countries (05:20). In a global pandemic, these theories unfortunately have very concrete resonances: they had coined the concept of ‘grievable lives’ and are saddened to see it vividly illustrated by the current situation (13:13). Observing the governments using health safety to justify repressing their populations, they nonetheless believe in the force of non-violence and solidarity (25:34). Together with Lauren Bastide, Judith Butler is alarmed by the attacks on universities, especially on gender and postcolonial theory (35:40). For them, this backlash definitely is the embodiment of conservatives’ fear and their refusal to see the world change (32:00). They stay hopeful thanks to the feminist, queer and antiracist movements inventing new forms of mobilisations around the world (47:02) and the strength, always renewed, of their self-determination claims (39:30). If they acknowledge how important rest is in an activist’s life, they encourage to never abandon the idea, the utopia of radical equality until it is reached (51:52) and invite everyone to think about revolution as an ongoing movement to which it is possible to contribute everyday (57:17). Our deepest gratitude to the Les Créatives festival and their amazing team who made this episode happen. Executive Producer : Nouvelles Écoutes  Production, editing and signature tune : Aurore Meyer-Mahieu Production assistant : Gaïa Marty  Mixing : Marion Emerit See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Mar 11

1 hr 5 min

Gwenola Ricordeau, chercheuse et militante pour l’abolition du système pénal, est l’invitée du 89e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de prisons, de victimes et de justice. L’édito de Lauren : Bon anniversaire tout le monde ! On approche du mois de mars. Ça va faire bientôt un an que nous sommes plus ou moins confiné·e·s, complètement coupé·e·s de notre vie d’avant, celle où on allait boire des coups dans des bars et écouter des gens dans des salles. Cette saison, La Poudre devait se dérouler intégralement dans l’auditorium du Carreau du Temple et j’étais vraiment folle de joie à l’idée de sentir vos présences, vos souffles, vos chaleurs. Alors je suis un peu frustrée. Mais ma petite contrariété n’est pas grand chose comparée à celle des artistes scéniques et en ce moment mon cœur se sert souvent quand je pense à Clara, Yseult, Aloïse, Jeanne, Mélissa et les autres, privé·e·s de leur milieu naturel. Donc je leur envoie un peu d’amour, en passant. Parce que j’ai envie, et c’est comme ça. Enfin voilà on s’adapte et donc ça fait quelques mois que je fais mes conférences sur Zoom. Et y a un bon côté : c’est que je peux parler avec des gens qui sont loin, comme la chercheuse Gwenola Ricordeau qui enseigne en Californie. Et ça c’est une bonne nouvelle. Gwenola Ricordeau est la dernière chercheuse qui m’a retourné le cerveau. À cause d’elle, je ne peux plus lire des phrases comme « la fin de l’impunité » sans ressentir un petit dégoût. À cause d’elle, à chaque fois que je vois le gouvernement répondre aux violences par un durcissement de la répression pénale, je hoche tristement la tête. À cause d’elle, je pense qu’il faut qu’on se débarrasse des prisons, des cours d’assises et de tout ce système pénal, finalement incapable de répondre aux véritables besoins des victimes, ni de protéger quiconque des violences sexistes et sexuelles. Vous allez sortir de cet épisode avec la même certitude, vous verrez, ça fait drôle.  Résumé de l’épisode : Gwenola Ricordeau est chercheuse et enseignante en justice criminelle. Elle est l’autrice de Pour elles toutes, femmes contre la prison, un essai argumentant sa position pour l’abolition du système pénal, un point de vue rarement partagé dans un certain nombre de courants féministes dominants (13:03). Pourtant, l’intensification du recours au système pénal – rejeton d’une société raciste et patriarcale –, a peu de résultats, des conséquences problématiques et des applications peu réalistes (15:00). Gwenola Ricordeau invite à remettre en cause ce système au lieu de se fonder sur la morale individuelle pour évaluer sa pertinence (17:45) et avance les outils de la justice transformative comme solution pour se concentrer sur les besoins des personnes victimes (20:33). Cette forme alternative de justice est d’ailleurs née au cœur de ces besoins puisqu’elle vient des plus vulnérables et marginalisé·e·s, celleux qui n’ont généralement aucun réel accès à la justice telle qu’elle est rendue actuellement (26:48). Remettre les personnes victimes au centre du processus (29:19) est bien tout l’enjeu de la déconstruction de la justice et de ses fonctionnements selon la chercheuse. Elle a elle-même fait l’expérience du parloir et c’est en partant de là qu’elle s’est intéressée au système pénal, à la prison, puis à l’impact de la prison sur la vie des femmes (35:00). Elles notent ainsi l’incidence directe du fonctionnement d’une société raciste et hétérosexiste sur qui est incarcéré·e, comment, et qui en payent les conséquences (38:01). Elle réfute la naturalisation de ce système (48:57) et appelle de ses vœux sa dissolution plutôt que son énième réforme (53:29). Merci à toute l’équipe du Carreau du Temple pour leur accueil et pour avoir rendu cet épisode possible. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty M Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Feb 25

1 hr 12 min

La philosophe Sandra Laugier et Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre et directrice de l’ONG One en France sont les invitées du 88e épisode de La Poudre, enregistré en live le 10 décembre 2020. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de vulnérabilité, d’interdépendance et de soin. L’édito de Lauren : L’autre jour quelqu’un m’a dit que La Poudre était moins sexy depuis que je recevais plus de savantEs et moins d’artistes. Ça m’a même pas énervée, parce que c’est pas vrai. Je trouve qu’il n’y a rien de plus excitant, de plus désirable, que la pensée féministe. Personnellement je ressens des frissons d’extase quand on me donne un mot pour nommer une intuition, quand on me déroule une logique qui me fait voir les choses sous un jour nouveau. L’une des notions théoriques qui m’a donné la plus grande jouissance ces dernières années, c’est celle de care. On la croise à peu près partout où l’on essaie de penser le genre. Pour vous en parler, je vous ai chopé LA chercheuse du care en France : Sandra Laugier. Il y en a deux-trois autres que je cite dans l’épisode. Elle a co-écrit, avec Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre, un petit livre captivant : La société des vulnérables. On s’est parlées un soir d’hiver, sur Zoom. Et vous étiez là, et on s’est donné·e·s chaud avec de l’amour et des idées. Et je vous promets, c’était super sexy. Résumé de l’épisode : Si la crise du Covid a mis un élément en pleine lumière dès le premier confinement, c’est bien la place centrale des enjeux de l’éthique du care et de celles et ceux qui exercent des fonctions s’y rapportant. Le 10 décembre dernier, au micro de Lauren Bastide et en public, Sandra Laugier, l’une des plus importantes penseuses de ce concept féministe en France et Najat Vallaud-Belkacem, directrice France de l’ONG One qui lutte contre l’extrême pauvreté ont décortiqué tout l’apport de cette philosophie à la situation actuelle. Toutes deux déplorent la réaction du gouvernement et sa rhétorique guerrière face à la pandémie (06:00), mais aussi la disparition des femmes de l’espace médiatique, au moment même où leurs rôles sont au cœur de la réponse au virus (08:32). En effet, si nos interdépendances ont été visibilisées de façon flagrante, cette vulnérabilité partagée n’est pas égalitaire : certain·e·s y sont bien plus exposé·e·s que d’autres (10:57). Et sans prisme féministe (14:30) et antiraciste (31:54), impossible de comprendre pourquoi les fonctions les plus essentielles sont aussi les plus dévalorisées et pourquoi les personnes exerçant ces fonctions sont aussi parmi les moins protégées. Ce concept philosophique introduit en France sur la base des travaux de Carol Gilligan grâce à Sandra Laugier, Pascale Molinier ou encore Patricia Paperman (23:15), a mis longtemps avant de trouver sa place comme outil d’analyse dans le champ politique (19:10). Par ailleurs, Vallaud-Belkacem et Sandra Laugier soulignent comment l’obsession de l’universalisme empêche de s’en saisir pleinement en refusant de nommer et visibiliser les inégalités existantes (28:18). Elles relient les enjeux du care à la préoccupation écologique (42:00) et appellent à s’appuyer sur l’expertise citoyenne, celle des femmes et des personnes racisées pour qu’une politique de l’attention et du soin puisse voir le jour (58:15).  Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation, prise de son et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Feb 18

1 hr 12 min

Sam Bourcier, activiste queer et penseur transféministe, est l’invité du 87e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, ils ont parlé d’université, de travail et de transféminisme. L’édito de Lauren : Cet épisode est riche, complexe, fourmillant, peut-être un peu déroutant pour quelqu’un qui n’est pas familier avec la recherche en études de genre et ses textes emblématiques. On y croise en vrac Butler, Foucault, Marx, Cixous, Wittig, Solanas, Deleuze, Preciado. On y entend des expressions un peu impressionnantes comme « féminisme matérialiste », «post-porn », « études genre », « agentivité », « désidentification », « anarcoqueer »... Waouh, j’espère que je ne viens pas de vous dissuader, ça serait dommage. La pensée de Sam Bourcier est un fil, qui s’enroule, se déroule, va et vient, qui boucle, qui boucle encore, bref qui déroute un peu. Mais elle est aussi limpide, joyeuse, éclairante. Faites-moi confiance. Laissez-vous porter par le flot, peut-être bercé·e·s. L’écouter peut être une initiation et vous donner envie d’aller creuser un peu partout. Elle peut aussi allumer en vous une étincelle, qui vous fera voir le monde de façon radicalement différente : le god comme une main, le porno comme une technologie, le genre comme un travail. Bref, de penser queer. Un conseil, suivez La Poudre sur Instagram. Nous allons partager avec vous toutes les références évoquées dans l’épisode. Et préparez-vous pour la suite du programme. Dans La Poudre, c’est Judith Butler elle-même qui poursuivra notre séminaire sur le féminisme et le queer. Restez à l’écoute ! Résumé de l’épisode : Sam Bourcier est un activiste et théoricien queer et transféministe, auteur de certains des textes les plus essentiels de ce champ d’étude en France, comme le recueil Queer Zone. De formation littéraire, il passe entre autres par l’ENS et étend son travail de recherche à l’étude des médias et des objets culturels. C’est la découverte de Gender Trouble de Judith Butler dans une librairie londonienne qui signe son entrée sur le terrain du queer, un concept et un sujet d’étude que la sphère universitaire française continue de tenir à l’écart (06:40). Il a largement œuvré à introduire cette notion et ses ramifications en France, en traduisant notamment Teresa de Lauretis. L’un des autres tournants de son parcours est le visionnage de Baise-moi, le film de Virginie Despentes, qui le mène à la formulation du concept de post-porn pour étudier les rapports de domination sur les corps (25:36). Même s’il appelle aujourd’hui à dépasser Butler (20:00), les premiers outils de définition du genre comme performance apportés par Gender Trouble sont toujours autant d’actualité. Sam Bourcier propose ainsi de s’emparer du pouvoir recelé par cette approche pour faire la grève du genre et dénaturaliser sa mise au travail (33:20). Il met pareillement en garde contre le management de la diversité (38:00) et l’institutionnalisation des luttes débouchant dans certains cas sur l’homonationalisme (40:00). Au drapeau, Sam Bourcier préférera toujours la licorne (48:28). Dans les débats qui agitent les courants féministes aujourd’hui, il rappelle combien culture trans et féminisme sont interdépendants et marchent d’ailleurs main dans la main depuis leurs débuts (43:53). Pour que ces Histoires soient commémorées et transmises, il est engagé depuis de nombreuses années dans la création d’un lieu d’archives LGBT et souhaite des archives vivantes, communautaires, à la portée de tou·te·s (57:50). Ce lieu pour lequel il s’est tant battu deviendra très bientôt, on l’espère, une réalité : le projet vient tout juste d’être voté par la mairie de Paris.  Merci à toute l’équipe du Carreau du Temple pour leur accueil et pour avoir rendu cet épisode possible. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit S Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Feb 11

