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Gilbert Ouembe et l'art de la ferronnerie

By Espace Culturel Gacha

Je suis arrivé à Bangoulap le 27 juillet 1998, tout petit toujours, même qu’aujourd’hui je ne suis pas grand moi. Je travaillais, faisais les platines, je faisais quelques courses. Mais au fur et à mesure j’ai constaté toujours qu’il me faut, qu’il y a quelque chose qui me faut développer. Je l’ai senti toujours, qu’il me faut faire quelque chose, j’avais tout l’impression d’être en train de créer, mais déjà je ne savais pas quoi, il faut créer mais j’ai toujours senti en moi que je dois créer. Madame Dumas avait sa grande vision aussi, un jour elle m’a dit Gilbert, il faut faire quelque chose, il faut faire quelque chose, tu en es capable. Alors voilà là où vient le vrai encouragement, à partir de là l’idée de personnage arrive parce que j’aimais toujours les dessins et j’aimais toujours assister à des lieux culturels. Maintenant je cherche toujours à créer sur les personnages Bamiléké. J’ai fait un essai sur ce personnage, ça donne. Je continue à avancer, jusqu’à aujourd’hui je me retrouve même plus parce que j’en ai fait énormément. Il y a des chefs supérieurs, il y a des notables, des guerriers, je veux dire, et leur sortie est solennel puisque quand on voit un personnage comme celui-ci, la sortie est tellement solennel puisqu’on ne fait pas de cérémonie au hasard. C’est vrai que généralement quand vous voyez tous ces personnages habillés du ndop, du masque éléphant, de gros bracelets spéciaux, des ceintures, des mérites, ce n’est pas au hasard. Il y a de chefs supérieurs qui portent, des sous-chefs, des grands notables et il ne peut porter que ceux qui ont mérité, ne peut être porté sans être mérité. Même si vous êtes le plus riche, vous ne porterez jamais ça sans être mérité. Le Fo’o ! Le nom que je peux donner c’est « le roi ! », Fo’o ! Voilà, Fo’o, si faut dire en français « sa majesté le Roi », si faut dire en langue (locale) Fo’o, tout ce qui est Fo’o, à l’ouest veut dire « Roi », quand on voit les grelots partout, sous son masque ça symbolise sa richesse, ça veut dire il est riche, un homme heureux, un roi heureux. Ça peut accumuler les grelots un peu partout, être exceptionnel, exceptionnel.   //   La Fondation Jean-Félicien Gacha est une ONG qui œuvre au Cameroun pour favoriser l'éveil des vocations et développer les talents artistiques. Sur les hauteurs du village de Bangoulap, dans la région ouest du pays, la Fondation abrite plusieurs ateliers où des savoir-faire traditionnels sont protégés et valorisés. C’est le cas de l’art du perlage et de la ferronnerie d’art, mis en lumière pour cette édition du Salon Révélation du 23 au 26 mai au Grand Palais, à Paris. L’art de polir le fer. Un savoir-faire qui porte en soi une symbolique profonde : trouver - et provoquer - de la beauté sur une matière rude. Gilbert Ouembe est le responsable de l’atelier ferronnerie de la Fondation Jean-Félicien Gacha, il a réalisé ces bougeoirs en grand format peints à la main. Ils représentent à la fois des rois et des dignitaires issus des chefferies traditionnelles de l’ouest Cameroun, dans les montagnes bamiléké. Le Ndop, textile traditionnel, ainsi que les Ten, coiffes en plume et le masque éléphant, Tcho bapten, sont mis en valeur sur ces corps en mouvement. Les flammes portées par ces bougeoirs provoquent un dialogue entre tradition et contemporanéité. Elles symbolisent à la fois l’ancestralité et la vivacité de ces traditions au Cameroun aujourd’hui. Réalisation & montage : Bruno Reguet, pour la Fondation Jean-Félicien Gacha

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