1 hr 8 min

La primo-romancière prodige Fatima Daas est l’invitée du 86e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Faïza Guène, d’Annie Ernaux et de Virginie Despentes. L’édito de Lauren : Il y a des livres qui mettent des claques. Pas seulement aux lectrices et aux lecteurs, individuellement, mais aussi à la société toute entière. La Petite dernière est de ceux-là. Je l’avais reçu au début de l’été dernier, avec sa couverture florale et la critique dithyrambique d’une autrice adulée s’étalant sur le bandeau. Il avait tout pour séduire et je l’ai aussitôt dévoré. C’est un livre qui se lit vite, mais qui se relit et se re-relit. C’est un livre avec lequel on n’en a jamais vraiment fini. J’étais convaincue que la France ne s’en remettrait pas, de ce livre-là. Et ce fut le cas. Fatima Daas a bien mis le bazar avec son récit immensément complexe, composé de mots immensément simples. Je suis heureuse d’avoir pu échanger avec elle quelques mois après la sortie, pour une conversation en forme de bilan mais aussi de perspective. Résumé de l’épisode : Fatima Daas est l’autrice de La Petite dernière, un court et brillant roman sorti à l’été 2020, si percutant qu’elle sort tout juste la tête du tourbillon médiatique qu’il a engendré (04:50). Un accueil qui présente des similitudes avec celui qu’avait pu connaître Faïza Guène (06:56), entre autres par la volonté de la cantonner aux cases réservées aux écrivain·e·s ayant grandi en banlieue. Des cases qu’elle explose pourtant dans son ouvrage, à coups de phrases météores. Elle se protège aussi de ces raccourcis grâce au personnage qu’elle s’est créé : Fatima Daas est l’héroïne de son roman et son nom de plume, habile esquive pour porter ce récit tout en préservant une certaine distance (11:26). Fatima Daas, personnage comme écrivaine, ont donc en effet grandi à Clichy-sous-bois et l’autrice parle de tout l’amour qu’elle a pour cette ville (14:02). Elle y a été confrontée très jeune aux questions de langues et de langage, à l’impossibilité de dire, leur préférant souvent le silence. C’est une tragédie familiale qui déclenche l’écriture chez elle : elle ne peut parler, elle écrira (19:10). C’est pendant son master de création littéraire que naît le premier jet qui deviendra La Petite dernière (33:22). Entre ses lignes, elle expose une réalité complexe et toute pleine d’intersections, celle d’une jeune femme asthmatique (44:23), lesbienne (20:40) et musulmane (35:48). Elle y décrit la honte sous plusieurs formes, sans chercher à y échapper, une recherche littéraire qu’elle partage avec Annie Ernaux, une écrivaine qu’elle admire (29:17). C’est une autre femme de lettres qui a accompagné de sa plume la parution de son livre : Virginie Despentes. Comme elle, on ne peut qu’admirer le talent de Fatima Daas pour « danser dans une impasse jusqu’à ouvrir une porte là où se dressait un mur » et attendre avec impatience son prochain roman. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation, prise de son et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Jan 28

47 min 22 sec

Bertoulle Beaurebec, performeuse et autrice, est l’invitée du 85e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de corps, de sexe et de sorcellerie. L’édito de Lauren : Pour ce premier épisode de 2021, année dans laquelle je mets beaucoup, beaucoup d’espoir, je vous gardais au chaud la voix et la pensée de Bertoulle Beaurebec. La voix du futur. Une femme du futur. On s’est retrouvées toutes les deux dans un nouveau format de La Poudre. Un format un peu improvisé, quelque part entre la conversation et l’interview et qui a eu lieu chez moi, autour d’un thé. Dans cette interview il y a de la chaleur, et des rires. Il y a aussi quelques idées politiques qui vont faire du bien à toutes les méninges. Ah oui, parce qu’en 2021, être abolitionniste, c’est plus possible… Résumé de l’épisode : Bertoulle Beaurebec est une artiste afroféministe queer et l’autrice du formidable essai « Balance ton corps, manifeste pour le droit des femmes à disposer de leurs corps ». Dans cet essai, son expérience de travailleuse du sexe et performeuse lui sert de point de départ pour porter un regard critique et constructif sur nos rapports à nos corps et à la sexualité. C’est bien en raison de ce parcours particulier que son ouvrage aux ramifications profondément féministes intersectionnelles a été traité de façon sensationnaliste lors de son accueil public (05:51). Elle dénonce ce traitement médiatique, qui bien trop souvent déshumanise les travailleur·euse·s du sexe et dont la conséquence la plus récente est le silence du gouvernement face à leur détresse dans la crise sanitaire actuelle (18:28). Après des débuts en étude d’histoire de l’art, Bertoulle Beaurebec rencontre la scène dans un théâtre érotique en tant qu’effeuilleuse (25:55). Elle y découvre la diversité des corps des performeur·euse·s et la créativité qui en découle, tout comme la sororité qui lie les artistes avec lesquelles elle travaille (36:15). Escort par la suite, elle apprend avec les années à assumer être une salope, mot qu’elle se réapproprie aujourd’hui avec fierté en soulignant la pudibonderie de la société actuelle (24:50). Selon elle, c’est cette pudibonderie qui empêche la mise en place d’une vraie éducation sexuelle, laissant le porno comme seule ressource (20:38), ce qui n’est ni le rôle ni le but de cette industrie de divertissement. Si elle témoigne des défauts de cette dernière, comme le racisme auquel elle a dû faire face en tant que performeuse, elle rappelle que le porno ne fait qu’exister dans une société elle-même sexiste et raciste, ne reproduisant que les schémas systémiques de l’environnement dans lequel il est créé. Pour sa part, elle joue à présent dans des films porno féministes, faisant la part belle aux enjeux des mouvements sociaux actuels au cœur des œuvres dans lesquelles elle figure (52:27). Elle fait aujourd’hui du rapport à son corps un lieu d’exploration curieuse, intrépide et bienveillante et conçoit des performances où elle transcende son rapport à la douleur et porte son message politique et spirituel au sommet de l’art (42:32). Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation, prise de son et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Jan 14

1 hr 5 min

This episode of La Poudre was originally recorded in English. To listen to the undubbed version, click here. L’immense militante antiraciste et féministe Loretta Ross et la youtubeuse de génie Natalie Wynn créatrice de la chaîne ContraPoints sont les invitées du 84e épisode de La Poudre, enregistré en public sur Zoom le 21 novembre 2020.  L’édito de Lauren : Cet épisode a été enregistré en novembre 2020 dans le cadre du festival Les Créatives à Genève. Je les adore et je les embrasse. Mes deux invitées sont juste… énormes, en fait. C’est Natalie Wynn, la créatrice de la chaîne YouTube américaine ContraPoints et Loretta Ross, une militante afroféministe pour la justice reproductive absolument mythique. Alors comme c’était long, et compliqué, et – on va pas se mentir – un peu cher de doubler entièrement la rencontre en français, je vous ai fait cette version commentée, où en gros je double mes questions et puis après je vous explique moi-même ce que répondent mes invitées. J’espère que ça vous va. Allez, c’est parti ! Résumé de l’épisode : Au festival des Créatives, les activistes Loretta Ross et Natalie Wynn décortiquent au micro de Lauren Bastide le phénomène complexe de la “cancel culture”. Si le mécanisme de l’humiliation publique ne date pas d’internet et des réseaux sociaux, pour la militante afroféministe et antiraciste chevronnée Loretta Ross, ces derniers accélèrent et amplifient ce phénomène (05:24). Pour Natalie Wynn, créatrice de la chaîne YouTube ContraPoints aux longues vidéos très documentées et articulées, il faut être vigilant·e à bien différencier les différentes formes que peut prendre la “cancel culture” (06:58), entre remise en cause de personnes en position hégémonique dont les carrières sont en réalité rarement menacées (09:32) et ce qu’elle appelle la “cancel culture” horizontale, entre militant·e·s en désaccord (11:42). Toutes deux mettent en garde contre l’essentialisation des personnes et de leurs avis, encouragée par les mécanismes des réseaux sociaux et l’éternel présent d’internet (15:07). Dans ses cours comme dans ses engagements militants, Loretta Ross invite au “call-in” plutôt qu’au “call-out” (22:44) : tenter d’abord d’expliquer avec compassion plutôt que de commencer par une confrontation publique. C’est également une question de stratégie selon Natalie Wynn : personne n’est prêt à écouter lorsqu’attaqué·e frontalement (24:40). Vrai travail émotionnel, elles précisent toutes deux que le “call-in” est un choix, chacun·e est libre d’investir temps et énergie ou de ne pas plonger dans une situation conflictuelle (26:37). Elles reconnaissent que la tentation est grande, et que même elles s’y sont laissées prendre, oubliant parfois les humain·e·s de l’autre côté de l’écran (34:37). Mais les conséquences sont parfois dramatiques pour les militant·e·s visé·e·s, surtout lorsqu’iels n’ont que leur communauté en ligne pour les soutenir, ce qui est souvent le cas dans les sphères militantes, notamment LGBT+ (41:34). Elles appellent à affirmer la diversité d’opinion au sein des mouvements de lutte qui est aussi leur richesse, plutôt qu’à tendre vers une pureté politique aussi inatteignable qu’indésirable (47:22). Merci au festival Les Créatives d’avoir rendu cet enregistrement possible. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Traduction : Lauren Bastide Coordination et prise de son version française : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit Merci aux box à cuisiner HelloFresh de soutenir La Poudre. Rendez-vous sur hellofresh.fr/lapoudre pour bénéficier de 20€ de réduction sur vos 2 premières commandes avec le code LAPOUDRE. See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Dec 2020

35 min 34 sec

Cet épisode de La Poudre est disponible à l’écoute dans une version doublée en français. Cliquez ici pour l’écouter : 🇫🇷 The legendary activist for reproductive justice, black feminism and antiracism Loretta Ross and the genious youtuber Natalie Wynn creator of the channel ContraPoints are the guests of the 84th episode of La Poudre, recorded in public the 21st of November 2020. With Lauren Bastide, they talked about calling in, calling out and self-care. Lauren’s foreword: This episode was recorded on Zoom thanks to Les Créatives festival in November 2020 and I’m very proud to be able to share it with you today. It was an incredible pleasure and honour to be able to talk to these two major activists. And also, it felt good to take an hour to explore this complex and fascinating online phenomenon we sometimes call “cancel culture”.  Episode summary: At the Les Créatives festival, the activists Loretta Ross and Natalie Wynn dissect the complex phenomenon of what we call “cancel culture” with Lauren Bastide. If the mechanisms of public humiliation is much older than Internet and social networks, for the black feminism and antiracism activist Loretta Ross, the latter increases and accelerates this phenomenon (05:24). For Natalie Wynn, creator of the YouTube channel ContraPoints and its long, beautifully put together and referenced videos, we should be careful in differentiating the various forms taken by “cancel culture” (06:58), between challenging people in positions of power, whose careers are seldom truly affected (09:32) and what she calls “horizontal cancel culture” among disagreeing activists (11:42). Both of them warn against essentialising people and their positions, a process encouraged by how social networks and the eternal present of the Internet work (15:07). In her classes as well as in her activist work, Loretta Ross advises to “call-in” rather than “call-out” (22:44), which means try and explain with compassion first, rather than publicly confronting each other from the get go. It is also a question of strategy according to Natalie Wynn: nobody would be willing to listen when feeling directly attacked (24:40). As it is a real emotional labour, they both remind that “calling-in” and investing in someone else’s growth should always be a choice, not an obligation and that it is always a possibility to just ignore the conflict (26:37). They acknowledge it is not always easy and they both have had instances where they went along with the crowd and forgot there were other human beings behind the screens (34:37). But the consequences can sometimes be terrible for the targeted activists, especially when their only community is the one they have online, which is often the case in activist spheres, especially LGBT+ ones (40:34). They urge to recognise the diversity of opinions in activist movements for human rights rather than striving for an unattainable and undesirable political purity (47:22). Our deepest gratitude to the Les Créatives festival and their amazing team who made this episode happen. Executive Producer : Nouvelles Écoutes  Production, editing and signature tune : Aurore Meyer-Mahieu Production assistant : Gaïa Marty  Mixing : Marion Emerit See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Dec 2020

1 hr 2 min

La chercheuse et réalisatrice Mame-Fatou Niang est l’invitée du 83e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de république, de backlash et d’intersectionnalité. Résumé de l’épisode : Mame-Fatou Niang est chercheuse et maîtresse de conférence en littérature française et francophone à l’université Carnegie-Mellon. Dans ses travaux, elle explore comment se construisent les identités des personnes noires dans une France qui se voudrait universaliste. Elle en avait fait le sujet de Mariannes noires, un documentaire interrogeant plus particulièrement la place des femmes noires dans la nation qui « ne voit pas les couleurs ». Pour elle l’intersectionnalité, bien loin d’être la cause, est la réponse à la crise que traverse la République à l’heure actuelle (05:38). Elle dénonce d’ailleurs les accusations d’importation de ce concept (08:52). Bien que le terme ait été forgé par une juriste américaine, Kimberlé Crenshaw, la réalité qu’il définit est, quant à elle, vécue et énoncée par de nombreuses voix françaises depuis des décennies, des sœurs Nardal à Maboula Soumahoro. Si les recherches utilisant l’intersectionnalité comme outil sont aujourd’hui menacées par la Loi de programmation de la recherche (17:27) qui attaque durement les libertés académiques, pour Mame-Fatou Niang de nombreux signes sont sources d’espérance, comme les manifestations antiracistes de l’été 2020 (22:38). Elle considère qu’il est essentiel de déconstruire la supposée opposition antiracisme-universalisme (27:08) pour bâtir une nouvelle res publica qui laisserait de la place à toutes les voix françaises (30:03). Pour cela, il est également temps de réviser l’imaginaire construit autour des marges et notamment des banlieues. Un imaginaire que Mame-Fatou Niang a longuement exploré (41:39) pour démonter le récit produit sur les populations minorisées. La solution : donner voix aux chapitre aux concerné·e·s, plutôt que de laisser leurs contours être délimités selon un point de vue prétendument universel et « neutre » (49:23). Le chemin est encore long, mais la résolution et l’espoir de Mame-Fatou Niang ne peuvent qu’inspirer force et courage. Merci à toute l’équipe du Carreau du Temple pour leur accueil et pour avoir rendu cet épisode possible. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Dec 2020

56 min 41 sec

Faire bouillir l’eau, la farine, le sucre, prendre son pinceau, tracer, feuille par feuille, les lettres de la mémoire, de la dénonciation, de l’adelphité, de la colère.  Au micro de Lauren Bastide, les colleur·euse·s vous embarquent une nuit à leurs côtés pour explorer les dessous de ce geste qui brandit à la vue de tou·te·s des messages féministes, hautement politiques et militants, comme autant de poings levés. Tay Calenda, photographe accompagnant les colleur·euse·s depuis les tout débuts du mouvement témoigne de ces expéditions (08:08) et de l’importance d’en conserver les traces, tandis que les collages disparaissent, arrachés ou détruits par la pluie. Lily, fondatrice du groupe Collages afroféministes à Marseille, parle de l’importance de la diversité nécessaire de ces messages mais aussi de la stratégie inhérente aux lieux choisis pour coller (16:37). L’action en elle-même est importante : coller, c’est déjà se réapproprier l’espace, comme l’explique Chloé Madesta (23:59) pour qui la ville, synonyme de peur, est devenue un lieu de puissance. Un lieu qui peut rendre hommage également, comme ce fut le cas avec le mémorial créé par les colleur·euse·s de Paris dans la rue Bouvier pour commémorer les victimes de féminicides et les travailleur·euse·s du sexe assassiné·e·s durant la première année d’existence du mouvement (26:00). Un moment fort, comme souvent le sont ces expéditions nocturnes, créant une connexion et une entraide parmi les militant·e·s (28:30). Si cette forme d’action a été initiée par une personne au positionnement marginal et décrié (33:53), déconstruit ici par la chercheuse Karine Espineira (39:25), les colleur·euse·s se sont largement emparé·e·s de l’outil pour faire passer des messages intersectionnels sur tous les murs de France. Même le confinement n’a pas pu éteindre leur élan et Émilie Dupas raconte le passage au virtuel (50:47) pour que jamais l’action ne s’arrête. Elle ne s’arrête d’ailleurs pas non plus aux frontières, et Illana Weizman témoigne de son implantation en Israël (56:02), réadaptée au contexte et aux violences spécifiques qui y touchent les femmes. Force aux colleur·euse·s et longue vie aux collages ! Un merci infini au collectif Collages féministes de Lille pour leur accueil et leur participation. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Nov 2020

1 hr 8 min

TW : Ce documentaire aborde la thématique des violences sexuelles sur mineures. Il est parfois difficile à écouter. Assurez-vous de le faire dans les meilleures conditions possibles. Nouvelles Écoutes présente le nouveau documentaire du flux Intime & Politique : « La Fille sur le canapé », signé Axelle Jah Njike. Les 9 chapitres de ce documentaire sortiront le 16 novembre. « J’ai rencontré Axelle il y a quatre ans et j’ai tout de suite eu une grande admiration pour elle, d’abord pour son combat au sein du GAMS contre les mutilations sexuelles, puis pour son talent d’écrivaine et enfin pour son podcast, Me My Sexe and I, dans lequel elle offre un espace de parole sécurisé à des femmes afrodescendantes.  « La Fille sur le Canapé » est la continuité de tout ce travail. On y retrouve le talent d’Axelle à faire se déployer la voix des autres.  Pour ce documentaire, elle voulait créer « un écrin » pour la parole des victimes, sublimé par la musique originale de Sandra NKaké.  On y retrouve aussi l’amour d’Axelle pour la littérature. Vous croiserez au cours de ces 5 heures, des textes de Maya Angelou, Leonora Miano, Alice Walker, Toni Morrison, Sapphire, de grandes autrices qui ont aidé Axelle à prendre la parole pour elle-même. »  Lauren Bastide Pour vous abonner : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/intime-politique/id1488643718 Et pour suivre toute l’actualité de l’émission, abonnez-vous au compte @intimeetpolitique_ne sur Instagram See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Nov 2020

2 min 37 sec

Christiane Taubira, femme politique et écrivaine, est l’invitée du 82e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Maya Angelou, et un peu d’elle, aussi. L’édito de Lauren : Je viens de barrer un truc de ma liste des choses à faire avant de mourir. J’ai interviewé Christiane Taubira. Cela fait quatre ans que je la croise ici et là, que je suis toujours charmée par sa gentillesse, et par son rire. Christiane Taubira est incroyable, si vous avez l’occasion un jour de la voir lors d’une rencontre ou une signature, vous observerez : elle écoute chaque personne d’une oreille attentive, disponible, sans jamais interrompre, sans jamais abréger. C’est pour ce genre de qualité que j’aimerais qu’elle soit un jour ma présidente de la république, mais bon je m’égare, et puis vous verrez elle répond un peu à ça. Bref, après ces rencontres, à chaque fois, j’ai pris ma plus belle plume pour lui adresser des messages, des mails, lui demandant de venir parler d’elle dans La Poudre. J’ai fait court et efficace, j’ai fait long et lyrique, j’ai fait percutant, j’ai fait suppliant, mais toujours, elle a éludé. Et puis, comme souvent, la vie a fait le job. La maison d’édition de Maya Angelou en français, Notabilia, m’a demandé d’animer une rencontre autour de l’extraordinaire autrice afro-américaine, à l’occasion de la sortie de son ouvrage « Rassemblez-vous en mon nom », avec, pour invitée, une de ses grandes lectrices : Christiane Taubira. Alors j’ai fait une danse de la joie et j’ai branché mon micro, ce soir d’octobre, au théâtre de la Pépinière, à Paris, pour m’assurer que chacun de ses mots arriveraient jusqu’à vous. À la réécoute, je me rends compte que ce qu’elle nous livre c’est une leçon de joie. Ça ne peut pas faire de mal, par les temps qui courent… Résumé de l’épisode : Maya Angelou est autrice, actrice, chanteuse, enseignante, réalisatrice et l’une des grandes figures militantes du mouvement pour les droits civiques aux États-Unis. Née en 1928 dans le Missouri, elle raconte sa vie rocambolesque et flamboyante dans sept autobiographies dont le deuxième tome vient de paraître en français aux éditions Notabilia. L’une de ses plus grandes admiratrices est certainement Christiane Taubira (05:03), personnalité marquante de la scène politique française. Elle aussi est écrivaine et parfois poètesse. Née en 1952 à Cayenne, elle est élue députée dès 1993 et Garde des Sceaux de 2012 à 2016. Elle est à l’origine de la loi reconnaissant la traite et l’esclavage comme crimes contre l’humanité et de celle autorisant le mariage pour tous. Intimement persuadée qu’on écrit pour les autres, pour transmettre (13:55), elle admire le style limpide de l’écrivaine africaine-américaine (09:02). Elle célèbre également sa force, sa liberté, sa détermination à s’autodéfinir sans laisser de prise au déterminismes racistes et sexistes qu’elle subit depuis l’enfance (30:13). La joie et l’art sont ses armes (35:15), comme celles de Christiane Taubira, pour résister (1:19:50). Toutes deux des femmes engagées, c’est l’amour qui guide leurs actions (55:01), mais un amour lucide, dirigé, qui ne se laisse pas faire (1:00:52). C’est un poème somptueux de Maya Angelou qui conclut cet échange (1:23:00) où, dans la voix de Christiane Taubira, toute la sensualité et la puissance de l’écrivaine nous éclabousse. Merci à Vera Michalski, Arnaud Laborie, Brigitte Bouchard et toute l’équipe de Notabilia pour avoir rendu cet épisode possible. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Nov 2020

1 hr 26 min

L’historienne Bibia Pavard est l’invitée du 81e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé d’effacement, d’archives et de moments. L’édito de Lauren : Bon bah voilà c’est parti pour la saison 5 de La Poudre. Une saison que j’ai voulu un peu différente des précédentes, moins intime et plus politique. Je vais recevoir, tout au long de cette saison des chercheu·r·ses et des militant·e·s qui vont vous, nous apporter, des éclairages plus théoriques sur l’époque dingue qu’on est en train de vivre. Parce que l’époque est dingue, on est d’accord. Tout cet espoir, toutes ces craintes, ce chaos… Une partie de ces rencontres sera enregistrée en public au Carreau du Temple, ce lieu incroyable, au cœur de Paris, où j’ai déjà eu la chance de recevoir des activistes pendant toute une saison, il y a deux ans, et qui a donné naissance au livre « Présentes » que j’ai sorti début septembre au éditions Allary et que, j’espère, vous avez lu mais sinon je ne vous en veut pas. Il y aura une rencontre une fois par mois, si le méchant virus le veut bien. Ça sera, comme toujours, gratuit, sans réservation et interprété en langue des signes par la SCOP Paris Interprétation. Toutes les infos sont sur nos réseaux sociaux. Je voulais remercier Sandrina Martins la directrice du Carreau du Temple, ainsi que toute son équipe, de m’avoir renouvelé sa confiance. J’ai beaucoup trop de chance d’avoir croisé sa route.  Allez, en scène ! Résumé de l’épisode : Bibia Pavard est docteure en histoire contemporaine, chercheuse et maîtresse de conférence à l'université Paris II. Spécialiste de l'histoire du genre et des féminismes, elle a co-écrit avec Florence Rochefort et Michelle Zancarini-Fournel un important ouvrage sur l’histoire des mouvements féministes depuis la révolution française, paru en août 2020 : Ne nous libérez pas, on s’en charge, Une histoire des féminismes de 1789 à nos jours. Elles y mettent en lumière l’effacement constant des luttes mais aussi des militantes féministes dans l’histoire (12:02) et s’inscrivent dans la longue lignée de (ré)écriture de l’histoire des femmes et de leurs combats (15:52). C’est lors de ses études en classe préparatoire que Bibia Pavard rencontre toute la force et la nécessité de l’histoire (21:51). Et c’est bien parce que les choix qui sont fait dans cette discipline – ce qui est raconté et comment, ce qui est conservé et pourquoi – sont aussi politiques qu’elle soulève la nécessité de documenter le moment présent et questionne la place des archives, peu ou mal conservées lorsqu'il s'agit des femmes (27:15). Quant à l’écriture de cette histoire, elle propose de nuancer la métaphore des « vagues » féministes par la continuité de certains combats au fil des décennies (36:22) bien qu’il y ait un renouvellement des protagonistes et des approches. Renouvellement qui est par ailleurs toujours en but aux mêmes attaques antiféministes (41:02). Au micro de Lauren Bastide, Bibia Pavard rappelle aussi les enjeux intersectionnels qui ont toujours émaillés ces luttes (46:20), tout comme la question du viol (56:36) ou celle du rôle central des médias pour diffuser la parole féministe, bien trop souvent absente des organes de presse traditionnels (00:01:26). Si en tant qu’historienne elle ne peut prédire la révolution féministe, elle donne ici de précieux outils pour la penser. Merci à toute l’équipe du Carreau du Temple pour leur accueil et pour avoir rendu cet épisode possible. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Oct 2020

1 hr 8 min

Cet épisode de La Poudre a été publié en français le 30 juillet 2020. Pour l’écouter, remontez dans les archives ou cliquez ici : 🇫🇷 The philosopher and revolutionary author Paul B. Preciado is the guest of the 79th episode of La Poudre. With Lauren Bastide, they talked about bodies, monsters and joy. Lauren's foreword: La Poudre was thought as a women-only place to discuss sexist mechanisms through their victims’ experiences. Up to now, only women’s voices, cis or trans, have been heard in La Poudre. It goes without saying that both non-binary people and trans people belong here. Paul B. Preciado’s work is crucial to understand today’s feminist movement and to question gender representations, as we have been doing here for four years now. It is a great honour to have had him close the fourth season of La Poudre, before the new turn it will be taking with its fifth season. Summary: Paul B. Preciado is one of the greatest thinkers of our time. He is also the first non-binary person to speak up in La Poudre (05:40). On the eve of global lockdown due to coronavirus, he was starting a series of conferences at the Centre Pompidou in Paris, engaging with “The History of Sexuality” by Michel Foucauld to offer a new decolonial and feminist reading of this important work (11:40). At the time, he felt a revolutionary urge in the room (07:50) and encourages everyone to reconnect with it and embrace it (14:28). Born on the 11th of September 1970 in Franco’s Spain, he tightly links these early years to his sensitivity to any sign of state fascism, and feels that the current French government slips towards it more often than not (24:00). Since childhood, he implements strategies to avoid gendered injunctions (29:00), a daily exercise in political plasticity that he still practises everyday (35:55). After a PhD in philosophy, he writes several books exploring the concept of gender. The last one published, “I Am a Monster, Talking to You”, allows him to speak from this monstrosity that the heteropatriarchal and racist system has pinned on him and all bodies considered as “other”. Being at the center of the trans body experience, the use of the “I” is key in his writing (40:04). According to him, it is the only way to escape the presumed universality of Western philosophy. Situated writing is central to overcome the system’s barriers (45:15). He yearns for the end of the sexual differentiation regime (59:28) and calls for collective imagination to find a way out of it. His joy and optimism in the advent of the revolution are infectious and his next seminar will be available this fall (01:05:21). Executive producer: Nouvelles Écoutes Production and signature tune: Aurore Meyer-Mahieu Translation: Lucie Plescoff English voice-over: Raphy Wofsy Production assistant: Gaïa Marty Recording: Laurie Galligani Mixing: Marion Emerit See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Oct 2020

1 hr 11 min

Cet épisode de La Poudre a été publié en français le 14 décembre 2017. Pour l’écouter, remontez dans les archives ou cliquez ici : 🇫🇷 The great activist Assa Traoré was the guest of the 21st episode of La Poudre.  With Lauren Bastide, Assa Traoré talked about her role as one of the eldest in a family of 17 (04:50), about her bond with her father who died when she was 14 years old (08:08) and about  his first two wives (13:21). She spoke about her job as a special-education teacher in Sarcelles, north of Paris (20:13), about how young men of her neighbourhood are stigmatised (24:05) and about the night of Adama Traoré’s death (26:30). She explained what led to the incarceration of two of her brothers (34:00) and detailed her profound link to Mali, where her father and Adama are buried (40:13). Assa Traoré was born in 1985 in Paris. At a young age, she takes care of her little brothers and sisters, born out of the other marriages of her father. Following an oral presentation in her school, she decides she wants to be a special-education teacher, a path she successfully follows. On the 19th of July 2016, her younger brother Adama Traoré, who was turning 24 on that day, dies in Persan’s police station, after an identity check and questioning in Beaumont-sur-Oise. In the hours following his death, his family accuses the police forces of being responsible for his passing. The authorities deny any such responsibility. A battle both in court and in the media follows. Assa is fully dedicated to this fight and becomes spokesperson for the advocacy group “Justice for Adama”. In May 2016, she co-signs “Letter to Adama” with the journalist Elsa Vigoureux, a book recounting this battle for justice. To support the “Justice pour Adama” association, you can click here: https://www.okpal.com/adama-traore/#/ Executive producer: Nouvelles Écoutes Production and signature tune: Aurore Meyer-Mahieu Translation: Lucie Plescoff English voice-over: Sara Martins Production assistant: Gaïa Marty Recording: Laurie Galligani Mixing: Marion Emerit See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Oct 2020

48 min 31 sec

This episode of La Poudre was originally recorded in English. To listen to the undubbed version, click here. L’écrivaine de génie Margaret Atwood est l’invitée du 80e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de forêt, de science et de religion.  L’édito de Lauren : Avant d’entrer de plein pied dans la saison 5 de La Poudre, j’ai dans ma besace, comme chaque automne, trois épisodes en anglais parce que le monde ou rien. Le premier, que vous vous apprêtez à mettre dans vos oreilles, est un entretien que j’ai enregistré avec l’écrivaine canadienne Margaret Atwood l’hiver dernier. Avec le Covid (je ne dirai jamais LA covid, vous m’entendez, jamais), on n’avait pas pu vous le doubler. Le voilà donc, tout frais, tout neuf, avec, dans le rôle de Margaret Atwood, la journaliste Annick Cojean. Quel honneur d’avoir pu échanger longuement avec cette immense autrice, reine de la dystopie, dont l’esprit génial pondit La Servante Écarlate en 1985 et qui a sorti, l’année dernière, la suite de ce best-seller, le glaçant et captivant Les Testaments. Bonne écoute, et on se retrouve en octobre pour le nouveau La Poudre. Boum. Résumé de l’épisode : Margaret Atwood, autrice visionnaire, a publié l’année dernière Les Testaments, la suite de son œuvre phare, La Servante écarlate, adaptée en série en 2017. Avec ce livre, elle remporte pour la seconde fois le prestigieux Booker Prize, ex aequo avec Bernardine Evaristo. Née en 1939 au Canada, elle grandit dans la forêt, entourée de ses parents, scientifiques tous les deux (16:06). Elle est ainsi sensibilisée très jeune aux questions environnementales qui l’animent encore fortement aujourd’hui (44:19). Écrivaine et poétesse prolifique, c’est en 1984, lors d’un séjour dans l’Allemagne divisée (06:02), qu’elle écrit La Servante écarlate, l’une de ses œuvres aujourd’hui les plus connues grâce au retentissement mondiale de la série (22:39). L’impact politique de son propos est tel que les tenues de ses “servantes” ont été utilisées par des manifestantes dans de nombreuses mobilisations contre les retours de bâtons patriarcaux de ces dernières années (19:32). Sa vision très nuancée des combats féministes est parfois à contre-courant des enjeux des luttes actuelles (24:45) mais sa capacité à prendre en compte les subtilités des croyances religieuses (38:14), tout comme son engagement dans des mesures concrètes pour lutter contre les violences faites aux femmes (26:04) en font l’une des plumes essentielles de la réflexion sur les oppressions sexistes. Dans Les Testaments, elle joue sur le pouvoir des archives, auxquelles elle voue une passion, pour explorer les rouages d’un gouvernement dictatoriale et réactionnaire. Son amour pour les documents anciens et les histoires qu’ils portent l’a également poussée à participer à un projet de l’artiste Katie Paterson, Library of the Future, pour lequel elle a écrit un texte qui ne sera révélé qu’en 2114 (48:50). À bon entendeur·euse ! Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La voix française de Margaret Atwood est incarnée par Annick Cojean, merci à elle. La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Traduction : Maxime Dargaud-Fons Programmation et coordination : Gaïa Marty Prise de son voix française : Laurie Galligani Mixage : Marion Emerit See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Sep 2020

48 min 47 sec

Cet épisode de La Poudre est disponible à l’écoute dans une version doublée en français. Cliquez ici pour l’écouter. The genious writer Margaret Atwood is the guest of the 80th episode of La Poudre. With Lauren Bastide, they talked about forests, science and religion. Lauren’s foreword: Before jumping into the 5th season of La Poudre, like each fall I have three episodes in English in store, because look at me going international. The first one, that you are about to listen to, is an interview I recorded last winter with the great Canadian writer Margaret Atwood. With Covid-19, we hadn’t had the chance to publish it. So here it is, fresh and new, just for you. What an honour it was to have been able to talk at length with this incredible author, queen of dystopia, whose genius mind gave birth to « The Handmaid’s tale » in 1985, and who published its sequel last year, the captivating and chilling « Testaments ». I hope you will enjoy it and I’ll see you again in October for a new episode La Poudre. Episode summary: A visionary author, Margaret Atwood published last year The Testaments, a sequel to The Handmaid’s tale, her revolutionary novel adapted into a TV series in 2017. With this book, she won the prestigious Booker Prize for the second time, sharing it with Bernardine Evaristo. Born in 1939 in Canada, she grew up in the forest (16:06). Her parents both being scientists, she is made aware of environmental issues quite early on and is still very passionate about them (44:19). Prolific novelist and poet, she writes The Handmaid’s Tale in 1984, after a stay in Cold war Germany (06:02). It is one of her most renowned works, thanks to the TV series which gave it international visibility and recognition (22:39). The political impact of the ideas it carries has inspired activists to dress up like her “handmaids” in protest against several patriarchal backlashes in the last few years (19:32). Her nuanced vision of feminists issues sometimes goes against the grain of the current antisexist battles (24:45), but her ability to take into account the subtlety of intertwined religious beliefs and social commitment (38:14) as well as her own commitment in concrete measures to wage war against violence against women (26:04) make her one of the most relevant writer in the fight against sexist oppressions. In The Testaments, she plays on the power of archives to explore the arcanes of a dictatorial and reactionary government. Her passion for ancient documents and the stories they carry drove her to participate in the artist Katie Peterson’s projet : Library of the Future. A word to the wise : She wrote a text for it that will only be available in 2114 (48:50). Executive Producer : Nouvelles Écoutes  Production, editing and signature tune : Aurore Meyer-Mahieu Production assistant : Gaïa Marty  Mixing : Marion Emerit See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Sep 2020

47 min 59 sec

Paul B. Preciado, philosophe et auteur révolutionnaire, est l’invité du 79e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, ils ont parlé de corps, de monstre et de joie. L’édito de Lauren : La Poudre est un lieu qui a été pensé en non-mixité pour parler des mécanismes sexistes à travers le vécu des personnes les subissant. Jusqu’ici n’y ont résonné que les voix de femmes, cis ou trans. Il va de soi que l’expérience des personnes non binaires et de toutes les personnes trans y trouvent leur place. La pensée, le travail et les écrits de Paul B. Preciado sont essentiels pour comprendre le mouvement féministe actuel et questionner les représentations genrées, comme La Poudre le fait depuis quatre ans. C’est un grand honneur qu’il vienne clôturer cette saison, avant que l’émission ne prenne un nouveau visage à la rentrée. Résumé de l’épisode : Paul B. Preciado est l’un des plus grands penseurs de notre époque. En tant qu’homme trans refusant tout schéma binaire, il est aussi le premier invité de La Poudre (05:40). À la veille du confinement, il démarrait un cycle de conférences au Centre Pompidou reprenant l’histoire de la sexualité de Michel Foucault pour en proposer une relecture féministe et décoloniale (11:44). Il y a senti une pulsion révolutionnaire (07:50) qu’il engage tous et toutes à retrouver, à vivre, à embrasser (14:28). Né le 11 septembre 1970 à Burgos, dans l’Espagne franquiste (18:41), il tire une droite ligne entre ces années et sa sensibilité aux marques du fascisme étatique qu’il retrouve dans les agissement du gouvernement français actuel (24:00). Dès l’enfance, il met en place des stratégies d’évitement pour échapper aux injonctions de genre (29:00), un exercice quotidien de plasticité politique qu’il pratique encore (35:55). Docteur en philosophie, il est l’auteur de plusieurs livres explorant le concept du genre. Son dernier, “Je suis un monstre qui vous parle”, lui permet de parler depuis cette monstruosité, plaquée par le système hétéropatriarcal et raciste sur les corps jugés “autres”. Lui-même au centre de l’expérience du corps trans, il est familier de l’emploi du “je” dans ses écrits (40:04), la seule possibilité selon lui pour échapper au supposé universalisme de la philosophie occidentale. Sans écriture située, impossible de dépasser les barrières du système (45:15). Il appelle de tous ses vœux la sortie du régime de la différenciation sexuelle (59:28) grâce au pouvoir de l’imagination collective. Sa joie et son optimisme dans l’avènement de la révolution sont communicatifs et vous pourrez les retrouver à l’automne 2020 au Centre Pompidou (01:05:21). Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Jul 2020

1 hr 11 min

Sihame Assbague, journaliste et militante antiraciste, Léa Lejeune, journaliste au magazine Challenges et co-fondatrice de l’association Prenons la Une !, et Jennifer Padjemi, journaliste pigiste et fondatrice de la newsletter afroféministe What’s Good, étaient les premières invitées de Lauren Bastide sur Zoom pour un enregistrement en public le 9 juin 2020.  L’édito de Lauren : Vous vous rappelez cette une du Parisien sortie pendant le confinement ? Ces 4 chercheurs, 4 hommes blancs d’un certain âge qui s’étalaient en une pour nous raconter le monde d’après ? Ça m’a mise en colère, je vous l’avais déjà dit. Tout comme me mettent en colère ces plateaux de télé ou des personnes blanches débattent sans fin de la réalité du racisme en France, ou ces émissions de radio, entièrement constituées d’hommes, qui débattent sur le féminisme. Ces plateaux, ces unes et ces émissions ne sont pas une exception. Ils sont la règle. Vous voulez des chiffres ? Les voilà, ils viennent de sortir, tout frais : le CSA a publié une enquête fin juin. Le taux d’expertes dans les journaux radiophoniques et télévisés a chuté de 38% à 20% pendant le confinement. Et comme la France ne voit pas les couleurs, on n’a pas les chiffres pour les personnes racisées mais il suffit d’allumer son téléviseur pour l’observer. Pourtant, et c’est le crédo de cette émission, les meilleures expertes seront toujours les concernées. Pour en parler j’ai réuni trois journalistes : Sihame Assbague, Léa Lejeune et Jennifer Padjemi, pour la toute première table ronde de La Poudre sur Zoom, le 9 juin dernier, quelques jours après la première grande manifestation contre les violences policières de l’été 2020, convoquée par Assa Traoré. Le débat fut passionnant et je remercie toutes celles et ceux qui étaient connectés avec nous ce jour-là.  Résumé de l’épisode : Pour la première table ronde Zoom de La Poudre, les journalistes Sihame Assbague, Léa Lejeune et Jennifer Padjemi décortiquent le rôle des médias en temps de crise au micro de Lauren Bastide. Qu’on parle de confinement ou des récentes et historiques manifestations antiracistes, vivre ces événements en tant que journalistes (06:32) est une expérience particulière. Pour Sihame Assbague, militante antiraciste de longue date, les médias sont, aujourd’hui encore, l’une des institutions qui perpétuent le racisme structurel en France (13:25). Elle appelle à aller au-delà de la question des représentations en veillant à varier les points de vue représentés sur les plateaux et non seulement l’apparence des invité·e·s (15:34). Pour Jennifer Padjemi, le lien entre expérience du confinement dramatique et sous-représentée, et révoltes contre les violences policières n’est plus à démontrer (18:20). Pour elle, les médias ont un rôle déterminant pour représenter toutes les réalités des populations mais il leur faut pour cela non seulement reconnaître les manquements actuels (26:10) mais aussi mettre en place de vraies stratégies pour faire évoluer en profondeur les rédactions aujourd’hui aveugles à certaines problématiques. C’est aussi ce que défend Léa Lejeune qui, avec l’association Prenons la Une !, travaille depuis plusieurs années à fournir des données objectives pour appuyer la lutte pour le changement (31:09). Si pour elle les quotas sont un outil utile, pour Jennifer Padjemi et Sihame Assbague il s’agit avant tout de veiller à la diversité des discours  véhiculés (55:40). Elles s’accordent à dire que la pression exercée aujourd’hui par les réseaux sociaux (57:12), tout comme la formation des jeunes générations de journalistes sont parmi les meilleures pistes pour que les médias reflètent enfin une image plus fidèle de la société qu’ils analysent (01:18:40). Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty et Nora Hissem Montage et mixage : Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Jul 2020

1 hr 22 min

Myriam Leroy, écrivaine et journaliste, est l’invitée du 78e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé d’adolescence, d’écriture et de harcèlement. L’édito de Lauren : Je me rappelle bien du monde d’avant. On n’était pas si mal finalement. On avait l’impression que tout pouvait basculer, qu’on allait peut-être enfin décider de se lever et de se barrer et de leur dire : « On vous emmerde ! » On était en plein dans cette énergie le jour où j’ai rencontré Myriam Leroy à Bruxelles, pour le Bruxels Podcast Festival. C’était le 29 février, le lendemain de la cérémonie des Césars, vous savez celle où… C’était le lendemain et donc on avait une drôle de gueule de bois, mais l’envie d’en découdre et la rage au cœur. Je vous propose de replonger, comme un voyage dans le temps, vers ce moment précis. De nous imaginer, toutes les deux, sur la scène de la grande salle de l’Atelier 210 à Bruxelles, face à un public belge plein de bienveillance, et de rêver à un après où l’on retrouverait un peu cette énergie-là. Ah ! Une toute petite dernière chose, beaucoup de militantes belges m’ont écrit après cette rencontre pour me dire que le féminisme était plus vibrant en Belgique que mon invitée semble le décrire dans l’interview. Il faut leur rendre justice : c’est vrai !  Résumé de l’épisode : Myriam Leroy est journaliste, et autrice de plusieurs romans à succès, même si elle n’arrive pas toujours encore à se dire écrivaine (10:56). Née en 1982, elle grandit dans le Brabant Wallon, une province de Belgique qu’elle décrit comme sans histoire. Adolescente, elle saisit rapidement les rouages du jeu de la séduction (21:20), une période qui l’a inspirée pour écrire Ariane, son premier roman, dans lequel elle capture toutes les ambiguïtés de cet âge de transition et toute la subtilité de la frontière délicate entre amitié et amour. Après une école de journalisme, elle est d’abord pigiste puis réalise en 2011 un webdocumentaire engagé sur l’IVG. La même année, elle commence à travailler comme chroniqueuse à la radio en Belgique. Elle y tient entre autre une rubrique très populaire intitulée « Myriam Leroy n’aime pas », au ton sarcastique assumé où s’exprime son humour pointu (28:26). En 2013, elle rejoint l’équipe d’Ali Baddou dans « La Nouvelle édition » sur Canal plus. C’est l’une de ses chroniques sur ce plateau, à propos de Dieudonné, qui lui vaudra son premier raid de cyberharcèlement (39:58), une expérience d’une violence sans précédent. Aujourd’hui, elle est en mesure de décortiquer son caractère systémique (43:07), de témoigner et d’informer sur la misogynie ancrée dans le cyberharcèlement (01:00:56), qui élimine les voix de femmes des réseaux sociaux. Elle bascule dans la fiction en 2018 avec son premier roman, puis en sort un second, Les Yeux rouges, en 2019, une autofiction parlant de l’expérience du cyberharcèlement (47:50), dans lequel, elle explore aussi la question de la violence des femmes (01:06:10). Depuis peu investie avec succès dans des projets théâtraux, sa dernière pièce, ADN, évoque un sujet qui lui tient particulièrement à cœur : la filiation et son lien à l’identité (01:10:50). Merci au Brussels Podcast Festival d’avoir rendu cet enregistrement possible. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Jul 2020

1 hr 12 min

Dali Misha Touré, écrivaine et entrepreneuse, est l’invitée du 77e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de violence, de frontières et de maternité. L’édito de Lauren : « J’aimais bien être seule. J’aimais écrire et parler seule. Personne ne m’écoutait mieux que moi-même. Je savais si bien résoudre mes propres problèmes que j’aurais voulu avoir une amie comme moi. Je n’aimais pas le bruit, même quand j’étais à l’école. Certains jours, j’aurais aimé être sourde parce que j’entendais des choses qui me blessaient, des mots durs qui sortaient de la bouche de ma mère ou de mon père. Je me répétais souvent que je n’étais pas faible mais qu’au contraire j’étais très forte. La vérité, c’est qu’au fil des années je faiblissais à l’intérieur et que ça se voyait peu à peu à l’extérieur. Je n’arrivais pas à sourire normalement : j’étais anxieuse, songeuse, et personne ne le comprenait. J’aurais bien aimé pleurer, mais je n’y arrivais pas ; j’aurais bien aimé me sentir mieux, mais je n’y arrivais pas non plus. J’avais parfois le sentiment d’être née pour rien, de vivre sans joie et de rire sans volonté… un sentiment de bassesse qui m’étouffait. Pourtant, au fond, je me sentais plus intelligente que ceux qui m’entouraient : j’arrivais à me comprendre alors qu’eux n’essayaient même pas de le faire. »  Dali Misha Touré, Cicatrices, Hors d’atteinte, 2019. Résumé de l’épisode : Dali Misha Touré est autrice de plusieurs romans et entrepreneuse. Elle est née en 1994 et a grandi à Aulnay-sous-Bois (08:30), une enfance heureuse à cheval entre deux langues : le Soninké à la maison, le Français à l’extérieur (10:43). Elle commence à écrire très tôt, en commençant par des poèmes et des lettres pour ses professeur·e·s (12:26). Inspirée par ses lectures de récits de témoignages, elle cherche au travers de ses écrits à donner une voix aux invisibles qui croisent son chemin (14:25). Elle tente ainsi de mieux comprendre celles et ceux qui l’entourent et de rendre leurs récits manquants audibles (16:50). C’est à 15 ans qu’elle autopublie son premier roman, Cicatrices, avec le soutien de sa professeure de français et de la mairie d’Aulnay-sous-Bois (21:38). Elle est alors très encouragée, tant par sa famille que par ses lecteur·ice·s et autopubliera deux autres livres à la suite du premier (23:58). À 17 ans, elle se marie et rêve alors de faire des études de portugais et de voyager (25:11). Après quelques temps à la fac, elle tombe enceinte de son premier enfant, une expérience qui la comble et lui ouvre de nouvelles perspectives, la poussant à prendre une pause dans son parcours universitaire. Elle découvre également la langue arabe, qui réoriente son choix d’occupation professionnelle. Musulmane, sa foi est très importante pour elle (41:00) et elle crée son entreprise en 2018, Al Jannah, un lieu de cours religieux, de vente de vêtements mais aussi depuis peu de lieux de rencontre pour les femmes (05:30). En 2018 également, Marie Hermann de la maison d’édition indépendante Hors d’atteinte lui propose de republier Cicatrices à compte d’éditeur, donnant une seconde vie à ce premier roman (28:52). Profondément ancrée dans les différentes facettes de son identité, elle souhaite que soient mieux comprises ces multiplicités (27:28), et reconnu le choix des femmes désirant porter le voile (38:07). De son côté, en plus de son activité entrepreneuriale, elle a repris des études de psychothérapie et se lance tout juste dans l’écriture de la suite de Cicatrices ! Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Jul 2020

57 min 49 sec

Rachel Keke, gouvernante et porte-parole des femmes de chambre de l’hôtel Ibis Batignolles, est l’invitée du 76e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de femmes, de race et de classe. Pour soutenir le combat des femmes de chambre de l’hôtel Ibis Batignolles, vous pouvez leur faire un don en suivant ce lien : https://www.lepotsolidaire.fr/pot/0oz7r5n8 L’édito de Lauren : Intersectionnalité. Est-ce que vous comprenez bien ce mot ? Est-ce que vous le pensez excessif ? Galvaudé ? Dangereux ? Insuffisant ? Il est pour moi la clé de tous les mouvements sociaux actuels. Il est la grille de lecture essentielle afin de relier les luttes féministes, antiracistes et décoloniales. Et comme je ne suis pas la personne la plus légitime pour vous l’expliquer, j’ai eu envie de vous relire le passage du texte de la juriste et chercheuse africaine-américaine Kimberlé Williams Crenshaw, tel qu’il est apparu pour la première fois sous sa plume en 1994. Ne jamais oublier que ce mot a été pensé au départ pour traduire le réel des femmes noires victimes de violences.  Résumé de l’épisode : Rachel Keke est l’une des porte-parole de la grève des femmes de chambre de l’hôtel Ibis Batignolles, démarrée le 17 juillet 2019. Elles se battent depuis bientôt un an pour que soient reconnues les conditions de travail désastreuses – quand elles ne sont pas tout simplement illégales –, qui leur sont imposées par leur employeur, STN, sous-traitant du groupe Accor (26:00). Rachel Keke est née en 1974 et a grandi en Côte d’Ivoire, à Abidjan (08:20). Elle commence à travailler à 16 ans en tant que coiffeuse. À 26 ans, elle arrive en France, souhaitant y utiliser ses compétences et poursuivre dans la même voix (09:00), mais les complexités liées à l’obtention de papiers à son arrivée l’en empêche. Après avoir travaillé en tant que garde d’enfants, elle arrive dans l’hôtellerie. STN est le quatrième sous-traitant qu’elle a connu, des entreprises dont les conditions de travail et les cadences inhumaines ont déjà été signalées et combattues par plusieurs mouvements de grèves et procès dans ce milieu professionnel. Accidents du travail, corps abîmés par les tâches répétitives et épuisantes, mépris, quand les femmes de chambre n’ont pas à subir du harcèlement moral et des agressions sexuelles (40:56), Rachel Keke dénonce la réalité effrayante de ces emplois précaires majoritairement féminins (26:00) et les conséquences de la sous-traitance les excluant du régime réservé aux employé·e·s du groupe hôtelier (21:45). Après des années de silence de la part des syndicats qu’elle et ses collègues avaient consultés, c’est finalement la CGT HPE (pour Hôtels de prestige) qui répond à leurs demandes d’aide et de soutien pour faire valoir leurs droits (31:56). Rachel Keke souligne cependant l’importance pour elles de prendre elles-mêmes la parole face aux médias et aux politiques, en tant que premières concernées et expertes des violences qu’elle subissent (37:07). Fragilisées par leur position en tant que femmes racisées, souvent immigrées et piégées par les exigences de renouvellement de leurs papiers (42:50), une situation dont les entreprises de sous-traitance tirent parti, elles trouvent malgré tout de nombreux soutiens, qui leur donnent courage et aide financière pour tenir sur la longueur. Elle appelle à ne pas se voiler la face sur les discriminations subies par les personnes racisées aujourd’hui, entre autres les violences policières (45:18), contre lesquelles elle constate qu’elles n’ont quasiment aucun recours possible. Quant au mouvement de grève des femmes de chambre, Rachel Keke garde espoir alors que la plaidoirie est en cours en ce moment, et espère pouvoir compter sur la jurisprudence de précédents procès gagnés par d’autres femmes de chambre dans cette situation (48:28) pour avoir gain de cause. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Jun 2020

52 min 20 sec

Parce que les vies noires comptent. Parce que La Poudre et Nouvelles Écoutes soutiennent le combat contre le racisme systémique et les violences policières. Parce que nous assistons aujourd’hui, partout dans le monde, à une révolution. Parce que nous voulons la vérité pour Adama. Je vous propose aujourd’hui de réécouter l’interview d’Assa Traoré, parue pour la première fois dans La Poudre le 14 décembre 2017. Écoutez. Comprenez. Soutenez : https://www.okpal.com/adama-traore/?utm_campaign=01C1J63EN1CGGN0EFQCEN0X52T&utm_medium=campaign_endfunnel-okpuid_01E9VHGVZVXD4067Q6CHR5RJBG-20200602&utm_source=share_twitter#/ Au micro de Lauren Bastide, Assa Traoré raconte son rôle d'aînée dans une famille de 17 enfants (04:50), son lien avec son père, perdu à l’âge de 14 ans (08:08),et aux deux premières épouses de celui-ci (13:21) son métier d’éducatrice à Sarcelles (20:13), la stigmatisation dont sont victimes les jeunes garçons des quartiers populaires (24:05) le soir de la mort d’Adama Traoré (26:30), les faits qui ont conduit à l’incarcération de deux de ses frères (34:00), et son lien au Mali, où son père et Adama sont enterrés (40:13). Assa Traoré est née en 1985 à Paris. Très jeune, elle s’occupe des plus petits de ses sœurs et frères, issus des premiers mariages de son père. Suite à une intervention dans son école primaire, elle décide de devenir éducatrice spécialisée. Le 19 juillet 2016, son jeune frère Adama Traoré, qui fête ses 24 ans ce jour-là, perd la vie dans la gendarmerie de Persan après une interpellation à Beaumont-sur-Oise. Dans les heures qui suivent sa mort, sa famille met en cause la responsabilité des forces de l’ordre dans son décès. Les autorités nient. Une bataille judiciaire et médiatique s’ensuit. Assa se consacre entièrement à cette lutte, et devient porte parole de l’association “Justice pour Adama”. En mai 2016, elle co-signe avec la journaliste Elsa Vigoureux “Lettre à Adama”, un ouvrage qui raconte ce combat. La Poudre est une production Nouvelles Écoutes. Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu. Coordination : Zisla Tortello. Mixage : Laurie Galligani See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Jun 2020

50 min 53 sec

L’autrice, chercheuse et critique Iris Brey est l’invitée du 75e épisode de La Poudre, le sixième et dernier de notre série #ellespensentlapres, mêlant parcours personnel et réflexions sur la situation actuelle comme sur le monde à venir. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de grec ancien, de mères infanticides et de regard féminin. L’édito de Lauren : Je voulais vous écrire un texte super émouvant parce que c’est le dernier épisode de La Poudre produit en confinement. Je voulais vous dire plein de trucs sur la mort, sur la vie, sur la surveillance, sur le contrôle... Je voulais peut-être même vous confier des failles à moi, vous expliquer que j’oscille entre deux mondes, toujours, le très lumineux et le très obscur, que ça m’épuise et que ce qu’on vient de vivre a aiguisé tout ça a un point presque intolérable par moment. Je voulais vous parler des émotions extrêmes qu’on a ressenties collectivement et vous promettre qu’on se remet de tout. Et puis je me suis rendue compte que je faisais que ça, en fait, des textes super émouvants en intro de mes podcasts. Je suis tellement prévisible. Donc pour une fois je vais faire sobre. Et juste vous dire merci. Merci de m’écouter, merci de me suivre, merci de me soutenir. Merci pour vos partages sur les réseaux sociaux. Merci d’avoir suivi les lives Instagram sur le compte de La Poudre. Merci de me dire si souvent merci. Merci aussi à mes invitées Fania Noël, Julia Cagé, Claire Marin, Anne Cheng et Alice Coffin pour leur générosité lors de ces enregistrements à distance, grâce à elles je crois qu’on a vraiment toutes les clés pour le penser, ce fameux monde d’après. Je suis vraiment fière de cette série, qui se termine en beauté avec la chercheuse et critique Iris Brey. Juste avant tout ça, elle était en première ligne de cette révolution féministes menée par les femmes du cinéma français. Vous savez ? Celle qui reprend là, maintenant, tout de suite.   Résumé de l’épisode : Iris Brey est chercheuse, journaliste et critique. Elle est aussi l’autrice de deux livres plongeant dans les dessous des images et des représentations produites par nos sociétés, dans les séries d’abord, puis dans le cinéma. Née en 1984 d’un père américain et d’une mère française, elle grandit entre Paris, les États-Unis et le Japon (15:17). Elle développe ainsi un rapport aux langues très particulier, renforcé par ses études en grec ancien (19:40), qui lui donnent une conscience aigüe des systèmes de perception créés par les mots eux-mêmes. Outre le grec, elle étudie aussi littérature (23:13) et cinéma, et travaille ainsi sur la construction des imaginaires, notamment autour de la représentation des corps féminins (26:30). Elle examine dans ses travaux de recherche ces figures féminines, toujours passées au crible d’un regard désirant masculin, ce que la chercheuse Laura Mulvey avait appelé le male gaze. Elle questionne aussi les lieux dévolus aux figures de femmes, toujours punies pour avoir occupé l’espace public sans but précis (28:12), mais aussi les violences qui leur sont faites. Le cinéma, qui rend captif son public (33:10), est peuplé de scènes de viol, quasiment exclusivement filmées du point de vue de l’agresseur et souvent mêlées à des notions de désir (39:49). C’est ce lieu commun qu’Iris Brey dénonce et appelle à faire évoluer pour que chacun·e prenne conscience de ces représentations qui alimentent la culture du viol. C’est parce que le cinéma prend une telle place dans le monde culturel aujourd’hui et parce que ses acteur·ice·s ont une visibilité et parfois un pouvoir économique ayant très peu d’égal, que ce milieu est selon elle aussi lié à la vague féministe actuelle (45:55). Elle y est elle-même engagée pour faire bouger ces lignes, notamment au sein du collectif 50/50 pour 2020 (12:59) qui œuvre à remettre en question la répartition du pouvoir dans ces espaces professionnels de création (11:03). Elle a aussi accompagné l’essentiel témoignage d’Adèle Haenel à Médiapart (49:04), constatant Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

May 2020

1 hr 7 min

Après le confinement, le Podcast Club de Nouvelle Écoutes continue ! Chaque jour, un.e membre de l’équipe met en avant son épisode préféré d’un podcast Nouvelles Écoutes. Aujourd'hui, il s'agit de la recommandation d'Ashley, productrice. « Comme pas mal de personnes, j’ai découvert Déborah Lukumuena grâce à sa performance incroyable dans « Divines » d’Houda Benyamina. Je me souviendrai toujours du jour où j’ai écouté cet épisode. C’était un samedi, je revenais de chez ma mère, j’étais dans un train pour rentrer à Paris. L’histoire de cette actrice m’a retournée. J’ai adoré entendre son discours radical, intransigeant et sans concession. Le passage où elle parle du rôle de la colère dans sa vie m’a marqué : l’entendre revendiquer ce sentiment, tellement mal perçu chez les femmes noires, m’a fait un bien fou. Bonne (ré)-écoute à tou.te.s ! » Au micro de Lauren Bastide, Déborah Lukumuena parle de sa réussite (5:49), de sa double enfance en région parisienne et de la colère qui l’habite (7:16), de ses liens avec la République démocratique du Congo (11:48), de l’importance de la littérature (14:50) et de l’arrivée du cinéma dans sa vie (16:12), ainsi que de la complexité des personnages qu’elle aime incarner (23:06). Elle évoque aussi le long casting de "Divines" (26:23), la beauté de Maïmouna (attention spoiler, 35:00), les liens entres les différents personnages qu’elle joue (38:50), la stigmatisation des actrices noires (43:22), les choix qui guident sa carrière (47:54), les réactions racistes auxquelles elle a dû faire face suite aux Césars (51:00) et son rapport à elle-même (60:00). Déborah Lukumuena est comédienne. Née en 1994, elle est passionnée de littérature et rêve d’abord de devenir professeure de français. C’est en regardant la série Les Tudors qu’elle a le déclic qui la mène à passer le casting pour le film d’Houda Benyamina, "Divines", pensant briguer un rôle de figurante. Sélectionnée pour jouer l’un des deux personnages principaux, elle décroche en 2017 le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour sa performance. Elle entre alors au conservatoire et a depuis joué dans "Roulez jeunesse" et "Les invisibles" au cinéma, ainsi que dans la pièce "Anguille sous roche" au théâtre. Elle y joue seule sur scène et porte magistralement un monologue puissant et politique. La Poudre est une production Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Mixage du générique du cycle Cinéma : Charles de Cillia Coordination : Gaïa Marty Mixage : Paul Lambert de Cursay See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

May 2020

1 hr 6 min

La journaliste et militante Alice Coffin est l’invitée du 74e épisode de La Poudre, le cinquième de notre série #ellespensentlapres, mêlant parcours personnel et réflexions sur la situation actuelle comme sur le monde à venir. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Paris, de médias et de politique. L’édito de Lauren : Salut vous allez bien ? Moi je suis toujours confinée parce que mes enfants ne retournent pas à l’école pour l’instant. Et aussi parce que je crois qu’étrangement j’ai trouvé un certain confort dans cet isolement forcé, je ne sais pas si je dois m’en inquiéter. Ce qui me manque ce sont les sorties culturelles. La toute dernière que j’ai faite c’était à Bobino en mars, j’étais retournée voir VIRIL, vous savez ce spectacle dont je vous ai déjà parlé dans l’introduction de mon épisode avec Casey. VIRIL c’est Virginie Despentes, Béatrice Dalle et Casey qui lisent sur scène des textes féministes et queer radicaux. Je les relis en ce moment, c’est tellement bon, et mon préféré, celui qui résume le mieux mon désir, c’est celui-ci, le texte culte écrit en 1992 par l’artiste américaine Zoe Leonard. Un texte qui avait été tapé à la machine et distribué sur des tracts, à la main, à New York, et ici librement traduit. Désolée ça aura pas autant de gueule que quand c’est Béatrice Dalle qui le dit. Résumé de l’épisode : Alice Coffin est journaliste et militante, autrice d’un livre très attendu sur le génie lesbien qui sortira en octobre 2020 (52:44). Née en 1978, elle grandit à Paris dans le 12e, dans une famille nombreuse, ouverte et aimante (20:34). Elle comprend très jeune tous les paradoxes des injonctions aux comportements genrés (25:58) et milite contre le système hétéropatriarcal dans plusieurs collectifs et associations (24:23), dont La Barbe depuis 2010, la European Lesbian Conference dont elle est cofondatrice ou encore la LIG (Lesbiennes d’Intérêt Général), premier fonds de dotation féministe et lesbien. Après les manifestations lors du vote de la loi pour le mariage pour tous et leur traitement médiatique régulièrement atterrant (30:50), elle s’attaque au concept de « neutralité » qui n’est souvent en réalité qu’un moyen de silenciation des minorités (31:50). Pour elle, le regard des femmes issues des minorités est pourtant essentiel, leur position dans la société et les difficultés qu’elles doivent surmonter pour s’y adapter leur permettant de voir et de lutter plus efficacement contre les oppressions structurelles (45:23). Elle reste cependant méfiante des discours annonçant qu’il n’y aura pas de retour en arrière, ayant été témoin des stagnations, reculs et backlashs sur divers fronts, de la place des femmes dans le cinéma français aux débats sur la PMA (42:30). Engagée depuis peu à l’échelon local pour Europe Écologie les Verts, elle affirme toute la force politique que revêtent les corps lesbiens qui s’affichent dans l’espace public (47:55). Activiste depuis de nombreuses années, elle  voit de nombreuses similarités entre les combats féministes et écologistes (01:00:20) et appelle à se passer du regard des hommes pour inventer un ailleurs et un autrement (56:33). Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

May 2020

1 hr 7 min

Pour continuer de vous accompagner pendant le déconfinement, Nouvelles Écoutes, le studio qui produit ce podcast, continue le Podcast Club. Chaque jour, on vous propose de réécouter un épisode tiré de nos archives et d'échanger ensuite toutes et tous sur les réseaux sociaux de Nouvelles Écoutes. Prenez soin de vous et bonne écoute. Dans cet épisode bonus enregistré le 22 avril 2017 lors de la journée “Fashion Revolution”, organisée en hommage aux victimes de l’effondrement du Rana Plaza, au Bangladesh, le 24 avril 2013, Lauren Bastide tend son micro à 4 femmes militant au quotidien pour une industrie de la mode plus respectueuse des droits humains et de l’environnement : Anaïs Dautais, Laura Brown, Nayla Ajaltouni et Stéphanie Calvino. Installées au bord du Canal Saint-Martin, elles racontent successivement leurs ressentis après avoir appris l’effondrement du Rana Plaza, le 24 avril 2013 : Laura (06:19), Anaïs (08:18), Stéphanie (11:50), et Nayla (15:14). Elles dénoncent la promesse mensongère de la mondialisation (20:59), énumèrent les problèmes écologiques qui sont liés à la fast-fashion (21:33), et les pistes à suivre pour consommer responsable (25:25). Elles racontent la double peine que subissent les femmes travailleuses dans l’industrie du textile (42:21), la mode éthique comme un combat féministe (44:48) et livrent des mantras de consommatrices et consommateurs responsables à appliquer dès demain (48:50). Au micro de Lauren Bastide : Anaïs Dautais, créatrice de la marque Les Récupérables dont les vêtements sont créés à partir de matériaux récupérés et “upcyclés”, Nayla Ajaltouni, coordinatrice du Collectif Éthique sur l’étiquette, qui regroupe des associations de solidarité internationale, des syndicats, des mouvements de consommateurs et des associations d’éducation populaire, Laura Brown, fondatrice d’Éthipop, une communauté de créat-eur-rice-s éthiques et responsables, et Stéphanie Calvino, organisatrice des conférences « Anti_Fashion » et membre du Collectif 52. Merci à Sébastien Kopp et à Veja pour avoir associé La Poudre à cet événement. La Poudre est une production Nouvelles Écoutes. Réalisation de l’épisode : Xavier Faltot pour La Chambre à Air. Réalisation sonore et générique : Aurore Meyer-Mahieu. Coordination : Zisla Tortello. Mixage : Laurie Galligani See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

May 2020

50 min 35 sec

La philosophe Claire Marin est l’invitée du 73e épisode de La Poudre, le quatrième de notre série #ellespensentlapres, mêlant parcours personnel et réflexions sur la situation actuelle comme sur le monde à venir. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de maladie, d’identité et de soin. L’édito de Lauren : « On aimerait que la rupture soit une coupure franche. Bien droite et nette, d’un seul coup, comme le sabre qui décapite. Mais la rupture est déchirure. À la différence de la séparation qui laisserait chacun redevenir la part entière qu’il était déjà auparavant, comme le rappelle l’étymologie, la rupture est une déchirure. Elle ne retrouve que rarement les contours nets de chacun. On ne rompt pas comme on découpe le long des pointillés, respectant soigneusement le patron qui reprend notre forme exacte. On déchire dans le tissu d’une vie commune où les identités des uns et des autres se sont si étroitement mêlées que plus personne ne sait vraiment où il commence et où l’autre s’arrête. Mais celui qui veut rompre croit le savoir. Il croit pouvoir dessiner l’ombre où il perçoit sa silhouette propre et veut se débarrasser de ce flou indécis, des présences qui l’encombrent, des liens qui l’empêchent d’être vraiment lui-même. La rupture propre, comme un chiffre qui se divise sans reste, est sans doute impossible. Nous ne pouvons pas nous ‘‘réduire dans le temps, semblable à un nombre, sans qu’il reste une fraction bizarre’’, pour reprendre l’expression de Nietzsche. Même rompus, les liens peuvent rester sensibles, membres fantômes, témoins d’une ancienne vie. » Rupture(s), Claire Marin, Éditions de l’Observatoire, 2019. Cet épisode a été enregistré le 29 avril 2020, en confinement, un jour de pluie. Résumé de l’épisode : Claire Marin est philosophe, enseignante, et autrice de plusieurs livres passionnants dont le dernier, Rupture(s), résonne très fort avec la situation actuelle. Née en 1974 à Paris, son enfance à Nantes est pleine de lectures, de solitude et de lenteur (11:11). Docteure en philosophie, cette discipline a été un coup de cœur pour elle dès le lycée (14:41) et joue un rôle important dans sa vie. Frustrée par son côté parfois aride et abstrait, elle se sert de ses outils et les rend plus accessibles, plus en prise avec le réel et notamment avec le corps au travers d’une philosophie de la maladie (20:13). Elle-même diagnostiquée d’une maladie auto-immune qu’elle raconte pudiquement dans son roman Hors de moi, elle fait aujourd’hui partie des personnes ‘‘à risque’’ (07:05) et aborde avec clarté les enjeux d’une société qui s'appuierait uniquement sur des critères quantitatifs d’évaluation de la santé de ses citoyen·ne·s pour statuer sur leurs droits et libertés (35:00). Elle évoque également la dangerosité de la culpabilisation des malades pour dédouaner les politiques (41:11), une tendance déjà largement observée avant même l’impact du Covid-19. La crise actuelle est pour elle une rupture (24:40) qui apporte une nouvelle instabilité dans nos vies déjà bien plus mouvantes que celles des générations précédentes (27:30). Elle ne croit cependant pas en sa valeur transformatrice, même si elle espère certaines conséquences positives comme une plus grande présence des femmes sur le devant de la scène, elles qui sont si essentielles au combat actuel contre la maladie (09:20). Enseignante en classe préparatoire dans le Val d’Oise à côté de ses travaux de recherches, elle constate l’impossibilité de mettre en place les recommandations gouvernementales dans des espaces délaissés par la République depuis longtemps, ce dont sont bien conscientes les populations concernées, lassées d’être considérées comme des citoyen·ne·s de seconde zone lorsqu’elles ne sont pas tout simplement oubliées et maltraitées (57:10). Claire Marin appelle à reconnaître toute la légitimité de cette colère et celles générées par la crise en cours et à mettre des mots dessus grâce à la philosophie (47:20). Bonne écoute, et continuez de faire par Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

May 2020

1 hr 4 min

La sinologue Anne Cheng est l’invitée du 72e épisode de La Poudre, le troisième de notre série #ellespensentlapres, mêlant parcours personnel et réflexions sur la situation actuelle comme sur le monde à venir. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Confucius, de sinophobie et de vanité. L’édito de Lauren : Cette crise nous oblige à nous demander à quoi on sert. Il y a ceux et surtout celles, qui ont des métiers essentiels à la société. Celles qui sont sur le front, à se battre contre la maladie, à soigner nos ancien·ne·s, à nous nourrir, à nous assurer un environnement propre et sain. Je voudrais remercier ces femmes-là et leur faire la promesse qu’on ne les oubliera pas demain, quand il faudra se battre pour qu’elles soient rémunérées à la hauteur de leur importance et traitées avec le respect qui leur est dû. Moi je fais partie des confiné·e·s, des professions dites intellectuelles, des bullshit jobs, des télétravaillants, des pas essentiel·le·s, des utiles, à la rigueur. Mais j’ai la chance inouïe de faire le travail le plus merveilleux du monde : interviewer des femmes. Je suis plus reconnaissante que jamais d’avoir ce privilège-là. Il me permet de poursuivre avec vous le cycle #ellespensentlapres en compagnie de l’une des plus grandes penseuses que j’ai jamais rencontrées. Anne Cheng est sinologue et professeure au Collège de France. J’avais eu la chance de l’interviewer une première fois pour mon émission Les Savantes, sur France Inter, il y a deux ans de cela. Je voulais qu’elle vienne ici, dans La Poudre, partager avec vous ce savoir immense qu’elle détient sur la Chine. Il m’a semblé que c’était urgent et elle a accepté mon invitation. Bande de veinardes et de veinards ! Résumé de l’épisode : Anne Cheng est sinologue et professeure au Collège de France depuis 2008. Directrice de collection et autrice de nombreux ouvrages, sa vision sur les liens entre la France et la Chine est éclairante. Née à Paris en 1955, elle grandit en France avec son père, François Cheng, poète et membre de l’Académie française (11:07). Sa mère, repartie en Chine juste avant la Révolution culturelle, ne pourra à nouveau entrer en contact avec elle que dix ans plus tard. Anne Cheng se réapproprie son lien avec la Chine en s’attaquant à 26 ans à la traduction d’un texte fondateur : les entretiens de Confucius (16:36). Elle crée ainsi des attaches au pays d’origine de ses parents par un biais qui lui est propre (23:00). Au travers de son parcours de chercheuse, elle étudie en profondeur les origines et les reconfigurations diverses du lien entre la France et la Chine : depuis les idées reçues plutôt positives au XVIIe siècle – bien que biaisées par les objectifs des Jésuites (29:50) –, en passant par les premières traces de sinophobie après le XVIIIe, jusqu’aux clichés racistes hérités de la période coloniale. Clichés qui ressortent avec violence aujourd’hui, bien que le racisme contre les personnes asiatiques ne date pas d’hier : elle, comme ses filles en ont d’ailleurs déjà fait les frais par le passé (40:08). Cette histoire ancienne et tortueuse qu’elle étudie depuis longtemps est à présent teintée des effets de la mondialisation, dans laquelle la Chine a une place centrale, ce que la crise actuelle rend incontestable (34:48). Elle observe avec recul et finesse la place de ce pays et de son influence grandissante, notamment dans de nombreux pays d’Afrique (49:36). Elle appelle cependant à sortir de la mise en miroir entre Chine et Occident qui crée une binarité effaçant toute la complexité de ces cultures et de leurs relations (46:40). En ce moment, si son travail de recherche est évidemment perturbé par les circonstances actuelles (07:27), elle est attentive à ce qui se passe ici comme là-bas (06:19) et continue à analyser sans angélisme le rôle de l’Empire du milieu dans la crise en cours (58:11). Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation e Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Apr 2020

1 hr 12 min

Pendant cette période de confinement, Nouvelles Écoutes, le studio qui produit ce podcast, organise un Podcast Club. Chaque jour, on vous propose de réécouter un épisode tiré de nos archives et d'échanger ensuite toutes et tous sur les réseaux sociaux de Nouvelles Écoutes. Prenez soin de vous et bonne écoute. Dans ce onzième épisode de La Poudre, Najat Vallaud-Belkacem se livre, au micro de Lauren Bastide, à l’Hôtel de Rochechouart du Ministère de l’Éducation Nationale. Najat Vallaud-Belkacem est ministre de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche depuis août 2014. Elle est née en 1977 dans le village de Beni Chiker, au Maroc. Najat Vallaud-Belkacem arrive en France à l’âge de 4 ans et grandit dans la banlieue d’Amiens. Diplômée de l’Institut d’Études Politiques de Paris, elle est militante du parti socialiste, et est élue pour la première fois en mars 2004, Conseillère Régionale du Rhône-Alpes. Pendant la campagne présidentielle de 2007, elle est porte-parole de Ségolène Royal. Le 15 mai 2012, le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault la nomme Ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement. En Août 2014, elle devient la première femme à occuper le poste de ministre de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Au micro de Lauren Bastide, Najat Vallaud-Belkacem dresse le bilan de son mandat gouvernemental de 5 ans (02:50), raconte son enfance dans la vallée du rif au Maroc (08:40), son adolescence sage dans les quartiers nord d’Amiens (19:15), sa difficulté à se trouver des modèles de femmes (25:15), les attaques sexistes et racistes dont elle a fait l’objet (32:25), la bataille autour de de son projet « ABCD égalité » (41:00). Elle donne aussi sa définition de la laïcité (47:30) et dévoile son désir d’en découdre avec le FN (53:35). La Poudre est une production Nouvelles Écoutes. Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu. Mixage : Zaki Allal. Assistante de production : Zisla Tortello. See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Apr 2020

1 hr 3 min